Ataxia, la capitale d'un monde chaotique où le pouvoir découle de la richesse et de la terreur.
 
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 Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]

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Elizabeth Levy
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MessageSujet: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Mer 7 Oct - 3:26

« Longue vie à cette demeure ! » lança Elizabeth en guise de toast.

Quelques heures auparavant, ils venaient de conclure une offre d'achat sur une somptueuse demeure aux allures discrètes dans l'un des quartiers résidentiels les plus prisés. Après tout, ils avaient les moyens et le quartier offrait une certaine intimité que les autres n'offraient pas. Ils pourraient souper tard le soir à l'extérieur, sur le balcon, sans que les voisins ne soient dérangés. À l'inverse, sans que leur intimité ne soit brimée. Bref, l'emplacement idéal pour ce couple qui cherchait à vivre derrière les feux de la rampe. Et puis, le quartier étant bien surveillé, ils ne craignaient pas d'ouvrir la porte à l'un de leurs ennemis ou encore l'un de leurs démons de jeunesse. Qui plus est, s'offrir un luxe à l'extérieur des murs de la Schya leur permettrait de respirer un air nouveau et de laisser leur travail derrière eux.

Ils avaient sobrement aménagé quelques affaires en attendant le grand déménagement. Un lit dans une vaste chambre à l'étage, un divan dans la salle de séjour où trônait un foyer majestueux, l'une des pièces maîtresses qui avaient penché la balance pour le « oui ». Malgré, tous deux n'avaient pas hésité bien longtemps sur la maison. Elle représentait leur amour, leur nid, leur vie désormais, et elle pourrait contenir tout ce qui brûlait en chacun d'eux. Une table dans la cuisine encerclée de quatre chaises, quelques éléments de cuisine indispensables et d'autres éléments en attendant qu'ils remplissent jusqu'au moindre recoin leur demeure. Après s'être fait livré de la cuisine asiatique et ouvert une bouteille de champagne, ils s'étaient dirigés vers le foyer. Ils prirent place sur le divan, leur flûte de champagne pleine d'une deuxième ration. Enlacés, ils fixaient le feu dansant que Martin, de sa masculinité, avait allumé. Il avait parfumé le tout avec quelques blagues, se disant le plus mauvais scout qui soit. Néanmoins, l'ivresse de l'amour, et les bons conseils de sa compagne, firent naître une flamme qui se transforma en brasier chaleureux. Belle note pour terminer une soirée.

« Martin, t'imagines ? » s'exclama l'espionne. « Nous sommes dans notre maison ! Nous y sommes ! Toi, moi et ce feu. Une paix incroyable et un décor nettement plus chaleureux que ton infirmerie. Que ta disponibilité va leur manquer à eux, là-bas ! Mais bon, c'est leur problème. On se serait senti en prison dans un appartement dans l'organisation. Ici, c'est bien mieux. Et qui plus est, vachement plus intime et propice à développer une vie commune. »

Un moment, elle croisa ses yeux.

« Merci de m'offrir un train de vie de qualité. Sans toi, je serais restée enfermée dans l'immeuble de la Schya. »

Elle lui sourit, ricana un peu puis l'embrassa. Elle reposa sa tête sur la poitrine du médecin après s'être enivrée d'une autre gorgée de champagne.

« Il était une fois, une espionne indomptable et un médecin méthodique. Tous deux possédaient un passé différent et une personnalité divergente. Or, ce sont ces contraires qui les rassembla... Quelle histoire, tu ne trouves pas ? Qui l'eut cru ! Le boss était renversé en apprenant la nouvelle. Je me suis attendue à ce qui nous offre la porte de l'exil, mais non ! Il s'est montré compréhensif. C'est même lui qui nous a encouragé à aller vivre à l'extérieur. Surprenant tout de même ! Mais bon, je me ferme. Je sens que je parle trop... encore ! »

Elizabeth ferma sa boîte à paroles avec une nouvelle ingurgitation de champagne. Elle se mit alors à écouter le calme de la maison, le crépitement du feu... Ne plus entendre les bruits urbains en sourdine leur faisaient un bien énorme. Il y avait autre chose comme bruits sonores et changer de disque leur plaisait. La jeune femme portait un regard quasi admiratif devant la bûche qui brûlait doucement. Elle sentait son visage bouillant. Quelle agréable sensation. Puis, elle porta son regard sur le bras de Martin qui reposait tranquillement sur son ventre. Elle le voyait monter, descendre au rythme de sa respiration. Ses doigts décidèrent alors d'aller effleurer sa peau, créant des sillons de frissons. Elle était obnubilée, admirative, fixée sur ce geste délicat, mais ô combien agréable et bénéfique. Et son coeur qu'elle entendait battre, quelle douce mélodie à ses oreilles. La musique de l'amour est sans doute la meilleure.

Puis, sans prévenir :

« Je t'aime ! Épouse-moi ! »
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Martin Carter
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Mer 7 Oct - 3:36

Il y avait un temps pour tout dans la vie… Et dans le cas actuel, un temps pour les vérités choquantes, blessantes même. Cela faisait des jours que cela le tourmentait. De cacher la vérité, d’avoir menti de la sorte… Pour la protéger d’une réalité qu’il ne voulait pas l’exposer, d’une réalité qui pourrait le détruire lui et la condamner elle… Au final… Cela n’avait pas empêché ses démons de se manifester de nouveau. Il avait attendu d’être en privé, loin des oreilles indiscrètes et loin de ses tourments… Mais là il n’en pouvait vraiment plus. La marmite était pleine et il était hors de question de la laisser exploser. Oh ça non. Et hors de question de refouler davantage. S’il s’engageait à finir sa vie avec Elizabeth… La vérité serait sienne. Et il savait qu’elle était face à son propre dilemme. Elle avait aussi un secret qui lui empoisonnait l’esprit. Il était médecin, il voyait ce genre de choses… Mais bon, il préférait partir le balle, se prendre les coups et les injures possibles, la crise de larmes et l’explosion de sentiments qui seraient irrémédiablement présents chez sa belle. Il lui fallut tout son courage et toute sa volonté et là où un homme plus faible aurait bu un coup pour se donner de la volonté, il lui suffit à lui de prendre une grande inspiration. Il sentit Elizabeth se raidir. Ce signe là n’annonçait jamais rien de bon… D’où la raison pourquoi martin détestait quand il se devait de l’employer.

« Elizabeth… Tu sais ce que tu représentes à mes yeux et tu sais ce que je sis prêt à faire pour te protéger. Hélas, je ne te le cacherai pas, j’ai menti, je t’ai menti, pensant pouvoir te cacher la vérité. Vois-tu… tout ce que cet infâme Stryker a pu te dire, tout ce que j’ai pu te dire sur notre association était faux. Tu connais le modus operandi de cet homme : pousser les vérités douloureuses à éclater au grand jour. Je ne peux plus garder cela en moi. Je ne peux plus garder la vérité loin de toi. Pas lorsque nous parlons de finir nos jours ensemble. Pas dans de telles circonstances… Ce que tu vas entendre ici ce soir… »

Une pause. Martin marqua une pause. Son regard était tourmenté, plein de douleur, une douleur vive, franche, celle qui résulte de ces choses que l’on enfoui au plus profond de soi pour ne plus jamais les revoir mais qui continuent à vous tourmenter dans et hors de vos cauchemar… Il fut tenté pendant un moment de ne plus rien dire mais dégoûté par sa propre faiblesse du moment, il se força à continuer. C’était nécessaire, capital même…

« Ce que tu vas entendre ici ce soir, personne en dehors de toi ou de moi n’est au courant. William Stryker sait CERTAINES choses, mais pas tout. Et c’est une chance car chaque information entre ses mains devient une arme… Vois-tu… Mon histoire remonte à mes seize ans. Fils de professionnels faisant partie de la crème de l’élite de l’élite des élites, je suis né avec un set de cuillères dans la bouche. Du talent, j’en avais plus qu’eux deux combinés. Comme tout jeune normalement constitué… J’ai eu envie de voir ce que je pourrais créer. Et j’ai créé un des pires poisons qui soit. Tu as dû en entendre parler mais comme tout le monde, tu ne connaissais pas le nom du diabolique concepteur de cette substance… Jusqu’à maintenant. Je parle de la sinistre Substance 713, la S713 comme on l’appelle. Une drogue si puissante que 87% des gens l’ayant essayé devinrent dépendants de cette substance après mes premiers essais et ce après seulement une semaine. Une drogue que j’ai raffinée pour qu’elle soit encore plus redoutable… »

Nouvelle pause, plus longue cette fois. Poings crispés, les yeux humides, Carter, qui était debout, vacilla et manqua de perdre l’équilibre. S’aidant du mur pour rester debout, il reprit son sinistre récit, se disant que s’arrêter maintenant serait une errer.

« Évidemment, un pareil triomphe, un tel produit, une si belle aubaine pour n’importe quel criminel ne passe pas inaperçu. Les organisations criminelles d’Ataxia au grand complet affluèrent à la clinique privée où travaillaient mes parents et on tenta de me recruter. Peu de personnes savaient la vérité à propos du fait que j’étais le concepteur de S713. Aujourd’hui, tu sais qui il reste. Mais bon, cela est d’un autre ordre, ce qu’il importe de savoir c’est que ceux qui mirent la main sur la famille Carter au complet fut la Schya. Les plus petites organisations reculèrent et abandonnèrent leurs tentatives pour me ou nous recruter et en représailles, ils incendièrent la clinique, emportant dans les flammes mes parents et mes travaux. Tout du moins le pensais-je.

Libre donc de mes actes, redevenu un inconnu, toute preuve me liant à S713 ayant été détruites, je pensais en avoir fini avec cette folie, cette erreur de jeunesse que je ne me pardonnerai jamais. J’avais dix-sept ans et demi et un avenir assuré dans la Schya et je voyais dans cette optique un nouveau début pour moi. Je me trompais. Ma première rencontre avec William Stryker remonte à cette époque. Il est venu me voir, aux funérailles de mes parents, me révélant qu’il disposait de preuves contre moi, qu’il était dans les forces de l’ordre et qu’il savait pour S713. Il me révéla ce jour là que tous ceux qui savaient avaient déjà été éliminé et que malgré mes allégeances nouvelles à la Schya, je serais forcé de travailler pour lui. Je l’ai envoyé au diable, lui disant que je n’en croyais rien. Je savais pour les morts mais… au fond de moi je me suis persuadé que c’était la Schya, que ce type cherchait à me faire craquer. Et il réussit. Il m’envoya un morceau de mon rapport en guise de cadeau pour mon dix-huitième anniversaire.

Tu ne peux imaginer ma panique et ma confusion. J’étais prit à la gorge et je n’avais plus le choix. Tous mes temps libres, mes congés, mes permissions… Toutes ces occasions furent utilisées à une seule fin : devenir le marchand de mort personnel de William Stryker. Des rumeurs commencèrent à apparaître, faisant état d’un nouveau scientifique du monde souterrain : Meric Tarrant. Un anagramme de mon nom. Ma vie entière, de dix-huit à vingt et un ans fût au bord d’un précipice, entre la Schya qui si elle découvrait mon double jeu me tuerait et cet homme qui pouvait me vendre quand bon lui semblerait. Tu t’en doutes, ce n’est que l’introduction à une triste histoire… Et je vais te la raconter dans ses moindres détails. Je ne peux plus garder cela en moi, te cacher ces choses alors que nous parlons de finir nos jours ensemble… »

Le médecin chef de la Schya s’effondra ensuite en larmes dans les bras de son aimée, le corps parcouru de tremblements, ses larmes faisant une pluie fine qui venaient s’écraser sur sa belle… Il n’osait pas la regarder en face, il n’avait plus la force de continuer son triste récit et pourtant, pourtant…

« Pourras-tu un jour me pardonner, Elizabeth? Pourras-tu même accepter de passer une minute de plus avec un monstre de mon calibre? Je suis indigne de toi, comment aies-je pu même espérer une seconde pouvoir couler des jours heureux avec des squelettes aussi terribles dans mon propre placard? »
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Elizabeth Levy
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Mer 7 Oct - 4:28

Subjuguée, estomaquée... Tout cela était des termes bien faibles et peu représentatifs de l'état actuel de l'esprit d'Elizabeth. Elle qui avait cru leurs démons révolus et vaincus, voilà que la porte s'ouvrait sur de nouvelles révélations. De plus difficiles encore. Elle l'écouta avec attention déconcertante et un calme étonnant. Peut-être étrange, à la limite même. Sans réactions. Neutre. En fait, comment réagir lorsque votre futur compagnon de vie vous crache de telles vérités au visage en vous implorant ensuite votre pardon. Or, il ne s'agissait là que d'une introduction à ce qui serait plus pénible encore à entendre. Il y avait de quoi faire saigner ses oreilles, elle en était persuadée. Elle avait le souffle coupée, une crise cardiaque psychologique. Pendant un moment, elle perdit contact avec la réalité : elle devint sourde, aveugle... Comme si Martin avait éteint ses cinq sens. Et pourtant, tout redevint clair et normal après quelques secondes...

Mais rien n'était normal... et encore moins banal. Eille ! Il voulait de lui révéler un poison de sa vie entière, un poison qui l'avait confiné à une vie de mensonges, même auprès d'elle. En avait-il d'autres squelettes ? Martin était-il l'homme idéal après tout ça ? Tout du moins, elle semblait remettre tous ses projets de vie en doute. Et s'il n'était pas réellement sincère avec elle ? Qu'est-ce qui lui prouve qu'il ne sert pas d'elle au bout du compte ?

Mais le voir pleurer, l'implorer de cette façon, son orgueil écrasé et mort. Lui, comme un enfant, il pleurait à en faire renverser des chaudières dans ses bras. Devait-elle le prendre en pitié et lui pardonner ? Mais il restait autre chose. Avait-elle la force nécessaire et les capacités d'épouse pour supporter un tel fardeau. La maison fut plongée dans un silence où le crépitement des flammes et les sanglots de Martin se confondaient dans une symphonie tragique et fatale. Au bout d'un moment, elle digéra le tout avec beaucoup de mal. Même qu'elle n'avait pas tout digérer. L'assiette était trop copieuse pour être avaler en un seul temps. Elle trouva la force de dégager Martin et de l'obliger à la regarder, mais en vain. Il fuyait ses yeux ailleurs, la honte le sommant de ne plus croiser ceux de sa belle. Devant ses efforts non récompensés, elle se leva et s'empara de la bouteille de champagne. Son geste pouvait paraître bas et désespéré, mais boire une énorme gorgée d'alcool allait, selon elle, la transporter dans les vapes. Cherchait-elle à oublier ? Peut-être, sait-on. Toujours est-il qu'elle déposa la bouteille par terre, n'ayant pas de table dans la salle de séjour où la déposer. Elle posa ensuite un regard empreigné d'incompréhension, de frustration, de déception et la liste est longue. Une variété de sentiments jamais auparavant réunie en un seul et même lieu. Elle n'arrivait pas à formuler une phrase compréhensible si même aligner deux mots. Elle était secouée d'une douleur vive et amère, une douleur comme elle n'en avait jamais connue, une douleur que même un poignard enfoncé dans la chair ou le coeur ne pouvait égaler. C'est tout dire.

Elizabeth finit par soupirer.

« Martin, je ne sais pas quoi dire, je... » bredouilla-t-elle de peine et de misère avec toute cette saveur de la honte à son égard. « Devrais-je pleurer ? être en colère ? être déçue ? ne plus t'adresser la parole ? Je ne sais pas. JE NE SAIS PAS ! Te pardonner ? J'ignore si j'en ai la force après tout ça... et il t'en reste ?! Martin... Martin Carter, qui êtes-vous bon sang ? Es-tu sincère envers moi quand tu dis que tu m'aimes ? Devrais-je te croire quand tu me dis que oui ? Tu as été capable de me mentir une fois, tu peux bien recommencer n'importe quand et à ta guise. Et il fallait que tu attendes qu'on emménage ensemble pour me dire tout ça ? T'avais peur que je te repousse, c'est ça ? C'EST ÇA ?! » s'emporta l'espionne qui leva une main désespérée.

Puis, elle se laissa tomber par terre, son regard toujours fixé sur l'homme démoli de son passé. Elle le prit en pitié un moment, s'imaginant assise auprès de lui en train d'écouter son histoire dans son intégralité, absorbant chaque information avec la force d'une épouse fidèle et vraie. Or, Elizabeth était loin d'être de ce stéréotype de femme des siècles des corsets.

« Je suis déçue, Martin, profondément déçue. De toi, de ta franchise, de cette vie... Une erreur de jeunesse, je le consens, mais qui a dégénéré. D'ordinaire, on apprend de nos erreurs et on évite de les répéter. Mais toi, tu as fait pire ! Tu l'as creusé, tu as gratté chaque élément crochu pour la polir pour un... psychopathe ! Moi qui te croyait sensé, tu aurais du trouvé une autre solution pour t'en sortir, te rabattre sur tes principes au lieu de te confondre et d'aller contre toi. Heureusement que je n'ai pas connu ce Martin parce que lui n'aurait jamais mérité d'avoir une once d'attention de ma part. Nous sommes peut-être d'une organisation criminelle, mais ça, nous sommes gentils à côté de ça. C'est comme un poignard en plein coeur. Je souffre et je ne sais plus où donner de la tête... Je viens peut-être de commettre mon erreur de jeunesse... Celle de t'avoir demandé comme compagnon de vie... »

L'ivresse de la colère s'estompa, l'espionne découvrant l'intensité de son dernier propos. Elle s'élança vers la bouteille de champagne, la prit violemment, la dévisagea avec dégoût puis la jeta dans les flammes. L'alcool, plus jamais pour régler les conflits ! Cela faisait dire des choses insensées et non réfléchies. Postée devant le foyer, elle ne daigna pas se retourner. Elle abaissa la tête avec une lenteur à faire grincer des dents.

« Te pardonner ?! Un jour, peut-être. Je sens que tu en as beaucoup à dire encore. Alors, va, continue, ne t'arrête pas. Le pire est l'introduction, le reste, que de l'essence qu'on ajoute à un feu. Ce même feu finit par s'éteindre, et c'est ce qui se produira sans doute avec moi. Certes, aimer, seul un véritable amour peut braver tempêtes et disputes. Le mien, tu le sais, est mérité et durement gagné. Tu as piqué un drapeau dans mon coeur. Le piquet est difficilement retiré dans mon cas. Espérons que si c'est le contraire, peu de sang coulera. Mon âme est déjà abîmé, je ne voudrais pas qu'il en soit davantage. Je te rassure tout de suite : tu es plus que digne. La preuve, tu as fait preuve d'honnêteté en me révélant tout ça. Tout le monde a des secrets, Martin, tout le monde, et je ne fais pas exception à la règle. Une âme peut être souillée, mais elle peut également être aimer. Ne l'oublie pas. » elle s'arrêta un moment devant le silence de Carter. Se retournant vers lui : « Allez ! Parle ! Raconte-moi tout ! Je veux savoir ! »
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Martin Carter
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Mer 7 Oct - 5:15

« Sincère avec toi quand j’ai dit t’aimer? Mais bon sang Elizabeth, ne te rends tu pas comptes qu’en vingt-cinq ans de vie c’était la première fois que j’étais réellement sincère avec quelqu’un? Peux-tu simplement imaginer ce que tu représentes pour moi? Mes sentiments pour toi sont tout sauf des mensonges et si cela se trouve, ils représentent ce qu’il reste d’humain et de bon en moi. Pour le peu qu’il en reste, de mon âme corrompue et pervertie par les horreurs de la science. Es-tu donc aveugle? Tout ce qu’il y a de bon en moi, ce qu’il restait jusqu’à la plus petite once, je te l’ai donné. Toute ma vie j’ai vécu dans le mensonge… Par mes parents, mon milieu, par moi et ce fou psychopathe… Non. Si tu remets encore mes sentiments pour toi en question je… Je ne sais pas. Je te tuerai, je me tuerai… Ce que je ferai je l’ignore mais je refuserai catégoriquement de vivre avec un tel doute dans ta tête. Tu peux douter de tout sur moi, tout renier mais JAMAIS et je te l’interdis tu ne pourras renier les sentiments que j’ai pour toi. Avant de te connaître, j’avais des dizaines de raison de mourir. Tu as été ma raison pour vivre. »

Ah ça pour être sincère… Les sentiments étaient si purs et vrais qu’on aurait dit que la terre venait de se figer dans son orbite, estomaqué par la puissance de tels sentiments… Un beau moment qui ne dura guère Martin, bien forcé de finir ce qu’il avait commencé, se remettant à sn récit. À la fois beau et terrible quand même, quand on constatait son génie et son « pouvoir » en tant que scientifique…

« Mon premier travail au service de William Stryker était une arme redoutable qu’il comptait utiliser pour torturer ses victimes sans leur infliger physiquement de dommages et qui lui permettrait de les pousser à craquer et à leur livrer leurs secrets. Il me proposa de l’appeler tout bonnement substance 69. Si S713 mettait en évidence le chiffre de la chance et de la malchance, pour illustrer mon cynisme face aux gens qui pensaient avoir une constitution physique suffisante pour résister à ma création, S69 faisait une référence évidente au sexe. Car c’était sur ce plan que comptait me faire travailler ce sinistre personnage. Il me fit concevoir un produit si ignoble que je me demande encore aujourd’hui comment j’ai bien pu faire pour résister à l’envie de m’enlever la vie pour avoir créé une telle abomination. Et tu vas vite comprendre pourquoi.

Comme tu as pu le voir, cet homme cherche à pousser les gens à faire des choses. Dans ce cas-ci… S69 était causé pour amener un sujet aux portes de l’extase mais de lui en refuser l’accès. Tu imagines la portée d’une telle arme créée artificiellement. Atteindre le septième ciel sans pouvoir en profiter pleinement… Impossible à être physiquement libéré… Dans les faits, cela se traduit par le sujet cherchant à se libérer de ce plaisir. Il doit être libéré, personne ne pourrait vivre bien longtemps dans un pareil état, nous en convenons tous les deux… Lui voulait les voir s’avilir, se livrer aux pires bassesses pour pouvoir atteindre ce que toi et moi avons atteint à plus d’une reprise mais cela leur serait impossible. Le pire dans tout cela? Il ne gardait pas ses sujets en captivité, bien que le terme soit plus ou moins bien sortit. Non. Le monstre les libérait, les laissant retourner en Ataxia. Je n’ai pas besoin, à voir ton air horrifié, de te faire un dessin. Des couples par dizaines durent ruinés, des personnalités publiques tombèrent en disgrâce… Il faisait de gens vertueux pratiquement des nymphomanes, alors que ces gens là cherchaient simplement à finir ce qui normalement se fait naturellement. Le pire dans tout cela? Les effets sont permanents. Sans antidote, impossible de se débarrasser du produit et dans les analyses de sang, il est invisible. Certains revinrent vers leur bourreau en le suppliant pour l’antidote. D’autre se suicidèrent. D’autre moururent simplement car le cœur n’avait pu tenir… Tu sais ce qu’on dit du sexe : c’est tout un sport. Et garder tout cela en soi parce qu’on ne peut atteindre l’orgasme, cela cause des dégâts à un moment ou à un autre… Cet immonde personnage me força à lire chaque rapport, à regarder chaque vidéo, à regarder la souffrance de chaque patient. Je… »

Martin n’avait jamais eu l’air si faible et vulnérable qu’en ce moment. Comme si le venin de ces souvenirs empoisonnés le vidait de sa force vitale en même temps… Pour un peu et il tomberait sans doute en état de choc. Elizabeth ne pouvait plus douter : pour que Martin ait fait une telle chose, de telle chose… C’était qu’il n’avait vraiment pas eu de choix. Et pas de choix était encore un estimé trop généreux…

« Je pense que c’est à ce moment là que j’ai perdu ce qu’il y avait d’humain en moi et ma santé mentale en prime. Tu écoutes ce que je te dis et cela t’horrifies mais le vivre Elizabeth, le vivre… Voir cet être agir de façon aussi ignoble, me forcer à faire un tel produit… Il m’a fait faire un produit qui faisait augmenter le niveau d’hormones de ses victimes, les amenant en permanence au bord de l’orgasme sans que quoi que ce soit ne puisse le leur offrir bon sang! Si tu savais comme je me déteste…

À cette époque, j’ai tenté ma première tentative de suicide. J’aurais pu réussir si le monstre ne me surveillait pas par caméras et qu’il avait découvert trop tôt mes intentions. Pour me dissuader d’essayer… Il a menacé de mettre le S69 dans les réserves d’eau d’un orphelinat de la ville. Imagines-tu un instant ce que cela aurait pu causer? Évidemment que je me suis plié à sa volonté! J’étais déjà moins qu’un humain, j’étais devenu un monstre, je n’allais pas devenir un pur produit de mal par-dessus le marché! J’ai honte Elizabeth, j’ai tellement honte… Je devrais mourir pour ces crimes que l’on m’a forcé à commettre! Et quand je pense que j’ai été assez égoïste pour avoir l’audace de trouver en toi l’unique raison de vivre cette grotesque parodie sur terre. À quoi aies-je donc pensé? Et vouloir avoir un enfant… Un monstre tel que moi, coupable de tant de crimes, même forcé, ne mérite pas de descendance de peur de créer un monstre… Je… »

La résistance mentale de Carter dépassait celle du commun des mortels mais même pour lui s’en fut trop et il s’effondra en sanglots hystériques, le poids de ses fautes passées bien trop lourd pour qu’il puisse les supporter de façon aussi crue à nouveau. Il s’était lui-même traité en psychologie durant son travail forcé pour William Stryker, devenant à la fois son propre patient et son propre thérapeute mais même à cela, il n’avait jamais pu se traiter complètement et même l’amnésie ne pouvait le sauver… Martin Carter n’avait jamais voulu réellement faire le mal. Il avait simplement été piégé par cette fascination que la science exerçait sur les gens, avec ses promesses de possibilités infinies… Et le diable lui-même avait décidé de prendre dans ses filets le jeune prodige à ses fins diaboliques, démoniaques, monstrueuses et inhumaines. Pendant de longues minutes, tout ce que l’on pu entendre de Martin, entre les sanglots, ce furent des demandes de pardon qui probablement jamais ne viendrait. Qui pourrait le gracier de telles choses? Étant athée, même s’il avait été catholique, aucun prêtre n’aurait voulu lui accorder pardon, ce qu’il avait fait dépassait l’entendement…


Dernière édition par Martin Carter le Sam 10 Oct - 5:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Jeu 8 Oct - 1:27

« Te suicider ? QUOI ?! Martin, non... Et je suis arrivée dans le décor... tu as arrêté... Tu n'y as plus songé... Mais te suicider ?! Je... je ne sais pas quoi dire. Ça me dépasse. Vraiment là, ça me dépasse. Ça dépasse tout ce que tu as pu faire... Et le pire, c'est que cela a été une tentative. Je... non, je ne sais plus, je... »

Elizabeth semblait perdue. Elle secouait la tête avec confusion, voulant se réanimer dans la réalité. Qu'est-ce qu'elle devait faire ? Ses membres ne réagissaient plus, et sa tête était prise d'un violent mal. Elle s'effondra par terre et éclata en sanglots silencieux. Une profusion de larmes coula sur ses joues qui rougirent. Elle aurait pu s'apitoyer sur son sort, éprouver un dégoût amère envers cet homme, partir comme un coup de vent, retourner à son appartement pour le laisser dans son désespoir et sa honte. Une femme forte, par contre, resterait là pour tenter de régler la situation, du moins, la calmer pour détendre l'atmosphère très tendu. Or, tout ce dont elle avait besoin, c'est d'un moment pour digérer ces révélations récentes qui venaient d'ouvrir une plaie béante. Elle se releva et tourna légèrement sa tête vers Carter, démolie.

« Pardonne-moi un moment... »

Sans quoi, elle se précipita à la sortie de la pièce, se réfugiant dans une salle adjacente et poussa un cri. Puis, rien. Un silence net. Or, le combat intérieur était en train de livrer une bataille sans merci qui laisserait le terrain blessé. À grandes respirations, elle réussit à retrouver son calme. Puis, elle leva un regard vers l'immense fenêtre qui ornait la façade arrière de la maison. La lumière de la pleine lune illuminait cette pièce qui était plongée dans l'obscurité. Elle jeta un oeil à l'extérieur après s'en être approchée. Il s'agissait de la cour arrière de leur domaine. Elle lui rappela les instants de contemplation de la ville à travers l'immense baie vitrée de l'infirmerie. Une foule de souvenirs refirent surface, arrachant un mince, mais alors très mince sourire à l'espionne. Ses souvenirs lui remirent les idées en place. Désormais, elle pouvait être plus réceptive et forte à ses dires.

Au bout de plusieurs minutes, elle revint dans la salle de séjour. Elle s'arrêta sur le seuil de la porte et contempla Martin.

« Je crois qu'on a des choses à se dire... toi et moi... »

Sur ce, elle s'avança vers lui, le releva et l'invita à s'asseoir avec elle sur le divan. D'abord, elle prit soin de le consoler en silence, en lui soufflant aucun mot. Elle ne faisait qu'absorber l'état de son compagnon. On aurait dit qu'elle était de glace, mais la force d'Elizabeth était de se relever après une dure épreuve, d'être forte autant pour elle-même que pour les autres. Une femme de caractère qui ne serait pas partie en courant. Il va sans dire qu'elle l'aimait trop, malgré tout, pour l'abandonner aussi impitoyablement alors qu'il lui a sauvé la vie. Elle devait être plus clémente avec lui. Elle n'allait pas agir en épouse typique, ce n'était pas son genre de toute façon de se confondre dans la masse. Le truc du « sois belle et tais-toi » ? Une pure idiotie qui ne rimait pas avec cette espionne.

« Ton amour m'interpelle, Martin, pardonne-moi de l'avoir en remis en question. Il me fait vibrer et un mensonge ne m'aurait pas fait frissonné autant. Pour être parfaitement honnête, je me fous des erreurs de ton passé. Ce que tu as été est chose du passé et je n'ai rien à faire là-dedans. Ce n'est pas mes affaires. Meric Tarrant, c'est ça ? Je m'en moque. Il n'y a que l'homme qui se tient devant moi qui m'importe, celui avec lequel je suis tombée amoureuse. Ce qui me fait le plus mal c'est que tu m'as menti. C'est cliché, j'en conviens, mais c'est ainsi. Tu peux bien me comprendre. C'est une déception, une mélancolie que je crois normale. Tu peux t'en vouloir pour le restant de ta vie, mais c'était toi à une époque et cette époque est terminée, révolue. On vit dans le présent et on regarde le futur, cesse de te lamenter sur ton passé. »

Un moment, elle s'arrêta, considérant son amoureux. Elizabeth faisait preuve d'une grande volonté de passer à autre, Carter devait en faire autant. Mais il restait à lui de tourner la page. L'espionne ne pouvait que le soutenir dans cette tournure fort douloureuse. Un nouveau chapitre devait être écrit et les deux sujets était Martin Carter et sa douce.

« Fais-toi du mal, si tu veux, mais te voir souffrir me tue. Te voir aussi dévasté est troublant. Crache, vomit tes démons, je les cueillerai... et les enterrerai 100 pieds sous terre. Il faut que tu écrases tes insectes. Je l'ai fait pour les miens et je suis devant toi, plus forte que jamais, prête à t'aider. Seulement, il t'en reste encore, n'est-ce pas ? Crache, tout de suite, maintenant ! N'attends pas. Attendre ne fait que rendre le tout plus douloureux. Je... je suis prête. Pour moi, je te l'assure, tu n'es pas un monstre. Meric Tarrant, au contraire, je l'aurais anéanti à l'époque si j'étais arrivée plus tôt à Ataxia. »

Plus réceptive que jamais, elle attendant le crachat de Martin Carter pour qu'ils puissent reprendre leur petite soirée tranquille là où elle avait cessé.
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Martin Carter
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Jeu 8 Oct - 5:38

Continuer… Parler des horreurs que ce fou furieux avait ordonné de lui… Non, c’était un passé que le médecin chef de la Schya ne tenait absolument pas à revisiter. Il l’avait fait et l’erreur avait été de prendre une pause dans le récit. De fait, il se refusait à retourner dans ces souvenirs cauchemardesques… Mais avait-il le choix? Pas vraiment en fait dans la mesure où de par sa nature il ne laissait jamais rien d’incomplet… Et c’était cette particularité qui lui avait permit d’accomplir des miracles au cours de son service pour la Schya. Une arme à double tranchant comme il s’en rendait compte présentement, aussi efficace que terrible…

« Non content de m’avoir fait développer cette immonde substance, il m’a fait travailler sur plusieurs projets tous aussi diaboliques les uns que les autres. Un produit qui libérait un composé chargé de détruire les molécules d’eau d’un corps, causant la mort du sujet de façon excessivement douloureuse. Cela l’amusait de se promener dans les bars et d’en mettre dans les verres des gens. Ironique de penser que le laboratoire secret dans lequel il me faisait travailler était situé sous un club qui lui servait de site test pour toutes les horreurs qu’il m’a fait créer… Il m’a également fait développer un produit dont la fonction première était d’être un sérum de vérité efficace… Mais qui détruisait les ondes cérébrales d’un sujet pour en extirper les informations, transformant l’infortunée victime en un légume humain… Et la liste est longue, si longue et j’ai honte, tellement honte… Je me lève le matin et je suis incapable de me regarder dans un miroir. Le spectre de la mort semble marcher dans mes pas, me riant à la figure, moi, un médecin ayant fait le serment d’Hippocrate, devenu un meurtrier pour un psychopathe fou furieux… Mais tu te doutes bien que ce n’est pas tout et que l’histoire est encore longue… »

Son récit dura encore longtemps. Pendant combien de minutes ou d’heures? Impossible à dire, on aurait dit que le temps en tant que notion n’existait plus… Une fois son récit terminé, Carter n’avait l’air d’être guère plus que l’ombre de lui-même. Effectivement… Si Carter avait promis à Elizabehth une descendance, c’était surtout pour se prouver qu’il pouvait créer autre chose que la mort dans les faits concrets et pratiques. De cela sa tendre moitié avait dû s’e rendre compte car il vit un éclair de compréhension passer dans son regard. Ce n’était pas vraiment difficile à deviner, de cela il devait le reconnaître mais quand même, il fallait connaitre Carter un minimum pour pouvoir en tirer ces conclusions… Et les gens qui connaissaient réellement le médecin se comptait sur moins de doigts que sur les deux mains.

« Eh oui… Tu comprends maintenant pourquoi j’aspirais tant à cette vie à deux. Pour pouvoir prouver, me prouver, que mon œuvre entière n’était pas une sinistre mélopée de mort. Que malgré tout ce que j’avais pu faire, j’étais encore au service de la vie. Mais maintenant que tu sais… Je ne suis plus si sûr. Le doute me gagne. Si par ma faute tu faisais une fausse couche ou que notre enfant naissait avec un handicap ou des tares imputables à son monstrueux géniteur? Non je ne peux pas. Je ne peux pas prendre un tel risque et risquer de te briser le cœur. Que la lignée des Carter s’éteigne, c’est sans doute mieux ainsi. Pour moi, pour toi, pour le monde… Depuis le début je l’ai dit : tu mérites mieux que moi. J’ai été d’un égoïsme sans égal que de voir en toi ma salvation et une chance d’expier mes fautes en tentant de faire de ta vie une utopie à deux… »

Ce fut au tour de Carter de se lever et de quitter prestement la pièce pour aller se retrancher dans la salle de bain. Un bruit de verre cassé se fit entendre et pas besoin d’être un génie pour savoir que Carter venait de voir son reflet dans le miroir. Elizabeth, qui connaissait bien Carter, savait qu’il avait ce tic, quand il vivait une intense émotion négative, stress inclut, de se retrancher dans la salle de bain pour se passer de l’eau sur le visage… Et si Elizabeth s’était demandé pourquoi le lieu de vie de Carter était exempt de miroir, elle comprenait désormais pourquoi…

De son côté donc, dans la salle de bain et loin d’Elizabeth, Carter regardait alternativement le verre qu’il avait lancé contre le miroir et les débris de ce dernier. Comme il serait simple de ramasser un fragment et de se le plonger dans le cœur pour mettre fin à cette sinistre comédie, à cette grotesque farce qu’on lui avait imposé… Mais il s’y refusa car Carter s’était battu toute sa vie et il avait toujours refusé d’abandonner. Il s’était battu pour être à la hauteur de ses parents, pour se démarquer du lot, pour sauver des vies en tant que médecin… Il se refusait à prendre la voie facile et faire preuve de lâcheté. Cependant… Qu’est-ce qu’il pouvait souffrir… C’était à en perdre la tête… Tous ces souvenirs refoulés… Libérés d’un seul coup, des années de souffrance remises en un instant sur la table… C’était pire que se faire fracasser tous les os du corps, se faire planter des aiguilles chauffées à blanc sous les ongles ou les pires tortures physiques que l’on aurait pu lui faire subir. Les blessures de l’esprit étaient les pires et celui qui avait été pendant trois ans son employeur le savait plus que n’importe qui d’autre sur cette terre. Même après s’être libéré de son service, le psychopathe continuait de le tourmenter…


« Trois de services forcés pour parvenir à s’en libérer en usant ses propres armes contre lui… En devenant lui en partie pour le déjouer et le piéger… Tout cela pour me rendre compte qu’au fond, des preuves, il n’en avait aucune sinon le fragment brûlé qu’il m’avait donné… Et ce qu’il avait dans sa tête de fou furieux. Des preuves qui m’étaient bien inaccessibles mais qu’il ne pourrait pas utiliser faute de preuves physiques… »

Dit le médecin à voix haute, plus pour lui-même qu’autre chose, se rappelant le dernier mouvement de cette parodie grotesque dans laquelle on l’avait forcé à jouer… Quand il avait découvert la vérité, il avait détruit l’intégralité de ses projets, ne gardant pour seul testaments de ces derniers ce que son esprit voudrait en retenir avant de fuir et de devenir, ironiquement, pour la première fois, un membre de la Schya et non une sorte d’agent double…Il se demandait encore aujourd’hui comment il avait pu faire pour mener cette double vie sans que personne ne remarque quoi que ce soit… Son propre esprit l’impressionnait au même titre qu’il l’horrifiait et il ne savait plus quoi penser, même après avoir raconté enfin et pour la première fois l’histoire dans ses moindres détails…

Peu importait pour l’instant. Quand il reprit contact avec la réalité, hors de ses pensées, il était dans la douche, l’eau brûlante coulant sur son torse nu comme une vaine tentative de laver une souillure qui ne le quitterait jamais. Il entendit malgré tout les pas de son aimé. Il entendit la poignée tourner et il savait que son regard se poserait sur le miroir brisé dont les éclats jonchaient l’évier. Ironique de penser que son lancer précis avait fait tomber touts les morceaux en un seul endroit… Mais il se refusait à quitter la douche et l’Effet relativement apaisant de l’eau. Il n’avait pas encore retrouvé le courage de la regarder en face… Le retrouverait-il même un jour?
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Elizabeth Levy
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Jeu 8 Oct - 6:18

Il y en avait que dans l'évier. Les yeux d'Elizabeth jaugea à la fois le miroir et le lavado juste au-dessous. Son regard inexpressif et sa réaction neutre, pourquoi lui aurait-elle hurlé dessus d'avoir brisé quelque chose ? Et puis, le miroir était déjà là lorsqu'il avait emménagé et ce n'était certainement pas leur coup de coeur pour l'achat de cette maison. Elle se dirigea vers le lavabo, contempla les fragments, en prit un qu'elle considéra avant de le remettre là où elle l'avait pris. Demain, elle nettoierait le tout. Ce soir, ce n'était pas le moment de le faire. On a beau vouloir se coucher dans une maison propre, il faut rester réaliste. Son oreille prêta attention à l'eau qui coulait. Une douche qu'elle avait pressenti chez lui. Son âme souillée, il devait le nettoyer jusqu'à l'os comme dans les bunkers nucléaires où les personnes susceptibles d'avoir été en contact devaient se soumettre à des douches très irritantes pour la peau et très douloureuses. La barre de savon était en tout point la source de leur douleur. Néanmoins, elle le laissa un moment sous la douche. Elle sortit sans le lui dire, de toute façon, il entendrait la porte le lui informer, se dirigea vers la salle de séjour et ramassa au moins les verres de champagne. À la cuisine, elle chercha à savoir ce qui allait remonter le morale de Martin, mais elle savait pertinemment que la réponse ne se trouvait pas dans la gourmandise. Elle se jeta donc sur sa théière pour préparer un bon thé vert, quoi de plus calmant. Parfois, elle tendait l'oreille pour savoir s'il était toujours sous l'eau. La réponse fut affirmative à chaque fois. Dès que la tasse du médecin fut prête, elle l'amena dans la salle de séjour. Elle mit quelques bûches dans le foyer, le feu perdant peu à peu de son intensité. Elle resta un moment en admiration devant les flammes avant de songer à Carter.

Avec une lenteur nonchalante, l'espionne se retrouva à la salle de bain. Il s'agissait d'un véritable sauna. La vapeur qui l'accabla ne la dérangea toutefois pas. Elle prit soin d'aller chercher entre temps la robe de chambre du médecin. Elle se dit qu'il souhaitait peut-être se trouver dans quelque chose de plus confortable. Mais voyant qu'il ne fermait toujours pas l'eau, elle s'imposa. Elle trouva le robinet et ferma le courant. Elle chercha ensuite son bras pour glisser jusqu'à sa main. De là, elle l'entraîna vers l'extérieur de la douche. Elle ne chercha cependant pas à croiser son regard. Le tout se fit dans un calme déroutant, quasi insupportable. Or, elle, de son côté, elle le supportait, vaillante. Elle entoura la taille de Carter de ses bras et l'enlaça pendant un bref moment avant de déposer un petit baiser sur son buste. Elle défit son étreinte et alla chercher le peignoir qu'elle lui avait porté. Elle le lui enfila, toujours sans croiser ses pupilles. Puis, elle lui prit à nouveau la main. Elle l'attira avec elle, le tira vers la salle de séjour. Elle le lui asseoir sur le divan avant de lui donner son thé. Puis, elle alla dans sa chambre à l'étage, le temps de se mettre en tenue de nuit. Un pyjama vraiment confortable : pantalon de satin et camisole assortie. Rien de plus banal qui n'avait rien pour plaire. Bref, elle se chercha une couverture et retourna au rez-de-chaussée pour retrouver Martin qui avait visiblement englouti son thé. Elle s'arrêta sur le pan de la porte et le dévisagea un moment. Pauvre Martin ! Si dévasté ! Cela attristait profondément la jeune femme qui versa une larme, mais qui la sécha aussitôt pour se montrer forte et prête à le soutenir. Elle inspira un bon coup et expira une grande bouffée d'air avant d'aller le rejoindre. Elle s'assit à côté de lui, fixa le feu et s'allongea auprès de lui, sa tête revenue se poser sur sa poitrine.

Mais le silence qui pesait partout dans la maison et auprès des amoureux étaient vraiment troublants. Il y avait même un petit je-ne-sais-quoi d'effrayant. C'était si écrasant que l'air environnante semblait fuir vers les autres pièces. Mais le feu l'obligeait à rester. Ils n'échangèrent aucun mot pendant de longues minutes ou bien... des heures ? Qu'importe, pendant un long moment, ou ce qui sembla être une éternité. L'espionne s'endormit presque, mais un sursaut la réveilla. Une idée venait de lui traverser l'esprit ? Carter avait bougé ? Non, rien. Un réflexe... ou bien une intuition alors ! Elle se frotta les yeux comme pour les réanimer. Elizabeth leva la tête, espérant trouver Martin endormi. Hélas, il avait les yeux grands ouverts. Il avait l'air songeur et fixé sur une idée. Deviendrait-il insomniaque s'il commençait à trop réfléchir ? Le commentaire traversa l'esprit de sa belle, mais elle ne franchit pas sa bouche. Ce commentaire devait rester le sien.

« Martin ? Parle-moi. Regarde-moi ! Je suis là. Je t'ai pardonné, cesse de retourner ces tourments comme le fer dans une plaie. Ça ne te fait qu'encore plus de mal... et également à moi-même. Envoie tes pensées vers ce feu pour qu'elles puissent brûler et disparaître à jamais. Martin, regarde-moi. Martin ! » mais il ne sembla pas connecté avec la réalité.

Devant ses tentatives vaines, la jeune femme désespéra un moment et songea à monter se mettre au lit. Mais elle devina que son homme devait l'avoir auprès de lui, qu'elle serait sa motivation constante, sa raison pour vivre. Malgré tout les encouragements et les efforts qu'elle se donnait, elle versa quelques larmes silencieuses et abaissa sa tête dans le creux du buste du médecin. Puis, elle releva la tête, déterminée à le faire réagir. Elle approcha sa tête de la tête et appuya son front contre sa tête, ferma ses yeux à ce contact. Elle entoura son cou de ses bras et le serra très fort.

« Je suis là, je serai toujours là. Je t'aime et tu le sais. Mais je t'en prie, parle-moi ! Ton silence m'horrifie, ton mutisme me déconcerte. Je veux entendre ta voix. Je veux sentir ta chaleur, tes bras qui m'entourent... Je veux te sentir vivant et en pleine possession de tes moyens. Tu es mon Martin Carter, prouve-le moi ! » insista et supplia la pauvre Elizabeth.
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Jeu 8 Oct - 21:44

Parler… Comme il aurait voulu le faire, prendre la parole et accepter si aisément ce qu’énonçait sa belle… Mais c’était impossible. Les faits et les circonstances jouaient contre lui. Les événements avaient scarifié son esprit et ce probablement à jamais. C’était bien dommage et pourtant bien réel : la page qu’il fallait tourner aurait nécessité que l’on brûle le livre en entier tant l’encre de cette page avait déteint sur toutes les autres… Déconnecté de la réalité? Et comment! Pour un peu et c’était l’état de choc total. Tout lui semblait si lourd, si flou… Il entendit à peine Elizabeth. La détresse dans la voix de son aimée lui fut à peine perceptible. Le médecin chef de la Schya avait l’impression de se noyer mais cette noyade impliquait sa propre culpabilité et sa propre répulsion face à lui-même… Et il sombrait là dedans sans bouées ni support… Et le fond du baril était loin, très loin sous la surface. Les ténèbres et le froid, c’était tout ce qu’il ressentait en ce moment, malgré la chaleur de la pièce…

Cependant, il y a un soudain changement dans la tête du médecin. Au milieu de cette atmosphère lugubre, au travers de ces pensées sombres et sinistres, une forme lumineuse s’avançait vers lui. Trop petite pour être Elizabeth, il lui fallut un moment pour se rendre compte que cette silhouette humanoïde et indéfinie avait la taille et la corpulence d’un enfant. Avec un certain retard, il réalisa qu’il s’agissait de son enfant. Son futur enfant. Le rêve éveillé de Martin le laissa perplexe et la petite voix fluette s’adressa à lui.


« Pourquoi est-ce que tu es encore triste? Elle t’a tout pardonné tu sais? »

Le médecin, peu convaincu, explique sa vision des choses. Sa perception de l’ensemble, ce qu’il ressent, ce qu’il voit et constate. L’enfant de lumière écoute et Martin ne peut que s’étonner qu’un enfant d’environ quoi? Cinq ans d’après la taille, soit capable de comprendre toutes ces choses, tous ces concepts… La discussion se poursuit entre un Martin éthéré et le produit de son rêve, une discussion qui hors de la réalité a duré probablement des heures alors que dans le monde réel, Elizabeth vient de terminer sa phrase lui demandant des preuves. Timing parfait s’il en était car c’est précisément à ce moment là que Martin reprit plein contact avec la réalité. Son teint blême redevient plein de santé Son air hagard se transforme et se fait plus déterminé. Son regard terne et vide si peu coutumier reprend en couleurs et cet éclat si caractéristique de celui qui jamais n’abandonne reprend sa place dans ses prunelles. Ce même regard qui se retrouve plongé dans celui de l’espionne, de son Elizabeth bien à lui…

Le changement de situation est aussi brutal que surprenant. Se jetant pratiquement sur son aimée, il se retrouve à la coucher sur le dos sur le divan et voilà qu’il lui offre un baiser passionné, long et fougueux, interminable… Pour un baiser de quelques secondes dans les faits, on dirait que des galaxies ont eu le temps de vivre et mourir entre temps… Manquant pratiquement d’arracher la camisole de l’espionne, les douces mains du médecin viennent retrouver la chair douce de ce buste charnu qu’il a déifié en plus d’une occasion sans que le long baiser ne s’arrête… Elizabeth n’a pas à se plaindre après tout : N’a-t-elle pas demandé une ou plusieurs preuves à son homme? Les mains du médecin quittent la poitrine du médecin pour se placer dans son dos, descendre sa colonne et se poser sur son postérieur rebondit dont il pu savourer la fermeté… Tout un changement d’attitude. À l’instar du phénix, le médecin avait renait de ses cendres… Comment expliquer autrement la présente situation de façon logique et sensée?

Ce qui s’était dit dans le rêve éveillé de Martin, Elizabeth ne le saurait sans doute jamais. Avait-elle réellement besoin de la savoir? Il lui sembla que on dans la mesure où au final, c’était ses douces attentions qui avaient permit la résurrection du médecin. Médecin qui avait retrouvé tous ses moyens, sa force et sa fougue. Lui laissa-t-il un quelconque rôle dans cette preuve qu’il lui offrait? Pas vraiment. Oh certes, elle lui prêta assistance quand il s’évertua à la dévêtir puis lui ensuite mais de rôle réel? Difficile à dire. Et cela était du ressort du très peu important à vrai dire. Leurs deux corps nus chutèrent sans mal sur le tapis devant l’âtre ardent et le médecin fit l’amour à l’espionne de façon langoureuse et passionnée. Oh Elizabeth devait être consentante, on ne pouvait pas parler là d’un viol et ce en aucun cas, juste qu’apparemment cela l’avait prit par surprise. Et cela dû lui faire un bien considérable car même si le boss leur avait donné sa bénédiction, les dernières semaines avaient été tellement chargée que l’essentiel de leurs correspondances s’étaient faites par messages sur leurs répondeurs respectifs. Leur premier vrai contact amoureux depuis des lunes… Né de circonstances tragiques pourtant… Mais pourquoi s’évertuer à chercher à comprendre l’amour quand il peut simplement se vivre?

Chose certaine, ce fut particulièrement intense et le bien fut plus que physique. En un sens, au vu de ce qui avait été échangé en termes d’informations ce soir, c’était leur premier vrai moment intimes une fois toutes les vérités et secrets hors du chemin. À eux deux, ces deux là auraient pu enterrer le bruit d’une foule en délire lors d’un match de soccer… C’était à se demander comment ils pouvaient encore avoir des tympans… Mais encore là ce serait briser la magie du moment et cela n’aurait pas été très fair play que de le faire, n’est-ce pas? Chose certaine, La libération tant physique que psychologique fut tout un quelque chose, plus forte que l’explosion d’un volcan ou les secousses d’un séismes, plus intense qu’un ouragan ou un raz de marée et plus spectaculaire qu’’une tornade ou une avalanche, les laissant ruisselant de sueur et le souffle court côte à côte dans une étreinte que ni l’un ni l’autre ne désirait briser, lui encore en elle et elle ne désirant pas se séparer de lui, bras autour de son cou et cuisse serrées autour de sa taille. Leur regards étaient verrouillés l’un dans l’autre et il aurait fallut que la terre se séparer en deux pour les décoller les deux amoureux…

Il n’y eu aucun échange de parole. Pas un mot ne fut prononcé. Pour le moment, ils ne faisaient qu’un, de corps comme d’esprits, leurs bouches affairées à autres chose que des paroles. Leur regard, si vif parlait pour eu. Les réactions de leurs corps en disaient plus long que des pages de textes. Les deux pièces d’un même puzzle, parfaitement imbriquées et refusant de se défaire… Pourtant l’acte avait été particulièrement épuisant mais l’un tirait sa force de l’autre pour ne pas briser l’étreinte. Elle allait durer longtemps, très longtemps, avant que l’un ne se décide à prendre la parole, à rompre la muette communication qui se faisait par le plus vieux langage du monde… Et ce serait presque à contre cœur qu’un retour à une forme de communication plus moderne se ferait. La question était de savoir qui se risquerait à prendre la parole cette fois. Lui ou elle, elle ou lui? Cela avait-il de l’importance? Le courage nécessaire à cette décision pouvait être directement puisé chez l’autre sans aucune objection ni problème d’aucune sorte. Ces deux là formaient vraiment une paire parfaite…
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Elizabeth Levy
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Jeu 8 Oct - 23:16

Elizabeth avait été prise par surprise. La plus grande sa vie. Un changement aussi drastique a de quoi vous faire sauter jusqu’au ciel, même plus. Mais elle fut réceptive. Plus que jamais. Martin avait sûrement réussi à faire une croix sur ses erreurs du passé et cette simple idée réchauffait l’intérieur de la jeune femme qui semblait tout aussi heureuse que lui. Et elle répondit ardemment à ses baisers, ses caresses, voulant se montrer digne plus que jamais. Chaque baiser devenant un mot, une phrase, un chapitre. Chaque caresse, une nouvelle péripétie. La fusion impliqua le paroxysme de l’histoire qui s’engageait à être intense pendant de nombreuses pages qu’on se lasserait de compter. Elles défilaient si rapidement, dépassant la vitesse de la lumière. Lucky Luke pouvait aller se rhabiller. Un nouveau record venait d’être établi. Or, le temps sembla ralentir, voire s’arrêter... Ou bien, avait-il eu le temps de mourir puis de renaître pour annoncer une nouvelle forme de vie sur terre ? Qu’importe, ils étaient tous les deux et tous deux avait délibérément perdu la notion du temps.

Par l’autre, elle avait su définir l’amour. Par lui, elle avait su le vivre. Une Elizabeth pimpante, rayonnante et amoureuse. Dans cette relation, l’amour avait atteint un niveau élevé incomparable qu’aucun homme ne pouvait égaler. Martin lui donnait une décharge lourde d’amour, une vague meurtrière de passion que seule l’espionne pouvait subir. Sa joie retrouvée lui fit comme un baume sur le coeur. Ses torts et ses vices ne lui avaient pas fait oublier tout son agilité à faire l’amour à cette femme, la sienne. Une vie extraordinaire les attendait, surréel à la limite, toujours près du rêve. Alfred de Musset le disait lui-même : « La vie est un sommeil, l’amour en est le rêve. Et vous aurez vécu, si vous avez aimé. » Les mortels marchent en dormant, mais l’amour chamboule cette promenade nonchalante. Elle vous tire de votre monotonie et nourrit un rêve en couleurs, un rêve méprenable, mais si grandiose. Si vous ressentez quoi que ce soit, c’est que le tout est plus que psychologique. Vous ressentez des picotements, des chaleurs, vous riez pour rien, vous souriez devant une vision morne. Bref, vous vivez dans votre monde et dans le sien... Ensemble, il y a ce monde sans issue dans lequel vous gambader main dans la main.

L’espionne parfumait chaque baiser, démarquait chaque caresse et authentifiait chaque gémissement orgasmique. L’euphorie totale, la fantaisie sans bricoles, tout ce qu’il y a de plus naturel. L’abandon le plus total, la frénésie la plus frivole. Et ce mutisme de leur parole empêchait de briser l’atmosphère qu’ils ne désiraient en aucun point brimer. Savourer ce moment, chaque seconde, chaque millième de seconde, chaque contact physique. Elle sentait les lèvres de Martin brûlantes. Elles embrasaient chaque partielle de peau touchée par ce contact. Une brûlure d’où s’échappait les effluves de l’amour. Des effluves qui dégageaient un parfum dont on s’éprend éternellement, tombant dans les vapes de la passion. Cette maison en serait empreinte à jamais. Les murs goûteraient désormais cette saveur si délicieuse. La descendance s'imprégnerait à jamais de ce sentiment de cinq lettres et de deux syllabes qui, à lui-même, constituait un poème en alexandrin d’un nombre incalculable de vers et de strophes. Était-ce possible ? Oui. Il y avait deux êtres cette nuit-là qui se le récitaient, se le déclaraient sous tous les tons possibles, toutes les variations inimaginables, toutes les intentions envisageables. Rien n’était laissé au hasard ou à part. Tout y passait. Elle remerciait celui qui lui avait fait d’abord reconnaître qu’une telle coexistence de deux âmes semblables existaient. Pourtant, elle avait toujours répéter au médecin qu’elle avait su connaître une pareille sensation, enfin, ce sentiment.

Or, le nom d’Andreas Timverstel flotta dans son esprit pour la première fois depuis des lunes...

Brusquement, Elizabeth ouvrit les yeux et arrêta leur baiser. Elle tenait la tête de Martin entre ses mains, comme un cadeau qu’on lui donnait, une main vive sur chaque joue incendié par les feux de l’amour. Elle ancra profondément son regard dans le sien. Elle pouvait y lire toute la sincérité et plus aucun mensonge ne planait comme pour le trahir. Cependant, de son côté, s’il y en avait eu un, elle pouvait découvrir que dans ses prunelles, résidait une vérité qui n’avait jamais franchi ses lèvres en présence de Carter. Certes, elle y avait songé dès leurs premiers baisers dans cette infirmerie, mais jamais le nom n’avait fait parti de l’une de ses respirations, de l’une de ses phrases. Alors qu’il lui avait révélé toute l’histoire à son sujet, elle devait se mettre sur un pied d’égalité. Elle n’avait jamais envisagé le faire, les relations antérieures étaient, jugea telle, une flamme éteinte qui n’avait pas besoin d’être rallumée puis attisée. Toutefois, le contexte était différente. Elle se devait d’être honnête.

Son regard, reflet de son âme, de sa vie, traversé d’un amour précédent, mais heureusement que d’un seul. Un amour vécu, consommé, mais peu développé. Une rencontre, un rendez-vous, une nuit dans un lit et le matin, cette passion avait presque disparu. D’ailleurs, elle n’avait jamais eu des nouvelles de cet Andreas qui ne lui avait même pas dit au revoir. Ce souvenir n’avait, pour ainsi dire, jamais été éteint de la plus naturelle des façons. Elle avait dû se faire une violence énorme pendant des jours, des semaines pour y arriver. L’acceptation fut pénible, mais elle se croyait guéri. Le sera-t-elle peut-être maintenant que Martin pouvait, tout comme elle, faire une croix sur les événements qui lui avaient permis de l’avoir comme telle lorsqu’il la rencontra.

Hélas, les pupilles interrogatrices du médecin tordit l’être et l’esprit de la jeune femme. Elle avait interrompu un si bel événement par un simple souvenir enfoui, qu’elle croyait coffré à jamais. Elle le sentait qu’il voulait continuer. Après tout, elle le comprenait. C’était son désir également, son souhait le plus cher. Mais il avait été franc et elle devait en faire autant. Ce moment qu’elle n’avait jamais envisagé, était arrivé, malgré elle, à un moment très inopportun. Par conséquent, elle ignorait quel mot piger, quelle tournure de phrase tirer, quelle phrase concevoir. Les mots arrivaient en tornade et ils ne semblaient pas vouloir être disciplinés pour former une phrase introductive, puis un développement. Sans oublier qu’il fallait conclure le tout ! Bon sang que la tâche serait difficile si les termes restaient indomptables.

« Je dire chose... »

Tout avait sorti de travers et dépourvu de toute logique. Elle ferma les yeux, honteuse et déçue d’elle-même. Or, tout devait sortir d’un trait. De cette façon, fini de tourner autour du pot, tout serait direct, sans détour. Il y avait qu’un chemin possible à emprunter. Elle inspira et expira une grande gorgée d’air avant d’ouvrir à nouveau les yeux, croisant les yeux de Martin. Et elle cracha.

« Je dois te dire quelque chose. Tu as été honnête et il serait hypocrite de ma part de ne pas l’être. Rassure-toi, il n’est nullement question de l’invention d’un produit de tortionnaire ou autre. C’est une vérité que je ne t’ai jamais révélé dans son intégralité. Oui, j’ai partagé la vie de plusieurs hommes d’une drôle de façon avant toi, mais ça tu le sais. Le fait est que je t’ai dit, dans les premiers temps, que je n’avais pas connu l’amour avant toi et que le nôtre serait le seul que j’allais connaître. Ça n’est pas sorti comme ça, mais disons que je ne fais que rapporté indirectement. »

Elle prit une pause. Elle en avait dit beaucoup pour un préambule. Martin ne sembla pas avoir bougé, ni même avoir su comprendre ce qu’elle venait de dire. Comme si elle lui avait parlé en chinois.

« Enfin, ce que je veux te dire, c’est que... Oui, je l’avoue : j’ai connu l’amour... d’un autre homme avant toi. Mais, enchaîna-t-elle aussitôt comme pour se racheter sur cette révélation, ça n’a pas duré. Aucun désir de vivre ensemble pour le reste de la vie n’a été dit. Crois-moi. Tu es le seul à qui j’ai prononcé un tel souhait. Pour tout dire, j’ignore ce qu’il est advenu de lui. Il a disparu un beau jour sans me dire au revoir. Je l’ai oublié, Martin, oublié, tu peux en être sûr. Il était de la Schya. Il s’appelait Andreas Timverstel. »

Mais ce n’était que le début de ce qui allait amener une autre révélation, une autre vérité plus surprenante qui allait jeté par terre Martin. Elle ferma les yeux à nouveau avant de reprendre.

« Il a été le déclenchement de cette prise de conscience que je pouvais cesser cet abus sur mon corps. Cesser ce martyr que je m’infligeais depuis des années... pour oublier... »
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Martin Carter
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Ven 9 Oct - 3:39

Pourquoi diable avoir brisé un si beau moment pour parler de choses si désagréables à entendre? Oui, la quête de la vérité avait été bien présente dans l’optique de leurs rapports futurs mais… Maintenant… Cela semblait presque hors sujet, hors de propos… Mais nécessaire. Un mal nécessaire duquel il ne pourrait ressortir que du bien. Après tout… Il fallait faire son baptême du feu pour se considérer soldat. Opérer son premier cas sévère pour être un vrai médecin. Les exemples ne manquaient pas en ce bas monde. Et puis du reste, sur une note plus professionnelle, il était le médecin chef de la Schya et elle une employée. De fait, il était de son devoir que de porter une oreille attentive aux confidences de ses patients. Elizabeth faisait partie de ces patients même si elle partageait bien plus avec Martin Carter… Mais bon, il n’était pas spécialement question du travail ici mais bien de la façon la plus rationnelle et optimiste de voir et prendre les choses. Effectivement, le nom qu’elle mentionna lui disait quelque chose, il avait une bonne mémoire de ses patients… Disparu sans laisser de traces, de cela il ne faisait aucun doute, c’était même à croire que l’homme en question n’avait jamais existé! Aucune mission importante à son dossier ou blessures sévères… Il avait semble t’il plus fait office de figurant en un sens que d’acteur au sein de l’organisation…

Mais bon, le nom, le visage et le physique de cet homme était de seconde zone. Pourquoi se préoccuper d’un type qui ne reviendrait plus jamais dans le décor? Le cœur d’Elizabeth était sien et quiconque chercherait à le lui voler aurait à faire à lui…Après tout, il venait de lui faire des confessions dont personne n’était au courant comme elle lui faisait les siennes : moins terribles, moins noires mais significatives quand même… Cela marquait un changement dans l’historie de l’espionne un point tournant qui n’avait été atteint de nouveau et approfondi qu’avec lui. Au fond de lui, quelque chose lui disait qu’il devrait être jaloux et en vouloir à l’espionne d’avoir couché avec tous ces hommes avant lui. D’un autre côté, avec un passé comme le sien, pouvait-il honnêtement l’accuser d’avoir triché face aux règles? Difficilement. Elizabeth était une très belle femme, en pleine possession de ses moyens et une espionne de surcroit. Elle avait simplement su recourir à un arsenal moins orthodoxe que la normale pour réussir sa vie professionnelle et ensuite se détendre dans sa vie privée. Évidemment, tout comme dans son propre cas, il y avait une différence marquée entre la Elizabeth d’aujourd’hui et l’Elizabeth du passé comme il y avait une différence entre lui et le Martin au service de William Stryker… Les gens changeaient à cause des événements et non l’inverse lui sembla t’il, bien qu’il n’ait pour prouver sa théorie que sa propre expérience et celle de son aimée…

Cela dit, le débat philosophique devrait attendre. Une réponse était de mise, évidemment, et pas une réponse en tant que professionnel de la médecine, bien que l’envie ne lui manquait pas mais en tant qu’amoureux. Évidemment, le ton ne fut pas nécessairement celui qu’il aurait voulu employer, l’ensemble étant légèrement tendu et amer. Oui, il avait pardonné à Elizabeth tous ses one night. Ce nouvel aveu par contre… Difficilement. Bien plus difficilement. Jalousie? Assurément et Martin n’avait pas de honte à éprouver ce sentiment. Non, il n’était pas possessif mais le fait que quelqu’un ait partagé la couche de sa belle pour autre chose que le plaisir, attribuant ce genre de pratiques aux tendances de l’époque en cours, le courrouçait terriblement. Il se surprit à avoir une pensée égoïste pour laquelle il préférait voir la Elizabeth du passé comme une créature de pulsions et de plaisir et non d’amour et de sentiments vrais mais cette nouvelle donnée changeait toute la donne… Et cela lui était resté en travers de la gorge.


« Je vois. C’est… Non, je ne te mentirai pas, je trouve cela excessivement désagréable d’apprendre une telle chose. Pour être parfaitement franc, je préférais savoir l’ancienne toi une créature de sexe et de sensations fortes que de savoir que tu aies pu être… Respectable? Non, ce n’est pas le bon mot et je n’arrive pas à mettre le doigt dessus… Enfin que tu aies pu te libérer de cette réalité pour y replonger par la suite. Et toujours bien franchement, je me demande s’il n’aurait pas été mieux que tu reste avec cet homme. Regardons les choses en face : que suis-je moi, à par un type qui te fais redécouvrir ce que tu as déjà en grande partie par le passé? »

Se dégageant de l’étreinte qui les avait unis, il se leva, se drapant de son peignoir et faisant les cent pas. C’était typique chez Carter, une manie qu’il avait quand il était de mauvaise humeur. Quand on connaissait bien Carter, on pouvait lire en lui comme dans un livre ouvert… Et c’était tout sauf une affirmation anodine.

« Il me semble qu’il aurait été plus approprié de le dire AVANT notre première fois. Plus… Respectueux. Et je te prierais de ne pas me sortir l’argument que mes squelettes à moi sont bien plus lourds et dérangeants. Pour ma part, il n’y avait eu de sentiments pour personne avant. Ce fut déjà suffisamment difficile d’accepter que des dizaines d’hommes aient partagés ta couche avant moi, celle là c’est bien la goutte de trop. Bon sang Elizabeth, comment espérais-tu que je prenne la chose? Oui, tu as été parfaitement honnête mais tu me dis cela une fois que nos projets de vie se concrétisent, se sont concrétisés! Et s’il réapparaît dans le décor dis-moi? Il n’est rien de plus difficile que d’affronter son propre passé, j’en sais quelque chose! Alors? Réponds-moi!

Oui, tu peux me traiter de tous les noms et me donner tous les défauts du monde mais cela ne change ni n’atténue en rien le fait que ce genre d’informations, j’aurais dû l’avoir dès le début. Enfin essaye de te mettre à ma place! J’ai l’impression d’être un morceau de second choix. Mademoiselle Lévy a eu son entrée qui s’est barrée, plusieurs à côté entre temps et la pièce de résistance n’apporte pas grand-chose de neuf. Je serais le premier à passer des remarques ironiques sur la chose si cela ne concernait pas mon propre cas! »

Non, il n’était pas du tout content… Il regardait la forme nu de son aimée, s’émerveillant encore comme la première fois de ce corps sublime à damner le plus chaste des mortels… Et pour la première fois il faillit bien avoir la nausée à penser qu’un autre amoureux avait partagé ce corps avant lui. Un porc, passait encore, pourquoi se formaliser sur des bêtes, mais un amant… Jamais. La pilule et ne passerait probablement jamais et Elizabeth allait avoir à faire pour remettre le médecin de son côté. Effectivement, et Elizabeth devait le reconnaître, elle avait demandé énormément à Martin. De passer par-dessus ses valeurs, ses convictions pour accepter beaucoup à son sujet. Il avait dû endurer ses caprices avant qu’elle ne renaisse, se montre patient, tolérant et ouvert… Mais il y avait toujours des limites à ce que Martin était prêt ou simplement capable de faire. Et accepter cette vérité, cette évidence, comme il avait accepté le reste… Non. C’était trop lui demander. Pour le moment à tout le moins et probablement pour un certain temps encore. Il se surprit même à prononcer quelque chose que jamais il n’avait même pensé être amené à dire de façon si sérieuse, si… Presque dramatique…

« Prouve-moi que tu m’aimes. Que pour cet homme il ne te reste que de vagues souvenirs que j’espère tu oublieras à jamais. »
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Elizabeth Levy
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Ven 9 Oct - 5:40

Prouver encore et toujours. Mais, ce qu’il ne savait pas, c’était la raison de ses indénombrables « one night ». Elle devait immédiatement renchérir pour lui expliquer comment Martin devait juger Andreas. Non pas comme le premier à l’avoir pénétré avec amour, mais comme le premier élément déclencheur dans la prise de conscience de l’espionne. C’est en effet en sa présence qu’elle put reconnaître qu’un homme, même dans cette société nauséabonde et chaotique, pouvait aimer réellement une femme et non en abuser que pour assouvir ses faveurs sexuelles. Elle devait se lever, lui expliquer tout, comme il avait fait avec elle, lui pardonner et oublier avec elle. Elle l’avait fait avec lui et il devait en faire autant. Mais profondément orgueilleux et rancunier, y arriverait-il aussi facilement que sa belle ? Là-dessus, Martin était un vrai ras de mystère. Mais qu’à cela tienne, elle lui dévoilerait tout, tout ce qui n’a jamais été entendu, écrit ni même pensé par quelqu’un. Une vérité dont seule la jeune femme connaissait. Une réaction engendré par un événement sombre d’une vie farfouillée de sexe et de fausse identité.

Manifestement gênée de son état de nudité et visiblement honteuse que le médecin lui hurle son désappointement, elle se redressa sur ses jambes et se précipita vers la couverture qu’elle s’était apportée. Elle s’entoura du tissu cotonneux et doux, sentant un léger sentiment de réconfort. Le nécessaire pour lui donner le nécessaire. Elle se retourna vers lui, une distance inquiétante les séparait. Une distance de duel. Une rivalité s’installer en Martin et elle en était parfaitement consciente. Mais elle se devait de le lui dire. S’il pouvait enfin savoir la raison de ses « one night », sujet n’ayant jamais été mentionné. Elle chercha néanmoins son regard.

« Écoute ce que j’ai à te dire avant de juger qui que ce soit et même cette situation de mon passé. Je t’en prie, ouvre ton oreille la plus attentive qui soit. Mon corps est plus souillée que tu ne le crois. Tu ne verras jamais un corps aussi abusé après le mien après que tu sauras toute la vérité. Je t’ai écouté raconter ton passé, écoute le mien à présent. Chacun d’eux sont lourds à leur façon selon la force et le courage de la personne qui le porte. »

Pendant que les morceaux du casse-tête qu’elle avait volontairement éparpillé se rassemblèrent entre eux, l’espionne fit un tour de la pièce, regarda dehors puis le feu pour terminer sur Martin. À ce moment-là, ses idées étaient plus claires que jamais. Plus claires que le verre.

« Sache que j’ai une profonde gratitude envers Andreas. J’ai une reconnaissance immense, mais il ne sait pas. Il ne le saura jamais. Toujours est-il que j’ai réalisé qu’un homme pouvait aimer tendrement, qu’un homme n’avait pas qu’un dard à planter partout. C’est grâce à lui que j’ai pu profondément m’abandonner avec toi. Mon vrai amour, c’est toi. Pas lui. Je n’ai qu’exploré en surface pendant... 48 heures. Il a quitté mon appartement le matin après notre premier rendez-vous. Depuis, je ne l’ai jamais revu. Comprends que je n’éprouve plus rien pour lui. D’une certaine façon, il m’a abandonné. Comme un fantôme : il est venu et il reparti. Mais sa rencontre fut ma première prise de conscience. Pendant quelques mois, j’ai refusé tout rapport sexuelle. C’était bien mieux pour ma santé et je me sentais plus libre, plus indépendante. Mais il fallut qu’une soirée trop arrosée change les choses. Diantre ! que je suis laide, si gauche ! Non, mais, qui voudra une créateur qui se laisse tenter sous les effets de l’alcool ? »

Ce soir-là, Elizabeth avait redécouvert les joies de l’engagement sans lendemain. Le contrat était du plaisir et du sexe jusqu’à l’aurore. Ensuite, hop ! au boulot et on y pense plus. Pas de compte à rendre, pas d’engagement à long terme, bref, le concept idéal pour cette espionne sans cesse en quête de nouveauté et de plaisir. Désormais, cependant, elle n’était plus comme ça. Elle cracha même sur cette Elizabeth démesurée et enivrée par la luxure. Quelle horrible créature ! Par conséquent, elle s’empressa d’enchaîner la suite.

« Tu m’as pardonné mes « one night », n’est-ce pas ? Et pourtant, tu ne m’as jamais demandé quelle était la raison pourquoi j’ai commencé à agir en dévergondée et en bête assoiffée de chair et de l’odeur du plaisir. Je crois que là, au contraire, ta colère va s’éteindre puisqu’il n’a aucune raison de l’être. C’est..., des larmes commencèrent à affluer sur ses joues, c’est une horrible histoire. C’est tout droit tiré d’un roman. Tu ne me croiras pas. Hélas, c’est bien la triste vérité sur Elizabeth Levy. »

Elle éclata pour de bon en sanglots et s’effondra à genoux sur le sol de la pièce. Elle plongea son visage dans ses mains, seul réconfort qu’elle trouva. Elle devait être forte et conter cette histoire pour la première. Les acteurs la connaissaient, mais l’entourage d’Elizabeth n’en savait rien. Même son dossier à la Schya ne mentionnait pas un mot, pas une virgule de tout ça. On l’avait menacé de la tuer si elle racontait l’histoire. Cette menace était la plus effrayant de sa vie. Elle n’avait pas cherché à rétorquer, ni même à les défier en les rendant à la police. Elle avait gardé tout le blâme, tout le fardeau lourd sur ses épaules. Sa confiance et sa détermination avaient réussi à camoufler aisément le tout. La preuve, jamais personne n’avait posé de questions sur le passé de l’espionne. Si oui, elle répondait toujours...

« Criminologue diplômée avec une bonne moyenne. L’une des meilleures finissantes de cette promotion. J’avais pour but de devenir la meilleure détective privée qu’on est pu trouvé sur cette terre, tout siècle confondu. J’ai travaillé dans un service de police en bordure d’Ataxia. J’avais... 21 ans à l’époque. Il y a donc de cela quatre ou cinq ans proche. « Travaillé ». En fait, à mon arrivée le premier jour, ils m’ont renvoyé avec comme prétexte qu’ils avaient trouvé quelqu’un de plus « expérimenté » que moi. Foutaise ! Le mec n’a pas résolu un crime avec pourtant une solution très simple à l’énigme. Le gars s’était simplement suicidé, or, avant de se tirer une balle, il a manigancé une scène de crime de meurtre. Il n’avait pas voulu se rendre à l’évidence, mais la précision du tire mentait. »

Elle maudit ce détective qui, faute d’avoir pu prouvé sa valeur, s’était également suicidé deux ans plus tard. Elle avait rigolé du sort pathétique de ce service de police. Puis, elle leva un regard vers Martin, l’air plus déterminé que jamais. Non, elle n’allait pas plus ni s'apitoyer sur son sort. Elle avait trop d’orgueil elle aussi pour cela. Elle allait expier, extirper ses démons une fois pour toute. Et pour de bon. Vomir ce qui la rongeait depuis toujours. Et Martin Carter serait le premier auditeur de cette histoire.

« Tu te demandes bien ce que j’ai pu faire pendant un an à errer çà et là partout dans Ataxia. La Schya n’est entrée dans le décor qu’un an après ce renvoi prémédité. Le soir de cette même journée, je suis allée dans un bar non loin, et j’ai bu à la santé de mon désespoir. J’avais tout abandonné pour vivre une vie d’aventures, mais le rêve s’était envolé en fumée et en poussière. J’avoue avoir été saoûle, mais je reste cependant consciente de ce que je fais. Deux hommes m’ont approché au bar. Je les ai reconnu tout de suite : Karl et Quentin, tous deux policiers. Ils étaient à la réception quand je suis entrée au service de police. Ils m’ont soufflé que leur quart était terminé, que la soirée pourtant restait bien jeune. Je les ai royalement envoyé chier, mais ils n’ont rien pris au sérieux. Je suis donc sortie. Sans doute ce fut la pire décision de ma vie. Comprends-tu : autour, il n’y avait rien. Que ce bar malfamé, un « diner » pour les camionneurs. Ils se sont jetés sur moi et m’ont amené dans leur voiture. Je ne me rappelle en rien du trajet, mais je me rappelle et m’entends hurler ma situation sans que personne ne m’entende... »

L’espionne s’arrêta, les images défilant dans un esprit comme un mauvais film qu’on est oublié de regarder jusqu’à la fin. Elle abaissa sa tête, laissa tomber quelques larmes avant de se ressaisir pour de bon.

« Au bout d’un long moment, la voiture s’immobilisa dans un champ abandonné où il y avait une cabane en décomposition. Ils m’y ont traîné contre ma volonté. J’ai tenté de me débattre, mais rien. Je n’avais pas encore cette force animale en moi. Ils m’ont jeté dans ce qui était un enclos pour cheval. Quelques mottes de foin jonchaient encore le sol, mais le bois était pourri. Ils m’ont attaché comme une bête avant me dévêtir. Chacun a défait sa ceinture de pantalon... et ils m’ont violé ! T’entends ! ILS M’ONT VIOLÉ ! J’ai été l’une de ces statistiques dont on se moque aujourd’hui. Une victime du non consentement. Par devant, par derrière, chacun leur tour, en même temps tout y a passé... »

Elle ravala ces mots trop douloureux à prononcer. Mais Martin pouvait deviner tout ce qu’ils ont fait. Une nuit de douleur qui avait gardé au lit d’un motel l’espionne. Un lit qui avait absorbé des torrents de larmes chaudes et inconsolables.

« Ils m’ont dit de ne jamais le dire, sous peine de le faire jusqu’à ce qu’ils jouissent de mon dernier souffle. Je les ai écouté. La Elizabeth de l’époque a obéi. Aujourd’hui, qu’est-ce que ça peut faire ? On rapporté un viol comme on dénonce une insulte aujourd’hui. C’est banal dans notre société et pourtant, c’est plus présent que jamais... Et puis, tu devines facilement la suite : pour oublier, je me suis d’abord noyé dans l’alcool, puis j’ai découvert le sexe. Je me suis dit que je finirais par oublier, parce que je l’aurais fait avec plus de consentement, que tous les consentements annuleraient ce viol. J’y ai cru, Martin, J’Y AI CRU ! »

Nouveau torrent de sanglots, mais pas une seule parole de Martin. Comprenait-il ? Était-il toujours fâchée contre elle malgré tout ? Ou il allait se précipiter vers elle d’une minute à l’autre pour la prendre dans ses bras, lui dire que tout est fini, qu’il ne lui ferait jamais une chose pareille.

« La volonté d’oublier nous pousse à faire des actes irréfléchis qu’on croit sans conséquences. Mais voilà que j’ai fini par perdre mon identité et mon âme. J’ai tout perdu ce soir-là. Qu’est-ce qui m’a pris, dis-moi ? Je suis laide, n’est-ce pas ? Si dégueulasse ! Je me cracherais dessus. Te demander pardon serait-il légitime ? Je ne crois pas. On ne peut pas pardonner à un être que physique qui a couché avec on ne sait pas combien de personnes. M’acceptes-tu quand même ? Remarque, je comprendrais parfaitement que tu veuilles me chasser, c’est tout ce qu’une putain sans salaire mérite... »

Sur ce, Elizabeth se leva et se dirigea elle-même vers la sortie. Espérait-elle que Martin l’arrête et la prenne dans ses bras ? Toujours la même vision idéaliste. Mais le méritait-elle vraiment ?

« S’il y a au moins une chose que j’ai pu retrouvé c’est la dignité. Et c’est grâce à toi... »
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Sam 10 Oct - 5:48

Martin ne prononça pas un mot. Pas une syllabe ni même un son. Son regard, cependant, disait tout. Absolument tout. Si Elizabeth avait pu un jour pouvoir voir autant de haine et de froideur dans le regard de son amoureux, elle venait d’en avoir pour son argent. Un tel regard aurait congelé pour toujours le firmament dans son ensemble… Le médecin quitta la pièce, monta à l’étage et on pu l’entendre fouiller dans ses affaires avant de le voir redescendre, habillé, avec son pistolet à aiguilles pendant de son côté droit, ceinture de dards incluse. Il avait dans les mains son ordinateur portable et un trajet était visible, menant de leur lieu de vie commun à un certain poste de police… Tout ce que pu dire Elizabeth ne fut pas reçu par les oreilles du médecin qui s’installa derrière le volant de son véhicule, lassant dans le stationnement la voiture de son aimée alors qu’il allait rendre une visite à deux personnes bien précises qui vivrait leur dernière nuit sur terre. Tuer, pour Carter, n’était pas un problème à dire vrai. Oui, il était médecin. Mais en tant que médecin, il s’était aperçu d’une chose : entre guérir et tuer, il y avait un pas à faire et il ne travaillait pas dans le criminel pour rien. Dans ce milieu, quiconque étant incapable de tuer finissait mort de toute façon. Il avait dû se battre contre des assassins des sociétés rivales, de compagnies privées et de mercenaires en tout genre… Et il avait survécu et survivrait encore. Regardant sa propre image dans le miroir de sa voiture, il se surprit à dire d’une voix excessivement venimeuse des paroles qu’il avait prononcé jadis quand il s’était laissé aller à philosopher sur sa condition de médecin criminel…

« Guérir est assez simple. Provoquer la douleur et la peine est bien plus difficile, surtout si on veut qu’elles soient durables. Pour apprendre à blesser, la science nous oblige d’abord à apprendre à soigner. Pour connaître le mal, il faut aussi connaître le bien. »

Il avait dans sa ceinture de dards suffisamment de toxines et de poisons divers pour anéantir un nombre tout bonnement stupéfiant de personnes. Cela n’incluait pas les acides et autres substances chimiques spécifiquement employées pour infliger des souffrances terribles… Et il ne savait pas encore exactement ce qu’il emploierait pour faire rendre l’âme aux deux salopards qui avaient violé sa petite amie. En fait… Oui. Il savait ce qu’il emploierait. C’était de circonstance même car dans ses dards, Martin avait au moins un échantillon de chaque substance qu’il avait créé… Y comprit celle développée durant son service sous William Stryker. Pour la première fois depuis près de quatre ans, la très ignoble S69 ferait des ravages ce soir… Et mille ans de pardons seraient inefficaces pour obtenir salvation de la part de Martin Carter… Et pour trouver l’antidote à son produit… Il faudrait au moins dix ans avant qu’un scientifique ne puisse synthétiser un antidote faute de matériel utilisable. Trouver un composé « fantôme » demandait un pur génie… Et sans vouloir se vanter, Martin ne connaissait personne pouvant le battre sur ce terrain. Il avait dit à Elizabeth dans sa confession que le produit était permanent et incurable et c’était vrai : pour trouver le moyen de rendre la substance étrangère visible il fallait entrer dans la tête de Carter et de déchiffrer les arcanes de son cerveau…

Ce genre de débats devrait attendre par contre. Martin avait deux policiers corrompus à liquider. Et il prendrait grand plaisir à les exécuter tous les deux avec une cruauté qu’Elizabeth ne lui connaissait pas. Et qu’Elle ne connaîtrait jamais avant de l’avoir suivit en voiture. Elle savait que Martin pouvait devenir froid et professionnel mais savait-elle jusqu’où cette froideur inhumaine pouvait aller? De cela Martin avait de forts doutes et dans l’instant, seul la vengeance occupait son esprit, bien au dessus du reste. Ces deux hommes périraient de sa main, policiers ou pas. Son plan? Une simple note. « Votre victime a parlé. Je sais tout. Rejoignez-moi à cette adresse pour entendre mes conditions pour acheter mon silence. » Un classique indémodable et qui fonctionnait invariablement sur les gens de ce genre là…

Son appât mit en place, il lui fallait attendre. Pour se faire, un vieil entrepôt abandonné. Il se positionna en embuscade et attendit. Cinq, dix, quinze minutes… Et un sourire carnassier apparut sur son visage : ses proies venaient d’entrer dans l’entrepôt et le médecin chef de la Schya agit avec une rapidité née de l’habitude. Deux tirs parfaits d’un puissant paralysant qui mit ses deux victimes à terre en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Sortant de l’ombre, il s’avança avant de changer les dards de son arme pour deux dards de l’infâme S69. S’accroupissant pour regarder en face les deux hommes, il prit la parole d’un ton à faire fuir la mort elle-même.


« Alors… Comme ça vous avez violé il y a quelques années de cela celle qui aujourd’hui partage ma vie? Bien… Vous vouliez avoir du plaisir messieurs? Je vais vous en donner moi. Et avec un peu de chance… Il vous conduira directement en enfer. Vous êtes des corrompus pas vrai? Alors vous avez sans doute entendu parler de la mythique substance S69 de l’infâme et monstrueux docteur Meric Tarrant. Ah tiens… À voir votre regard horrifié… Je dirais que oui. Vous savez donc ce que cela fait et vous avez donc une petite idée du pourquoi je vous ai paralysé… Pas de cris, aucune chance de s’échapper… Mais vous ressentirez tout, absolument tout, espèce de sales porcs lubriques… Et vous allez en souffrir je peux vous le garantir, j’ai assez vu les effets de ce produit en action pour savoir que vous n’en avez plus pour longtemps à vivre… »

Sans plus de tergiversations, le médecin chef fit feu deux fois. Ils allaient mourir pour où ils avaient péchés… Et ce serait une mort des plus douloureuses. Cela prendrait un certain temps… Que le médecin avait de toute façon. Il les regarda agoniser, leur regard traduisant tout… Et il patienta chaque seconde de chaque minute en les regardant agoniser jusqu’à ce qu’enfin la vie les quitte. Dans l’intervalle, il avait injecté un stimulant dans les veines des deux monstres qui avaient souillé Elizabeth pour accélérer le processus… Et une fois sa belle vengée, il repartit avec un sourire satisfait sur le visage, reprenant la direction de son domicile de vie commune où Elizabeth l’attendait, anxieuse, sur le sofa du salon, se demandant sans doute ce que Martin avait bien pu faire. Comme après une journée de travail, Martin monta à l’étage, alla se changer, enfilant de nouveau son peignoir et redescendant voir sa belle qui l’attendait sur le sofa.

« Je comprends mieux en effet… Il t’aura rendu un fier service ce fantôme de la Schya. Ah oui… Suis-je bête… Comme tu as pu le voir j’ai dû m’absenter un moment… Une petite heure à peine… Une… Affaire urgente à régler. Tu en auras tous les détails demain dans le journal je pense bien. Il semblerait, mais je ne pourrais te le confirmer… Qu’une certaine substance surnommée S69 ait fait deux nouvelles victimes ce soir. Deux policiers, Karl et Quentin, je crois, je ne suis pas bien sûr… Il faudra attendre les nouvelles de demain je le crains pour avoir une confirmation… »

Le ton était peut-être innocent mais cet étrange sourire sur le visage du médecin trahissait une vérité toute autre. On ne touchait pas à la bien aimée de Carter… Car il finissait par avoir le dernier mot et ce même des années plus tard…
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Elizabeth Levy
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Sam 10 Oct - 6:35

Pendant près d’une heure, Elizabeth alterna son regard sur l’horloge, la fenêtre et le feu. Où était-il passé ? Qu’est-ce qu’il avait bien pu faire ? Elle redoutait le pire... Avec Carter comme tornade à surprises, tout était possible. Rien ne lui échappait et rien n’échappait à son contrôle. D’autant plus que ce regard empli d’une colère ivre avait effrayé la jeune femme. Deux pupilles rouges sang et ardentes d’un profond désir de... elle n’en savait rien à vrai dire.

Sa respiration reprit un rythme normal lorsqu’elle entendit la porte s’ouvrit. Elle s’étonna d’être restée assise, sage et obéissante à un silence qui pesait toujours. Elle le vit passer devant la porte, l’ignorant presque comme un salaud. Quelque chose s’était manifestement passé et Carter en avait été le comploteur. Lorsqu’il revint, son air contrasté royalement avec celui qu’il avait lorsqu’il avait quitté la demeure. Mais son excuse pour cette esquive bien particulière prit l’espionne par stupeur. Avait-il vraiment osé ? L’avait-il vraiment fait ?

« Non, dis-moi pas que... »

Il fallut un moment de réflexion pour analyser toutes les données, comprendre la logique de la situation et soumettre le facteur Martin Carter à l’équation. Et la réponse la stupéfia. Cela ne pouvait pas être autre chose. Lui seul possédait cette substance de S69... Et son agilité à user les raffinements pour ajourner une vie... ou deux. C’était tout simplement le « trademark » de ce médecin fort rusé. Cependant, cette nouvelle devait-elle la réjouir ou le contraire ? Son cerveau n’arrivait pas à se brancher sur une réaction, enclenchait un débat endiablé dans son esprit. Elle pesait le pour et le contre, refit la formule plusieurs fois et la réponse restait toujours la même.

« Tu les as tués, c’est ça ? »

Jamais, au grand jamais elle avait songé, ne serait-ce que l’éclair d’une idée, qu’un homme ferait un tel acte pour sa bien-aimée. Le geste en soi était noble et reconnaissant, mais les conséquences dans tout ça ? Tout le monde allait retracer ce... Meric Tarrant ? Ce médecin-scientifique était connu de tous, mais personne savait de qui il s’agissait réellement. Il n’y avait qu’Elizabeth, William et Martin qui le savait. Son premier réflexe fut d’étirer les coins de sa bouche, dessinant un léger sourire. Puis, une pointe de fierté apparut dans ce visage soudain illuminé. Qui l’eut cru que son cauchemar se terminerait en moins d’une heure ? Et tout ça avec la finesse d’un homme qui ferait tout pour le bien-être de sa belle. Son sourire se transforma bien rapidement. Elle commença à rire comme jamais, se moquant de la gueule de ces deux lurons. Un rire cynique, diabolique, machiavélique... Bref, un rire d’une profonde moquerie envers deux hommes qui, un soir, avait décidé de jouer contre les lois avec une femme qui ne leur avait jamais adressé la parole. Certes, dans ce monde de criminels, ils avaient mérité cette fin tragique... Voyons, la chose n’est même tragique ! Une fin fatale issue d’un événement antérieur. Le crime de l’Hybris dans sa splendeur: ils s’étaient cru au-dessus des lois, mais ils avaient fini par tout perdre, même leur vie. Elizabeth aurait désiré voir leur regard agonisant, voir défiler leur âme et leur vie qui leur passa sous la main. Un appétit qui ne serait comblé que par de potentielles images télévisuelles. Mais les vraies, les plus révélantes proviendraient du regard de Martin, ce même Martin qui les avait vu souffrir avec un produit raffiné. Une pure merveille de la torture qui entraîne la mort.

Elle le pointa du doigt, ayant l’air de dire : « Toi ! mon espèce ! ». Puis, s’avança doucement vers lui en riant profondément de ces deux vies retirées à deux corps dépouillés de tout sens moral et éthique. Elle finit par arriver à sa hauteur, toujours avec la même attitude.

« Toi là, mon espèce de grand fou. Plus jamais tu me refais le coup de la fuite sans m’avertir de ton projet. Et puis, la prochaine fois, tu m’emmènes ? lui demanda-t-elle avec un clin d’oeil. Approche ! »

Elle donnait la raclée de sa vie en l’embrassant avec toute la passion, toute la fougue et toute la reconnaissance qu’elle avait. Plus jamais elle devait craindre qu’ils refassent surface un jour ou l’autre. Elle pourrait balader librement en ville sans espérer que l’un ne surgisse, la prenne à part et lui refasse le coup. Elizabeth lui sauta carrément dessus, enroula ses jambes autour de la taille du médecin. Elle était prise d’une extase jamais éprouvé auparavant, d’une joie intense incomparable. Un sentiment de vive liberté et d’indépendance ; plus de comptes à rendre à personne. Il n’y avait qu’elle et Martin.

De ce fait, elle reposa ses pieds sur le sol et tira Carter par son collet. Impression de déjà vu ? Enfin, toujours est-il qu’elle enchaîna quelques pas vers l’arrière avant de l’obliger à s’allonger avec elle brusquement sur le sol. Une commande dont elle ne négligea pas le recours à la force. D’abord lui par-dessus elle, elle renversa les rôles, se retrouva au-dessus de lui. Leur baiser les souda pendant toute la manoeuvre. Au bout d’un moment, à bout de souffle, la jeune femme releva quelque peu la tête, admirant le regard enfin heureux et blanc d’un nouveau départ avec leurs démons jetés aux poubelles. Elle lui caressa le visage avec tendresse et délicatesse, s’appliquant avec une précision enfantine de lui dessiner chaque trait. Elle sourit à son exécution. Amoureuse et épanouie, voilà ce qu’elle était.

« Enfin j’aperçois la légèreté de ton âme. Enfin j’aperçois ton bonheur le plus complet. »

Elizabeth l’embrassa à nouveau.

L’idée de lui prouver son amour lui revint à l’esprit. Il l’avait fait, il avait été honnête. C’était maintenant à son tour d’y passer. Un moment, elle réfléchit à la chose à dire, au geste possible dans la situation. Or, elle en vint à oublier cette réflexion... Ils replongèrent dans un partage de leur amour, saupoudré de caresses, de baisers çà et là partout sur le corps de l’autre. Une sensualité qui réchauffait plus que le feu et qui envenimait et enflammait leur amour et leur passion. Au bout d’un moment, alors que Martin avait de nouveau retrouvé sa place par-dessus l’espionne, elle stoppa brusquement (à nouveau ?) leur baiser. Non, cette fois-ci, il n’avait pas à prendre un air interrogateur. L’heure n’était pas au dévoilement d’une immense vérité qui ferait mal. Elle le regarda avec le sourire, ses yeux rayonnants d’une énergie nouvelle.

« Épouse-moi, Martin Carter, épouse-moi ! »

Les rôles inversés dans cette proposition, n’était-ce pas là la preuve de la détermination et de l’indépendance de cette espionne nommée Elizabeth Levy ?
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Lun 12 Oct - 3:22

« Moi? Un médecin et un homme de sciences, tuer des gens? Non, bien sûr que non. Je peux t’assurer que c’est ce savant fou, Meric Tarrant, jamais je n’emploierais une pareille substance en guise de moyen offensif, ne soyons pas ridicules. »

Dit le médecin en feignant de ne pas savoir exactement à qui sa belle faisait référence. Évidemment qu’il les avait tué, quoi d’autre? Et d’un point de vue tout médical, en tant que médecin, il devait aider sa patiente à se défaire de ses démons… Et en supprimer la forme physique s’il y avait lieu était un moyen comme un autre. Même si on le passait au détecteur de vérité, il n’y aurait aucun moyen de prouver qu’il avait effectivement commit ces deux meurtres : on est professionnel ou on ne l’est pas. Il l’écouta parler et se laissa faire, se joignant à elle dans ce nouvel épisode de leur amour, ne voyant aucune raison logique ou valable de résister d’une quelconque façon.

Quand ultimement sa belle reprit la parole, il afficha un air songeur, réfléchissant aux implications éthiques et autres d’une telle demande et de ce qu’une réponse affirmative engendrerait. Même s’il était amoureux fou de cette femme, il était hors de question d’agir de façon inconsidérée! Cela aurait été très peu Carter!


« T’épouser… Pourquoi pas. Mais au palais de justice alors. Étant athée moi-même, je n’ai ni l’envie ni ne voit l’intérêt de ces idiots de jurer devant dieu et compagnie… Tu diras que cela tues le romantisme mais bon… À chacun ses convictions, je suis certain que tu peux comprendre et respecter la chose. »

Fit savoir le médecin chef en souriant. En fait, à bien y penser, cela tuait le romantisme dans une vision classique de la chose. Ceci dit, le couple Carter/Lévy était tout sauf classique : il était davantage placé sous le signe de l’adaptabilité et de l’intense, les deux protagonistes étant capables de s’adapter à tout pour sauvegarder leur amour qui était à tout le moins ardent. Si ces deux là n’avaient pas été limités par leur mortalité et leur espérance de vie relativement faible, il aurait fallut plus que des millénaires pour que l’ennui s’installe dans leur couple… Encore là, Martin doutait fort que l’ennui ose même un jour pointer le bout de son vilain nez dans leur couple…

D’un autre côté, cela n’excluait pas certains différents entre lui et sa belle. C’était après tout ce qui définissait les êtres humains, le fait qu’ils ne soient pas tous fait sur le même moule. D’une certaine manière, cela avait de quoi horrifier que de penser à un monde où tous seraient identiques en tout point. Le médecin chef se surprit à laisser échapper un léger éclat de rire : Il avait sur son ordinateur un vieux jeu datant des années 2000 où justement un génie du mal mégalomane avait créé un rayon qui rendait en tout point identique tous les habitants de la planète terre… Non, il resterait différent d’Elizabeth et c’était ça le meilleur. Martin n’avait jamais comprit les couples qui tenaient tant à être parfaitement identiques… De son point de vue, c’était complètement contrenature…

Mais bon, encore une fois son esprit avait tendance à vagabonder. La question n’était pas de craindre qu’une certaine mesure de conformisme ne vienne se mêler de son couple, c’était plutôt de répondre catégoriquement à la question d’Elizabeth : il avait dit ce qu’il voulait, pas ce qu’il ferait et c’était là une différence aussi majeure que marquée. Cela laissait sous-entendre ce qu’il pourrait dire et non ce qu’il avait dit au fond…


« Je ne vois pas de raison logique ou valable de dire non donc par élimination c’est oui. Et puis du reste, ce serait complètement stupide de dire non alors que tout semble conspirer pour que l’on finisse ensemble. En fait, je citerais bien Paulo Coelho qui dans son livre l’Alchimiste faisait dire ceci à un de ses personnages : Et quand tu veux quelque chose, tout l’Univers conspire à te permettre de réaliser ton désir. »

Recommençant à embrasser sa belle, il se livra à un jeu de caresses et de stimulations diverses sans jamais en venir aux grands actes. Pourquoi presser les choses alors qu’il y avait d l’amour à vivre et des émotions à exprimer? Le monde moderne avait cette fâcheuse tendance de tout précipiter et de sauter des étapes pour arriver plus rapidement à une fin… Non, il fallait savoir faire les choses dans les règles de l’art avec tout le tact, le doigté et la diplomatie que cela pouvait demander. Là où un couple « moderne » aurait simplement fait l’amour, Martin y alla de petites provocations et de préliminaires passionnés qui, mine de rien, durèrent des heures. Oh oui, il amena son aimée plusieurs fois sur les rivages bénis de la contrée des plaisirs de la chair sans jamais toutefois la pénétrer. Non, il y avait tant à vivre, ressentir et expérimenter… Le monde actuel finirait par disparaître de lui-même à toujours aller plus vite : à un certain moment, il disparaitrait dans le grand flou qu’il créerait à bouger trop vite… La vie devait être savourée et non pas engloutie : l’espérance de vie toute relative d’un être était tout sauf une justification valable pour expliquer de tels actes et de tels comportements.

Où était passé le romantisme et la poésie dans les couples? Disparu au profit des « petites vites » et de ces amours insipides d’un soir. Le sexe avait remplacé l’amour et les actes machinaux et les cris et gémissements de plaisir faussement exagérés la pureté de l’expression des vrais sentiments. Pire encore : le culte du paraître avait définitivement supplanté la vraie valeur de la beauté intérieure et Martin se souvenait avoir eu des patientes qui avait un buste si artificiellement augmenté qu’il avait fallut les retirer du service actif d’espionnage. Il fallait séparer séduction de discrétion dans une certaine mesure mais quand même… Il se souvenait, quand ses parents travaillaient dans le privé, de les avoir vu accepter d’opérer une patiente pour une augmentation mammaire qui aurait pratiquement pu donner des complexes à une montgolfière… Non, le domaine privé et la folie des gens ne faisait pas de bien à l’amour et ses arcanes et c’en était profondément désolant. Mais bon, Martin savait au fond de lui qu’il appartenait à une classe de personnes sur le déclin : avait un peu de chance, leur enfant futur, à Elizabeth et à lui, ne serait pas infecté par la folie moderne… Et il espérait de tout cœur qu’il saurait le préserver de cette virulente contamination que les mass media pouvaient avoir en termes de transmission de leurs valeurs artificielles…

Encore une fois, il s’écartait du sujet en cours : faire plaisir à sa belle. La transporter plus loin que le septième ciel, plus haut et plus loin encore que même Dieu avait même été. Là où seuls les dieux des religions polythéistes dans leur amour parfois ardent les avaient amenés : Aphrodite et ses nombreux amants, Zeus et ses nombreuses conquêtes et ce tout panthéon confondu évidemment : l’amour qu’il lui prodiguait tout comme le plaisir était de qualité divine à tout le moins, voire plus, beaucoup plus…
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Mar 13 Oct - 5:20

Elizabeth ouvrit les yeux, découvrant une chambre illuminée par les rayons chauds du soleil. Après leurs ébats, ils étaient montés à l’étage et s’étaient endormis immédiatement enlacés l’un dans l’autre. Elle tourna sa tête pour constater qu’il était neuf heures trente du matin sur son radio-réveil. Et puis, tant pis ! qu’ils fassent la grasse matinée. Ils avaient congé pour encore deux semaines. Leur patron leur avait donné ce délai pour s’installer confortablement. Il faudrait peut-être songer à l’inviter à un souper pour le remercier ! Bon, déjà les idées d’hôtesse de l’espionne germait dans son esprit. Évidemment, elle étira un sourire amusé à cette pensée.

Puis, elle se tourna vers Carter, l’oeil toujours fermé, dormant comme un bon vrai bébé. Sommeil dur qu’il fallait dissiper avec délicatesse. Comme le prince charmant avec Blanche-Neige ou encore Aurore, dans la belle au bois-dormant, elle déposa un baiser sur ses lèvres, tirant du repos le médecin qui répondit aussitôt. Ils échangèrent un bon matin bien ponctuel avant de s’admirer les prunelles sans rien se dire.

« J’ai une idée ! La journée est belle, pourquoi ne pas en profiter en allant prendre une marche ? »

Certes, cette idée semblait les enchanter tous les deux.

De ce fait, ils s’attelèrent aussitôt à descendre pour déjeuner, des rôties, des fruits, du jus d’orange. Quoi de mieux pour commencer la journée. Quant à Elizabeth, elle se prépara un cappuccino à la vanille française. Habitude qui amusa son amoureux. Devant son sourire, elle rit et lui volant un baiser avant de monter à l’étage pour se préparer. Un jean, un chandail blanc à manche longues couronné d’un foulard bleu turquoise. Une tenue décontractée pour une journée relaxe. Fin prête après avoir englouti son cappuccino, elle descendit au rez-de-chaussée. Elle sortit derrière, à l’extérieur pour observer la température : tempérée, quelque peu venteuse, bref, une belle journée d’automne pas trop chaude, pas trop froide. Retournant à l’intérieur, elle croisa le médecin qui descendait.

« Tu es rendu poupoune, Martin ? » blagua-t-elle en décochant un clin d’oeil.

Certes, elle avait réduit ses artifices au maximum : mascara et une ligne de crayon noire pour dessiner ses yeux qu’elle ne négligeait jamais de mettre en valeur. Elle se dirigea vers l’entrée de la maison, sortir du placard un petit manteau qui allait la maintenir au chaud, un manteau de cuir noir qui lui avait coûté une petite fortune, mais qui en avait valu la peine. Un cadeau à se faire soi-même, ça ne fait pas de mal à personne. Elle prit même la peine de sortir celui de Carter en le tendant avec le sourire. Un couple apparemment heureux qui partageait une communion hors de l’ordinaire. Ils enfilèrent leurs chaussures puis sortir finalement. L’horloge du vestibule indiquait onze heures.

Ils obliquèrent dans des rues pour découvrir plus amplement le quartier avant de se sortir des quartiers résidentiels, mais tout en restant sur des rues banlieusardes. Ils discutèrent de tout et de rien, planifiant quelques éléments pour leur union prochaine. Elizabeth lui demanda au moins si elle pouvait porter une robe blanche, mais très simple, sans traîne ni gros froufrous. Elle-même n’aimait pas s’afficher dans une robe gâteau. Ils songèrent à inviter le boss comme témoin, et cetera. Puis, leur conversation convergea vers la maison. Allaient-ils peindre quelques pièces ? Opter pour un look contemporain ou classique ? Bref, des questions qu’ils développèrent, leurs réponses n’intéressant pas le présent lecteur. Ils croisèrent quelques couples qui se tenaient la main que pour les apparences, ils se disputaient en fait à voix basse. Ils ne lançaient qu’un petit bonjour dépourvu de sincérité avant de poursuivre leur chemin. Désormais, ici, ils vivraient un peu à l’écart des bruits des armes et des combats entre les différentes organisations criminelles.

Ils traversèrent un parc et tombèrent nez à nez avec deux policiers qui surveillaient le secteur. Ils échangèrent également un salut bien sympathique. Ceux-là, par contre, n’avaient pas l’air de feindre leur politesse. Les agents de la paix les abordèrent, le couple leur indiquant qu’ils venaient d’emménager la veille.

« Le quartier est bien tranquille, dit l’un d’eux. Il y a une bonne surveillance de quartier, vous n’avez à craindre qu’on entre par infraction. C’est assez bien contrôlé. »

Les amoureux avaient manifestement la mine ravie; ils vivraient leur amour dans une tranquillité qu’ils auraient hâte de retrouver après le boulot en ville. Ils se laissèrent après quelques minutes de discussion pour poursuivre leur promenade. Ils remarquèrent des enfants qui s’amusaient dans les structures de bois. Un jour, ils amèneraient le leur. Ils se regardèrent en même temps: tous deux connaissaient la pensée de l’autre. Une connexion qui n’était plus à prouver à quiconque. Ils sortirent finalement du parc et continuèrent à déambuler sur les trottoirs.

Au bout d’un moment, une voiture de police défila dans la rue à une vitesse normale. Les deux hommes semblaient vérifier que rien ne sortait de l’ordinaire sur cette rue paisible. Ils tournèrent le coin et disparurent. Or, par pour longtemps...

En effet, aussitôt que le couple tournèrent dans la même direction au coin de la rue, les deux policiers qu’ils avaient rencontrés plus tôt se tenait là. Leur gentillesse semblait avoir disparu.

« Elizabeth Levy... Tiens, tiens. Comme on se retrouve... lança un policier. »

Elizabeth les reconnut tout de suite. Ils étaient parmi les policiers en service le jour où elle était entrée au service de police pour prendre son travail. Mais même s’ils n’avaient pas été là ce jour-là, elle était persuadée que sa photo avait fait le tour des employés pour la reconnaître et la surveiller constamment si jamais elle dénonçait les deux nigauds. Qui plus est, si elle avouait son viol à la police, aucun d’eux ne prendrait en considération sa plainte. À leur tour, ils pourraient la prendre et lui faire subir la chose une seconde fois pour la faire taire à nouveau.

Rapidement, elle serra plus fermement son emprise sur la main de Carter tout en se rapprochant davantage de lui.

« Qu’est-ce que vous voulez ? demanda-t-elle. Laissez-nous tranquille. »

Ils la jaugèrent avant de pouffer de rire. Elle osa leur tenir tête ? Qui plus est, elle se montrait forte alors que, selon leur souvenir, elle se serait à peine défendue.

« - Pis toi, le pitre, dit-il en s’adressant à Martin, tu penses faire quoi avec elle ? Tu penses vraiment qu’elle t’aime ?! On sait tous ce qu’elle a fait de son corps, Ataxia entière le sait. Ce n’est pas un secret pour personne...
- Laissez Martin tranquille, tous les deux, renchérit l’espionne.
- Tiens, on aime maintenant ? C’est nouveau ça ! Et qu'en est-il de ça ? »


Aussitôt, il brandit une bague de fiançailles. Elizabeth se raidit immédiatement.

« - Où as-tu trouvé ça, Jason ?
- Mais là où tu l’as laissé, chérie... Sur ma table de chevet.
- Je croyais l’avoir jeté à l’eau...
- Apparemment, non. »


Visiblement troublée, l’espionne ne savait plus quoi dire. Honnêtement, elle avait complètement oublié cette partie de sa sombre histoire de vices, d’alcool et de sexe. Elle prit un temps avant de se ressaisir, mais la jeune femme sentait déjà que Martin bouillonnait à l’intérieur. Elle s’empressa de lui expliquer.

« - Écoute, Martin, il m’a saoûlé et le lendemain, j’étais chez lui avec une cette bague au doigt. J’ignore ce qui s’est passé et...
- Et puis, ce n’est pas tout ! coupa l’autre policier, Louis. On a retrouvé deux de nos collègues morts. Coïncidence, ce sont les mêmes qui se sont servis de toi les premiers... »


Tout ça, en apparence, la dépassait. Elle approuvait la réaction de Martin de les avoir assassiner avec raffinements. Elizabeth jeta néanmoins un regard vers son amoureux. Elle savait qu’il pouvait exploser à tout moment. Il suffisait seulement qu’il se décide...
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Mer 14 Oct - 6:25

Martin avait été formé, en tant que médecin, à ne jamais montre d’émotions plus que nécessaire. Oh il n’était pas parfait : il avait ses sautes d’humeur comme tout le monde. Cependant, il était suffisamment intelligent pour savoir que ce que ces deux hommes cherchaient à faire relevait purement et simplement de la provocation. La vérité, si besoin supplémentaire était, il l’obtiendrait d’Elizabeth. Il y avait un détail qu’Elizabeth ignorait qui justifiait qu’il ait prit plus de temps à se préparer. Martin était sortit armé. De menues recherches lui avait permit de savoir quelles forces de police initialement impliquée dans le passé de sa belle et où elles étaient actuellement déployées… Et il savait qui était dans son secteur. Si c’était des ennuis que ces hommes voulaient… Ils en auraient pour leur argent.

« Elizabeth… Je suis… Scandalisé. Pendant tout ce temps où nous avons été ensembles tu ne m’as jamais parlé de ces hommes! Quand je pense à une telle chose… Et ce que j’aurais pu faire ayant eu connaissance de ces faits… »

Bingo. Cela fit rire les imbéciles. Martin l’avait prévu. Ils abaissaient leur garde. Ils se laissaient prendre à son jeu. Les idiots. Le croire furieux contre Elizabeth. Mettre de la foi en ces hommes… Le ton mesuré et posé de Carter, bien que froid donnait par contre le ton à l’espionne. Elle savait de quoi son homme était capable. Elle savait jusqu’où il pouvait aller. Elle savait les horreurs qu’il pouvait perpétrer… Même si on l’avait forcé à le faire. Et pourtant, pourtant, n’avait-il pas lui-même fait usage d’une de ces horreurs sur deux hommes la veille? Martin Carter pouvait et était souvent une énigme, même pour l’élue de son cœur… Et là, qui sait de quoi il était capable pour défendre l’honneur de sa belle… Elle devait se douter de quelque chose. C’était évident. Le non verbal de Carter parlait pour lui. Encore une fois, il fallait le connaître pour pouvoir tirer ce genre de conclusions et oh, chance, Elizabeth connaissait à merveille son homme!

« Je vous remercie infiniment, messieurs les agents de la paix, d’apporter à mes oreilles des pièces de puzzle dont je ne disposais pas. Vraiment. Vous accepterez j’espère un petit quelque chose pour exprimer ma gratitude… Comme je le dis toujours, tout service mérite rétribution et le votre ne fait pas exception, n’est-ce pas? »

L’éclat de la cupidité brilla dans les yeux des policiers. Ici, dans cette rue déserte, personne ne pourrait les voir ou accepter un pot de vin. En fait, à cause justement de sa position, ce devait bien être « l’angle mort » du quartier, là où l’on pouvait faire bien des choses sans être vu ou entendu. Un point que Martin prit bien soin de noter mentalement. Et puis… Lui qui aimait pimenter leur vie de couple par un peu d’action, il pourrait revenir un jour avec Elizabeth pour quelque chose de plus intime. Il avait remarqué qu’avec Elizabeth il pouvait faire en pleine lumière ce que beaucoup faisait dans l’ombre. S’il avait apprit une chose de ses nombreuses promenades avec Elizabeth c’était que l’être humain moyen de ce siècle, si blasé par les choses les plus improbables ne remarquait plus rien… Et il se rappelait non sans une pointe d’amusement la démonstration flagrante qu’il avait faite à Elizabeth : il s’était promené sur une rue bondée en portant un costume de singe et personne n’avait rien remarqué. Métro, autobus, espaces publiques… Rien de rien, le néant. Mais bon, il dérogeait encore une fois de son fil de pensée principal, à savoir, tirer partie de ce coin isolé de leur nouveau quartier. En bon produit d’une éducation élitiste, Martin Carter savait tirer parti de tout, absolument tout… Un vrai marionnettiste. Portant la main à l’intérieur de son manteau comme pour chercher son portefeuille, il la ressortit pour braquer sur le policier tenant la bague son pistolet à aiguilles. Ce dernier ouvrit des yeux ronds et quand son collègue avança la main pour se saisir de son arme, Martin lui envoya un projectile dans la main avant de remettre en joue sa première cible. Le mouvement fut excessivement rapide et cela laisserait impressionné même un tireur professionnel. Le policier qui s’était prit un des dards de Martin regarda sa main avec stupéfaction, incapable de remuer ne serait-ce qu’un doigt. De sa voix de médecin, Carter reprit la parole comme s’il posait un diagnostic de routine sur un patient venu le voir.

« Ce poison paralysant est excessivement efficace. Dans moins de deux minutes, tous les muscles que tu peux contrôler donc qui exception faite des muscles qui fonctionnent d’eux même, seront complètement paralysés. À moins d’avoir une constitution exceptionnelle, tu seras paralysé pour vingt-quatre heures. Une seconde dose te serait évidemment fatale, il va de soi. Quand à toi, le petit malin, si tu tentes quoi que ce soit, c’est entre les deux yeux que tu vas te le prendre ce dard. Et avec la vitesse à laquelle ces projectiles sortent du canon de mon arme, tu ne veux pas te le prendre à cet endroit. Vous voulez qu’on s’amuse à s’humilier mutuellement, vous avec le passé de ma petite amie, ce qui implique que c’est moi qui me chargerai de vous? Soit. Mais vous allez jouer perdant comme vos collègues qui jusqu’à ce que l’on se rencontre hier vivaient encore. »

Le policier à la bague, plus imbécile que le médecin ne le croyait, lança la bague au visage de Martin, ce qui lui fit perdre sa cible un instant avant qu’il ne la reprenne… Pour se trouver à regarder un canon d’arme à feu lui aussi. Le policier corrompu lui fit savoir que s’il ne soignait pas immédiatement son partenaire, il le tuerait. D’une poussée sur un bouton de son arme, le sélecteur de projectiles, Martin resserra sa prise sur son arme avant d’éclater de rire et de répondre à la menace de l’autre.

« Voici ce qui va se passer en réalité : Je vais te mettre un dard explosif dans la medulla oblongata, ton bulbe rachidien si tu préfères, qui se situe à la base de ton cerveau, directement au travers un point situé entre ta lèvre supérieure et la base de ton nez. Tout ce qui se trouve sous ce point sera complètement mort après un tir pareil. En fait… Tu seras carrément mort. Tu ne feras même pas un soubresaut. Incroyable, n’est-ce pas? »

Martin se rendit vite compte que cet homme était un pleutre de la pire espèce : prenant la fuite sans même tirer un coup de feu et abandonnant son partenaire, il partit à la course le plus rapidement que ses jambes daignaient bien le porter et bien que Martin eut pu facilement l’abattre… Il se pencha pour ramasser l’arme du policier véreux à terre et la tendit à Elizabeth, crosse en avant. Manifestement le médecin avait quelque chose en tête… Et cela n’impliquait pas des fleurs et des ballons.

« Bon et bien puisqu’ils gâchent mon projet d’élimination des policiers véreux pouvant en avoir après toi, autant te mettre au parfum : je comptais faire un certain… Ménage dans les forces de police impliquées directement ou indirectement dans ton viol. On va commencer par ces deux là et pour le reste on verra. À toi l’honneur de lui porter le coup fatal, à cette mauviette qui fuit… À cette distance tu as neuf chances sur dix de le toucher… »
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Mer 14 Oct - 20:39

Tout se produisit à une vitesse qui échappa à l’espionne. D’abord l’éclair de génie de Martin puis ce qu’il mit à exécution... Un moment, elle crut que c’était le détenteur de la bague qui avait été touché par le dard, mais l’instant de lucidité qu’elle eut lui fit remarquer que c’était son acolyte, Louis, qui reçut le coup. Visiblement songeuse, elle sembla vouloir comprendre ce qui venait de se passer, mais également ce qui s’était passé ce soir et cette nuit-là où elle avait pu prononcer involontairement des voeux de mariage. Mais rien. C’était le néant total. Ce « blackout » la rendit perplexe dans la mesure où elle considéra et dévisagea l’arme que lui tendait Carter pour qu’elle reprenne sa revanche ou peu importe comment le geste se nommait. Elle battit plusieurs fois des paupières avant d’ordonner à sa main de s’en emparer. Elle dirigea finalement l’arme vers le protagoniste qui s’échappait. Il était toujours à une distance raisonnable pour l’atteindre convenablement.

Or, il fallait savoir qu’Elizabeth ne tirait que si elle possédait de bonnes raisons, un bon mobile pour le faire. Bien sûr, elle ne négligeait pas le cas de la légitime défense. Mais une voix intérieure lui hurlait de tirer, d’appuyer sur la détente, de laisser le projectile l’atteindre sans tarder. Elle lui rappelait également qu’elle était une criminelle et qu’elle avait toutes les raisons possibles de l’achever. Certes, l’arme, elle le manipulait avec aisance malgré le peu de fois où elle en a vu de la fumée s’en échapper. Après tout, elle restait une espionne et non une tueuse à gage. Là était la nuance. À la Schya, on pouvait se vanter de son tableau de chasse, mais quant à elle, elle vantait ses atouts qui rendaient grâce à sa finesse d’agir et sa subtilité d’extirper une vie à une personne. Mais se vanter comme ça n’était pas sa tasse de thé.

Enfin, trêve de discours. La jeune femme secoua vivement sa tête, ses yeux embrouillés redevant clairs, plus clairs que jamais. Une pointe de furie illumina son regard teinté d’une rougeur à glacer le sang. Sans attendre une seconde plus, elle tira un coup parfait, assenant ce policier sans une once de pitié. Elle abaissa l’arme un peu et contempla le résultat de son tir. Il s’était effondré sur ses genoux avant de tomber par devant pour s’allonger sur le sol, une main sur son coeur comme s’il avait senti qu’on le lui avait arraché. Une mare de sang foncé formait à présent un cercle, la source se trouvait dans le dos du côté gauche, permettant ainsi au projectile d’atteindre le coeur en un seul tir. Une précision parfaite qui, d’ordinaire, aurait nécessité des années de pratique. Un tel coup ne se perfectionne pas d’un seul tir dans toute sa vie, mais de plusieurs années de pratique. Or, Elizabeth avait réussi haut la main et ne pouvait faire autrement que d’être fière d’elle-même. Mais cette fierté ne s’affichait pas dans ses pupilles. Elle restait muette, comme si elle désirait encore et voir la mort venir chercher cette âme. Et pourquoi pas Hadès lui-même ? Ce Dieu de l’enfer accompagné de son meilleur ami canin, Cerbère, gardien même des portes de ce royaume squelettique, tenant la dragée haute de cet autodafé.

Au bout d’un moment, elle releva rapidement l’arme et s’avança vers le cadavre inerte. Elle tira un autre coup, puis deux, puis quatre, puis six... Encore plus de sang s’écoula. Son intention ? le voir blêmir devant cette carence évidente de ce sang pourri et venimeux, fut-il un jour. Puis, elle tourna sa tête vers l’autre policier qui était resté par terre. À nouveau, elle se précipita à sa rencontre et appuya sur la détente pour l’assassiner lui aussi. Sans peur, ni gêne, ni même de remords. Tuer pour anéantir ses démons ambulants toujours en liberté dans cette ville.

« Mon âme réside en Ataxia, vous le possédez tous. Je quitte Ataxia et je meurs. Ma vie est ici, peu importe. Vous m’avez réduite à la merci d’une ville qui pue et s’effrite de déchéance. »

Puis, un dernier tir et l’arme était vide. Enfin, c’était peut-être temps. Encore une fois, Elizabeth resta fascinée par la mare de sang qui peinturait le sol d’un rouge écarlate à la limite visqueux. Elle laissa tomber le fusil qui fit éclaboussé l’hémoglobine. Son jean fut empreint de cette couleur. Démente, délirante, l’espionne vivait selon des convictions et une symbolique des choses qui échappait à la plupart. Elle s’accroupit par terre et contempla le sang, ensorcelée par sa couleur attrayante et jouissive. Imaginez : vous voyez le contenu des veines de vos agresseurs, de ceux qui vous ont retiré toute votre vie, toute votre âme. L’envie de vous y baigner vous fait hésiter à y plonger. Cependant, la jeune femme passa une main qui fut couverte entièrement. Elle effleura ensuite sa joue et essuya le surplus sur son pantalon. Au bout d’un moment de silence déconcertant et déroutant, elle se releva sans même lever un regard vers Martin. Ses iris étaient toujours clouées à cette image euphorique, signe de son début de renaissance.

« Un jour, ma grand-mère m’a raconté qu’elle avait vu une pièce de théâtre où tout ceux qui avait vu et connu la mort, ou même s’il en était la cause d’un de leur proche, ils s’étaient tous peinturé une partie de leur corps, bien souvent le visage pour la vue de cette fin, en rouge. De même que, ce même rouge signifie la naissance de l’un d’eux dans la pièce, le personnage principal en fait. De ce fait, dans mon cas à moi, j’ai vu et provoqué la mort de deux personnes. De la même façon que je renais à travers ces décès. Tu vois, je dois avoir une raison pour anéantir quelqu’un. Aujourd’hui, j’en avais deux : éteindre un passé houleux et allumer un avenir prometteur dans lequel j’aurai les yeux ouverts sur les merveilles qui m’arriveront. »

Puis, elle regarda Martin pour la première fois depuis ses assassinats. Elle s’approcha de lui, son regard plus intense et rayonnant que jamais.

« Rentrons à la maison. Les gens vont me prendre pour une dingue ainsi outré. Mon but n’est pas de les porter à la peur, mais de leur montrer ma fierté d’aimer un homme que j’aime que je vais épouser prochainement. Leur montrer une femme libre et en possession d’une âme qu’elle a récupéré au profit de la mort de ceux qui me l’ont volé. Cette nuit-là, il n’y a pas eu deux hommes qui m’ont violé, mais tous les employés du service de police. Et quant à celui qui m’a saoûlé pour me tirer devant un juge pour nous unir alors que je n’en avais aucunement conscience, il a marié la mort et non la longévité. »

Sur ce, Elizabeth retourna rapidement au corps et chercha la bague qui avait atterri non loin autour. Elle s’en empara, la contempla un moment avant de revint au médecin. Elle chercha une bouche égout et s’y dirigea prestement. Elle enfonça l’anneau dans le trou et revint à Carter en lui prenant la main.

« Cette bague se noiera dans les déchets humains, c’était là le châtiment qu’elle méritait après tout l’engagement funeste qu’elle a couronné. »
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Martin Carter
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Dim 18 Oct - 4:40

« Au risque de… Te causer du tort par mes paroles, ma douce et tendre… Avec tout le respect que j’ai pour toi et l’Admiration que je peux avoir pour ta connaissance de la symbolique… Moi le premier je trouve que ce que tu viens de faire complètement dingue. Absurde même, pour ne pas dire stupide. Te mettre en plein visage un sang potentiellement contaminé… D’un point de vue strictement professionnel, il y a de bien meilleure manières de chercher à se rendre malade ou courir après les ennuis! »

Fit savoir Martin d’un ton choqué. Mais qu’est-ce qui lui prenait bon sang? Il y avait toujours des limites à vouloir mettre un peu de poésie dans son existence! Que sa belle ait tué, il s’en moquait. Pour la bague, il s’en contrefichait. Cependant… Elle ne pouvait ni ne pourrait lui faire accepter favorablement un coup pareil. Quand même, il fallait rester sain d’esprit même dans les situations faisant appel à de fortes doses de sentiments! Oui, en un sens, ce n’était pas à lui de juger des actions d’Elizabeth… Mais d’un autre côté, il ne pouvait pas se montrer favorable à ce genre de pratiques. Elle lui sortirait quoi la prochaine fois? Manger le cœur pour le courage? Les yeux pour ce que son ennemi vaincu avait vu? Le cerveau pour les connaissances? Car oui, ce qu’elle venait de faire ressemblait terriblement à des rites amérindiens ancestraux! Et Carter avait beau être ouvert d’esprit à toutes les cultures et coutumes dans la limite du raisonnable mais…

« Ta métaphore de la bague, en revanche, et de son destin, est fort intéressante, de cela je dois bien te le concéder. Cependant, rends toi service et rends nous service en tant que couple : ne refais plus une… Je serais porter à dire une belle connerie mais je dirai plutôt une bizarrerie, une excentricité si tu préfères. Il y a bien des choses que je suis prêt à faire pour toi mais il ne faut pas abuser non plus. Et en toute franchise, je ne comprends pas comment tu as pu penser ne serait-ce une seule seconde que j’approuverais une telle chose. Tu me connais pourtant bien mieux que cela. Qui plus est, je trouve absolument inadmissible ta tendance marquée pour l’overkill dans le acas qui vient de se asse, c’est à dire la tendance à infliger plus de coups que nécessaires à un individu donnée. Ressaisis toi Elie, nous sommes des professionnels, pas de vulgaires êtres assoiffés de revanche et à cela j’ajouterais que nous sommes amants des solution pacifiques ce qui fait que…»

Le médecin chef s’interrompit quand il entendit dans le lointain des sirènes de police. Les coups de feu n’étaient pas passés inaperçus… Chose certaine, l’excentricité d’Elizabeth allait compliquer les choses : elle avait ajouté son cocktail génétique dans le sang d’une de ses victimes… Heureusement, tous deux portaient des gants à cause de la température allant en descendant, autrement l’arme du crime aurait été source de problème également… Cela allait poser problème, à moins de faire disparaître ce sang. Mettre le feu était trop risqué mais par contre, en utilisant certaines de ses toxines, il pourrait détruire le mal fait par Elizaeth. Oui, cela donnerait aux policiers un message clair qu’un savant fou que l’on croyait disparu avait refait surface et que leur Némésis, William Stryker, pourrait les retrouver mais avait-il vraiment le choix? Pas vraiment au vu des circonstances actuelles. L’avantage n’était pas de leur côté sur celle là…

« Hum… Leur délais de réaction est meilleur que ce que j’avais prévu. Cela nous laisse peu de temps pour mettre les voiles avant que nous ayons de a compagnie. Et de toi à moi, je ne compte pas abattre tous les policiers d’Ataxia dans le seul but de leur empêcher de me mettre la main au collet. La fuite est notre seule porte de sortie… »

Fit savoir le médecin sur un ton plutôt tranquille au vu de la précarité de leur situation. Une erreur de timing et les policiers leur tomberaient dessus sans qu’ils n’y puissent grand-chose… Le mieux était de trouver un endroit pour qu’Elizabeth se nettoie le visage et idéalement là où personne ne les verraient… Et le quartier résidentiel n’offrait pas des masses d’abris. Elizabeth avait eu une idée tellement stupide… Même un gamin ne faisait pas de telles imbécilités! Au fond de lui, Martin était furieux : si Elizabeth ne s’était pas conduit en amateur, ils auraient grandement augmenté leurs chances pour une fuite réussie… Et le premier qui lui sortirait que la vie était une suite de défi ne pourrait plus se servir de sa trachée comme un être humain ordinaire le ferait…

Leur meilleure chance de s’en sortir, au risque de faire passer cela pour un cliché de mauvais film d’action, restait les petites rues du quartier et Martin se surprit à penser avec ironie qu’il ne manquait qu’un égout pour ajouter à l’absurdité de la présente situation. Heureusement pour le petit couple, il n’y avait pas grand monde et personne ne leur porta attention, pour un peu qu’ils auraient pu se rendre compte que l’espionne et le médecin chef venaient de passer près d’eux. Les recherches seraient lancées sous peu et Martin tenait à mettre une distance respectable entre lui et les policiers tout en gardant le cap sur son domicile. À défaut de trouver une bonne cachette en ville, autant se replier sur un terrain moins hostile et moins dangereux…

Avisant un dépanneur, il entra acheter un paquet de mouchoirs de poche, une bouteille d’eau et un sac de noix assorties, ayant l’air au fond d’un simple promeneur venu se sustenter avant de reprendre son exercice physique. Tirant par la manche avec moins de délicatesse qu’il ne l’aurait voulu Elizabeth dans une ruelle proche, il lui tendit eau et mouchoirs pour qu’elle se nettoie le visage. Décidant qu’il serait plus sage de garder ses pensées assassines pour lui, Martin faisait le guet, feignant d’attacher son lacet, attendant qu’Elizabeth en finisse avec son nettoyage de fortune. Il espérait qu’elle aurait la présence d’esprit de disposer des mouchoirs dans la mouche d’égout se trouvant à proximité d’elle… Avant de se sermonner lui-même pour un jugement si dur à l’encontre d’Elizabeth. Oui, elle avait fait une belle connerie mais bon, à la base elle n’avait probablement pas voulu mal faire… Ce n’était pas son genre.


¤Se montrer dur n’amènera à rien de positif dans la situation actuelle. Mieux vaut rentrer et ensuite régler ses comptes à la maison. À quoi bon faire une scène ici, cela attirerait bien trop l’attention… Attention que justement je cherche à éviter le plus possible…¤

Un bruit lui fit tourner la tête et toute couleur déserta son visage. Oui… Ce bruit là était celui d’un hélicoptère, très probablement de la police de surcroit. Avec une Elizabeth moins visible, il serait possible de retourner en douce à la maison mais cependant, auraient-ils l’air assez… Naturels? C’était le problème des criminels professionnels : oublier ce que c’est que d’être parfaitement normal, avec son traintrain quotidien et une absente quasi-totale de contraintes ou d’ennuis sérieux, tout le contraire d’une vie passée dans le crime au service d’une des trois grandes organisations… Ironique pourtant dans la mesure où leur professionnalisme devrait être garantie de succès…
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Elizabeth Levy
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Dim 18 Oct - 19:49

Quelqu’un qui ne connaîtrait pas le couple personnellement, mais qui aurait assisté à chaque nouvelle dispute ou revers aurait songé à tort que c’en était terminé pour leur relation. La séparation serait éminente et prochaine. Or, malgré tout ces différends, ils réussissaient tous les deux à les essuyer et passer par-dessus. Chacun possède un passé lourd qui en aurait rebuté plus d’un. Cependant, comme c’est le passé, ils passent par-dessus et ensemble, tente d’oublier. Mais cette fois-ci, la situation avait quelque chose de différent. Selon la personnalité cartésienne et esthétique du médecin dans un cadre professionnel, le comportement d’Elizabeth fasse à la marre de sang et cette empreinte lui était inadmissible, ridicule et absurde. L’espionne avait toujours joué la carte de la symbolique et davantage depuis le début de sa relation avec Martin. Par contre, cette fois-ci, était-elle allée trop loin ? À en juger la réaction de son amoureux, elle se couvrit rapidement de honte... sans pour autant rejeter la symbolique derrière son geste. Seule, elle comprenait le pourquoi de sa propre réaction. Chaque assassinat qu’elle a pu commettre, avec toujours plusieurs raisons valables de le faire, elle y apportait toujours une signature. Un brin de subtilité ou d’extravagance, cela dépendait de chaque cas étudié. La signature changeait à chaque, de sorte qu’elle devenait méconnaissable aux yeux de ceux qui cherchaient à résoudre le meurtre. Et puis, elle agissait avec tant de finesse et d’agilité que sa trace était introuvable. D’autant plus que le peu de personnes qu’elle eut achevées - elle dit elle-même que ses doigts suffisent pour les recenser - il n’y a pas de quoi faire un drame. Et puis, avec tout les meurtres qui se produisent quotidiennement à Ataxia, un de plus ou un de moins, quelle importance cela a ? On abandonne assez rapidement les recherches et les enquêtes que les criminels des différentes organisations peuvent dormir sur leur deux oreilles et noyer dans un profond sommeil clair.

Elizabeth jeta un regard à Martin qui lui faisait dos en nouant son lacet. Elle réfléchit un moment, mais il fut brusquement rompu lorsque l’hélicoptère leur passa au-dessus de la tête... ou du moins, tout juste au-dessus des immeubles entourant la ruelle. Rapidement, elle dévissa le bouchon de la bouteille, l’ouvrit, sortit un mouchoir et l’humecta abondamment pour nettoyer la marque qu’elle s’était faite. Il lui fallu au moins six mouchoirs pour en venir à bout. Elle voyait bien qu’il fallait qu’elle se presse pour rentrer prestement à la maison pour éviter d’être poursuivis comme des bêtes à travers tout Ataxia pour atterrir à la prison. C’était bien la pire pénitence d’un criminel professionnel que de se retrouver entre des barreaux. C’était bien le pire cauchemar et le but qu’aucun d’eux ne cherchaient à atteindre. Et puis, s’il s’agissait vraiment de la police, on accuserait bien rapidement l’espionne d’avoir été en mesure d’avoir tué leurs collègues. Quatre policiers avaient été assassinés dans les dernières vingt-quatre heures, dont trois étroitement liés à la personne d’Elizabeth Levy.

* Je nous ai vraiment mis dans le pétrin... *

Certes, c’était une affirmation. Son obsession d’avoir tiré plus de coups que nécessaire était en soit nouvelle, mais le moment fut mal choisi pour l’exploiter. La situation délicate dans laquelle tous deux se retrouvaient, la jeune femme se mit comme devoir de les sortir de là. Peut-être se mettait-elle une pression sur les épaules, mais elle acceptait tout le poids sur ses épaules, tout comme Atlas, pour rentrer à la maison, là où ils seraient sains et saufs. Pour masquer toutes preuves qu’il pouvait s’agir d’elle, elle mit les mouchoirs dans les égouts puis ses gants. L’un était teinté de sang, alors il était hors de question de se balader qu’avec un. Évidemment, ce serait un peu louche. Puis, elle chercha rapidement une idée pour rentrer sans être remarqué par qui que ce soit, autant civiles que policiers. Faire les amoureux en se tenant la main et en s’embrassant à chaque deux pas ? Non, cela se démarquait du caractère froide et morne des rues. Se disputer comme un couple considéré « normal » aujourd’hui ? Oui, à condition de faire comme le couple qu’ils ont croisé plus tôt, soit de parler à voix basse de leurs problèmes. Mais... non. Pourtant, il devait bien y avoir une solution potentiellement normale qui les ferait fondre dans la masse. Prendre le taxi ? On devait bien arrêter chaque voiture pour les inspecter. Si cela se trouve, le secteur doit être bâclé et ils ratisseraient bientôt le territoire pour interroger, inspecter, etc.

* Là, vraiment, tu touches le fond. Félicitations, Elie ! Que vas-tu faire maintenant ? *

C’était bien la question dont elle trouvait à peine un début de réponse. Puis, par curiosité, elle se précipita à l’entrée de la ruelle. Peut-être qu’une idée germerait dans son esprit ! Enfin, elle fit néanmoins attention pour ne pas être vue par quiconque. Cependant, l’hélicoptère repassa et l’espionne fit comme si de rien n’était, dissimulant toute panique qui pouvait la cataloguer comme personne louche à intercepter. Elle revint tranquillement à Martin lorsqu’elle jugea qu’elle était « hors de danger ». La mine songeuse conséquemment elle ruminait toujours et grattait chaque début d’idée, faisait des liens... Plus vite ils seraient à la maison, plus vite ils pourraient régler leurs problèmes. Par ailleurs, ils cherchaient à ne pas attirer l’attention. C’était là le véritable défi. Or, rien ne les empêchait de provoquer une situation normale pour une promenade, d’être questionné par un policier nouveau dont le visage d’Elizabeth lui serait méconnu et ainsi partir jusqu’à la maison. Mais quoi ?

« Martin, ne pose pas de questions. Fais-moi confiance, je crois avoir une idée. Pardonne-moi d’avance si je te fais du mal... »

Voilà ! l’éclair d’une idée traversa l’esprit d’Elizabeth qui regretta de ne pas y avoir pensé plus tôt. Elle le tira vers la sortie de la ruelle, mais resta néanmoins sur le seuil et vérifia que personne ne les regardait. Elle jeta oeil et il n’y avait étrangement personne qui se promenait, sauf une personne qui venait de tourner le coin pour disparaître dans une artère perpendiculaire. Parfait ! songea-t-elle. Elle considéra Martin un instant, s’excusa une nouvelle et donna un coup de pied à sa cheville droite. Un coup pas trop violent qui ne faisait pas mal au point d’arracher des cris de meurtre, mais un coup de pied juste assez saisissant pour qu’il ressente une maigre douleur qui se dissiperait bien rapidement. Une douleur qui fait mal sur le coup et qu’on oublie après deux minutes. Or, pour ce qui allait suivre, il fallait un peu de réalisme si elle voulait que son plan fonctionne. Peut-être que le médecin allait trouver ça encore ridicule, stupide, absurde, mais au moins, elle aura tenté une approcha qui allait fonctionner.

L’espionne passa le bras droit de son amoureux par-dessus son épaule et elle posa sa main gauche sur la hanche gauche de Carter. Comme s’il s’était réellement foulé la cheville, elle l’informa de ne pas la déposer par terre, qu’ils allaient y aller à son rythme et qu’ils rentreraient bien rapidement à la maison pour en prendre soin. De toute façon, ils avaient parcouru la moitié de la distance qui les séparait de leur demeure. En prenant une nouvelle rue, ils croisèrent un civile qui s’arrêta pour voir si elle avait besoin d’aide. Elle indiqua que non, que de toute façon, ils habitaient tout près. Le bonhomme y cru et continua sa route.

« Bon, si on en a convaincu au moins un, les autres y croiront aussi. Surtout, ne dépose jamais ton pied par terre, » dit-elle tout bas.

Ils croisèrent d’autres personnes qui n’y portèrent aucune attention. Puis, au tournant d’un coin de rue, ils tombèrent nez à nez avec une force de l’ordre légale qui surveillait le coin. C’était le test ultime pour savoir si le plan fonctionne. Ils leur restaient deux, trois rues à faire avant de rentrer. Il fallait pas que le plan foire là, si près du but. D’entrée de jeu, le policier leur demanda si tout allait bien. Elizabeth répondit que son amoureux avait tenté de l’impressionner en courant le plus rapidement possible, mais que son âge l’avait rapidement rattrapé alors qu’il trébucha pour avoir été trop vite et qu’il s’était simplement foulé la cheville gauche. Le mobile était lancé... et le policier le reçut comme une situation qui était vraiment arrivée. Il bafouilla un maigre « ok ! » avant de les questionner : avaient-ils entendu des coups de feu ?

« Hum, des coups de feu ? Hum... non. On a rien entendu. Comme je vous l’ai dit, on était dans un parc non loin d’ici. Je ramène cet athlète retraité à la maison pour le soigner. »

Elle se permit de plaisanter un peu pour détendre l’atmosphère. Le policier, apparemment d’une autre unité plus haut gradée à laquelle on faisait appelle lorsque la simple police ne suffisait pas, acquiesça et les laissa filer sans trop en demander davantage. Il prit seulement l’initiative d’indiquer de mettre de la glace pendant quinze minutes à chaque heure pour désenfler le tout. Le couple le remercia avant de reprendre leur route. Quelques minutes plus tard, ils venaient de verrouiller la porte, enfin rentrés dans la maison. Elizabeth jeta un regard à Martin. Elle savait pertinemment ce qu’il pensait. Ses yeux trahissaient ses pensées. Et tout ce qu’elle sut répondre fut :

« Excuse-moi. »

Puis, l’espionne se dirigea vers la véranda située à l’arrière. Une pleine lumière du jour surplombait la pièce qui était chaude et très ensoleillée. Elle se cala dans un fauteuil, replia ses jambes contre sa poitrine et considéra le paysage de la cour. En silence, elle s’injuriait des bêtises, regrettant d’avoir perdu de l’estime que Carter avait pour elle. Elle se dit à quel point qu’elle était stupide d’avoir fait cela, que d’ordinaire, elle n’aurait jamais « overkillé » qui que ce soit, même un ennemi. Elle ne pouvait même pas trouver une explication à son comportement. Elle ne l’excusait tout simplement pas. Point. Devant ce trop plein d’émotions, de regret, de honte, etc., elle éclata en sanglots silencieux, son regard toujours porté devant elle. Des larmes brûlantes qui creusaient des sillons sur ses joues teintées de honte, d’amertume et de mélancolie. Une infamie et une ignominie de la pire espèce.
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Mar 20 Oct - 5:03

« Tu sais, même les professionnels font des conneries de débutants. Tôt ou tard cela finit par nous arriver. Cela prouve que nous avons encore de quoi faire pour devenir encore meilleur et cela sert à nous rappeler que nous ne sommes pas des êtres infaillibles. Personnellement, faire une gaffe n’est pas pour moi un signe de faiblesse : c’est ce qui nous différencie des machines… »

Fit savoir Martin en sortant rejoindre sa belle. Il tenait dans sa main un verre d’alcool, le supportant très bien de par sa formation intensive en tant que médecin privé (lire médecin criminel, tout médecin opérant dans son domaine se devant de pouvoir supporter les toxines et poisons communs tout comme avoir un système immunitaire en béton). Il en prit une bonne gorgée avant de regarder l’horizon, pour autant que l’on puisse appeler la chose ainsi, avant de reprendre la parole. Quand il devait faire la morale à quelqu’un, il avait souvent recours à l’exemple et cette fois ci ne ferait pas exception.

« Quand j’étais plus jeune et encore en apprentissage dans la clinique où mes parents travaillaient, je me suis trouvé à être l’assistant du docteur Wendell. Un chic type, pour autant qu’un snob perfectionniste puisse l’être et incapable de tolérer la laideur ou la saleté. De façon générale, il ne faisait que des chirurgies esthétiques avec les patients et dans ses temps libres, il travaillait bien souvent avec d’autres spécialistes de la clinique à l’éradication de virus, maladies et autres indésirables plus résistants et tenaces que la moyenne. Il s’est avéré qu’un jour le bon docteur Wendell s’est trompé de pot : il avait concocté une espèce de crème qui avait pour but d’anesthésier les zones où il aurait à opérer et là, à la place, il a prit un pot contenant une sorte de gelée dans laquelle se trouvait en dormance une colonie si on peut appeler la chose ainsi de bactéries dont la réplication impliquait la consommation plutôt vorace de tissus organiques. Je te laisse imaginer le bordel que ça a fait quand les petits monstres ont commencés à bouffer le torse de cette patiente venue se faire refaire les seins… »

Martin marqua une pause et poussa un petit éclat de rire, le genre de rire cynique ou sarcastique qui laisse à celui qui le fait un goût désagréable en bouche. Prenant une nouvelle gorgée d’alcool, il reprit la parole.

« Inutile de dire que le bon docteur Wendell a fuit la scène plus vite qu’un fonctionnaire à cinq heure sonnante, abandonnant sa patiente à son triste sort. On parle quand même d’un professionnel avec plus de trente ans d’expérience! Tout ce que cet idiot aurait eu à faire c’était d’ouvrir son armoire, sortir la bonne fiole et verser le neutralisant sur la zone infectée pour éradiquer le problème : ces petits monstres sont incapables de passer au travers des gants chirurgicaux et s’ils n’ont pas à manger une minute après avoir quitté leur état de dormance, ils meurent. Qui plus est, ce produit ingénieux avait la particularité de « sauter » de bactérie en bactérie jusqu’à éradication complète. Mais je m’éloigne du sujet. Il s’est avéré que c’est moi qui ait du sauver la situation. On parle quand même d’un gosse de treize ans! Si je m’étais gouré de fiole, j’aurais pu y passer avec la patiente… Et cette femme là ce n’était pas n’importe qui, c’était la femme d’un PDG d’entreprise excessivement influent. Inutile de dire que les représailles en cas de décès auraient été terribles… Enfin bref, elle a été soignée, via divers procédés on a effacé de sa mémoire l’incident et la vie a continué. Le docteur Wendell s’est suicidé deux jours plus tard, incapable de supporter son échec et le fait qu’un gamin ait pu sauver la mise face à un expert de son calibre. Son erreur de débutant, de ne pas avoir suivit la règle de base de tout professionnel en médecine, jamais rien laisser trainer, aurait pu causer des centaines de morts : si je n’avais pas immédiatement injecté un sédatif à la patiente, elle aurait pu fuir la clinique et entrer en contact avec d’autres personnes, causant une réaction en chaîne. »

Il alla s’asseoir à côté de son aimée avant de poursuivre son récit, plutôt le terminer et faire le parallèle avec Elizabeth et la gaffe de cet après-midi.

« Tu n’as pas trente ans d’expérience comme le docteur Wendell et ta gaffe nous aurait envoyé en prison. Peut être à la mort mais c’eut alors été deux morts. Pas des centaines. Sur le moment ta gaffe à toi état très grave. Mais tu as su tout comme moi improviser pour que l’on s’en sorte. Je dois avouer que le fait que tu m’aies déclaré vieux alors que je ne suis même pas dans la quarantaine, auquel cas tu auras le droit de passer ce genre de commentaires, était un rien vexant mais bon, on ne meurt pas de ce genre de choses. Je ne dis pas que cela excuse tout à fait ton impulsion ni ne justifie mon ton un peu brusque mais l’important c’est que cela s’est bien fini. Et que la vie continue sans mal et sans problèmes. Qui plus est, qui sait, on finira par en rire de ton excentricité. À la base, on parle quand même de ton triomphe sur tes démons! »

Lui-même regarderait la chose en souriant. On aurait vraiment dit le scénario type d’un film américain : extravagant, parfois difficile à croire et faisant appel à la chance la plus pure de la part des protagonistes… Les gens étaient crétins, à n’en pas douter : le plus que l’on puisse lui donner c’était bien la trentaine, l’âge n’aurait su avoir raison de quelqu’un dans un état de santé si exemplaire! Pour qu’il se foule la cheville en courant, il aurait fallut une chute assez spectaculaire ou un obstacle particulièrement sournois…

Cela dit, l’important c’était que tout était bien qui finissait bien. Le mauvais moment était passé, les deux monstres avaient payés, Elizabeth passait pas la case départ et empochait deux cents dollars. Elle venait d’éliminer les joueur possédant le deuxième terrain bleu foncé soit la place du par cet il ne lui restait plus qu’à mettre maisons puis hôtel pour sortir le reste des joueurs jouant contre elle. Pourquoi diable Martin faisait-il une espèce de métaphore avec le Monopoly? Probablement pour mieux rire de la chose, de cet incident bête qui avait nécessité de faire faire autre chose à leurs cerveaux que de trouver des qualificatifs pour l’être aimé… Car à la base, ne l’oublions pas, Carter était un excentrique. Cela se traduisait par ses pensées personnelles colorées, entre autre chose… Sacré Carter, il restait unique en son genre.


« Au final… Bravo, tu viens de vaincre les gardes corrompus! Tu passes au niveau deux avec le pistolet de la saine vengeance, plus quatre contre les gardes corrompus! Et tu gagnes un prince charmant médecin niveau dix pour t’aider dans ta quête. Bah quoi, ne me regardes pas comme ça, moi j’essaie de te remettre un sourire sur le visage! »

Il fallait dire que son imitation de vieux sage genre père Fourra était plutôt comique et qu’elle offrit l’effet escompté : cela arracha un rire et un sourire à sa belle, le premier pas pour la remettre de bonne humeur. C’était son travail en tant qu’amant, après tout, chose qui était bien souvent oubliée et négligée dans les couples…
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Elizabeth Levy
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Mer 21 Oct - 5:05

Oui, elle rit de bon coeur au commentaire de son amoureux. Après tout, il avait toujours eu le don de la remettre sur pied et de lui coller un sourire au visage. Une qualité qu’Elizabeth appréciait énormément chez lui. Un facteur qui jouait en sa faveur et qui le rendait toujours aussi charmant. Manifestement, Martin Carter, malgré toute l’excentricité et sa rigidité dans son travail, était attachant et l’homme qui correspondait le mieux au caractère très imprévisible et impulsive de sa belle. Et puis, sa présence était très réconfortante de sorte qu’instantanément après avoir rigolé un brin, la jeune femme déposa sa tête sur l’épaule du médecin. Elle s’estimait heureuse d’avoir un conjoint aussi compréhensif et tendre. Il s’en fait de si rare de nos jours...

« Ouais, tu as raison... Et puis, ne pense surtout pas que je te trouve vieux ! Bon sang, un véritable lion, si tu veux mon avis. Tu es loin d’être un gros panda tout poilu qu’on a juste envie de cajoler, plaisanta-t-elle en lui prenant une joue comme s’il était un bébé. Il fallait bien que je trouve une excuse à baratiner à ce policier. J’espère ne pas t’avoir fait trop mal... »

Comme pour se réconcilier officiellement, elle s’approcha de sa tête et l’embrassa tendrement. Un brin d’amour ne leur ferait pas de mal. Néanmoins, elle tenait à mettre au clair certaines choses.

« Je veux juste que tu saches que j’ignore complètement pourquoi j’ai autant tiré. Ça n’est pas dans mes habitudes. Tu dois savoir que je tue lorsque j’ai des raisons valables de le faire, pas n’importe quand et où je veux. Après, je suis qu’une espionne, pas une tueuse à gage. D’autant plus, va savoir pourquoi, chaque assassinat - misère que je n’aime pas employé ce mot-là - possède une symbolique, une raison si tu préfères, pour que l’on se comprenne. Chaque cadavre, encore là c’est trop lourd comme image, possède une marque en lien avec le motif de sa mort. C’est là ma marque de commerce, ma signature. Un rien subtil que peu remarque et qui change à chaque fois. Aujourd’hui, le geste que j’ai commis est le premier symbole que je m’infligeais. Je tuais à la fois ces deux corrompus, mais également ce passé immonde en lien avec eux. J’avoue que c’est tiré par les cheveux, mais la symbolique des choses est dans ma vie depuis plus longtemps que tu ne peux le penser. Cependant, j’ignore à quoi j’ai pensé en faisant cette marque sur mon visage, mais sur le coup, j’étais couverte d’un filtre qui me coupait de la réalité. Je ne sais pas comment l’expliquer, mais j’avais l’impression d’être seule sur une plaine abandonnée et grisâtre. Étrange, non ? Enfin bref, ton contact et ta voix surtout m’ont ramenée à la réalité bien rapidement. »

Elizabeth se sentait maintenant bien avec elle-même, un bien-être que l’on ressent lorsque l’on vient de se débarrasser d’un fardeau. Elle tenait à lui en faire part afin qu’il la comprenne davantage. Mais rapidement, elle lui fit savoir corporellement qu’elle ne désirait plus en parler. Du moins, pour le moment. Elle se blottit davantage sur lui tout en regardant devant elle, le sourire pendu aux lèvres. Voilà ! Ils en étaient là. Leur demeure, leur petite vie, leur cocon, leur nid. Tout commençait pour ces jeunes amoureux qui en avaient beaucoup encore à vivre et à explorer. Certes, il y avait déjà eu beaucoup de tribulations, de tumultes, mais ils n’étaient pas sans reste. Mais bon, repoussons cette idée pessimiste. Une vie d’aventure que chaque nouveau chemin allait apporter son lot de surprises et de sourires, le tout parsemé de baisers et de soirées... olé olé.

Étrangement, l’espionne ruminait l’anecdote du médecin avec une rancoeur. Elle se sentait dénuées d’événements à raconter; les plus croustillants, si l’on peut se permettre de dire cela, furent ceux des cinq dernières ou du moins, depuis son arrivée à Ataxia. Une ville chaotique en perpétuel mouvement d’où une vie constant grouillait dans les moindres recoins de la ville. Chaque centimètre semblait animé par une quelconque histoire. Quant à elle, son histoire était banale quasi morne et sans intérêt. Carter, par contre, déjà précoce à un très jeune âge, avait des histoires et des anecdotes à lui livrer. Elle, elle avait quoi ? Une histoire pédagogique se résumant à la terreur de ses camarades face à son attitude... Ah ! peut-être que l’on tenait là le début d’une anecdote. Elle n’avait cependant en rien sauver la vie de plusieurs personnes. Toutefois, la jeune femme creusa davantage. Rapidement, elle se rendit compte qu’elle pouvait recenser quelques moments de la vie adolescente de son amoureux. Quant à elle, en savait-il quelque chose ? Pour autant qu’elle en savait, elle n’en avait jamais fait mention à quiconque, ni même au patron de la Schya. Après tout, on ne lui avait jamais posé la question. Quand ses rendez-vous se résumaient à du sexe, quand peut-on réellement développer une conversation constructive sur le bagage historique d’une personne ? Elle jeta un coup d’oeil plutôt interrogateur... Non, pas vraiment, mais l’air de se demander s’il en savait sur elle. Et puis, pour autant qu’elle sache, ses dossiers à l’organisation ne contenaient aucune information à ce sujet. Là-dessus, Elie avait été claire : aucun détail et surtout aucune mention de ces parents égocentriques qui ont carrément abandonné et coupé tout lien avec elle. D’autant que d’en faire part à Martin, ça ne ferait pas de tort. Il pourrait la connaître davantage. D’ailleurs, c’est un passé qui, avec le recul d’aujourd’hui, est plutôt comique. En pensant au surnom qu’on lui collé à l’adolescence, l’espionne émit un rire solitaire qui pouvait passer pour un rire de fou tant aucun élément dans les dernières minutes pouvaient justifier une telle réaction. Surtout que devant l’air de son amoureux, elle se décida bien vite à lui raconter ce qui la faisait tant rire.

« Tu sais quoi ? Je repense à mes années d’adolescente et je n’ai pas changé tant que ça : indépendante, forte de caractère, têtue... Au début de mon adolescence, j’ai été immédiatement rejetée. À l’époque, je détestais qu’on me place dans une catégorie. Ma réaction a été de rapidement me faire un nom. Et tu sais de quel surnom j’ai hérité ? Elizabeth se mit à rire et eut du mal à se reprendre pour le lui dire. Miss Terreur ! On me craignait dans les couloirs; une vraie bum, une vraie peste. Je faisais fuir tout le monde. Une fois même, en cours de sciences, j’ai remplacé de l’eau par je ne sais quelle substance explosive, mais le mix avec une autre a donné un résultat désastreux. Le produit a explosé dans toute la salle de classe et je riais vachement de la gueule de tous. Et les plus jeunes étaient les plus faciles à effrayer. Tu ne faisais que les regarder avec des poignards dans les yeux et ils pissaient dans leur culotte. Le pire là-dedans, c’est que les garçons de mon âge et des années supérieures bavaient devant mon inaccessibilité. J’étais non seulement bum, mais dans l’album des finissants, on m’a consacré la fille que tous les gars se taperaient. J’ai ri de leur gueule. Ils se sont tous essayé à l’after-bal, mais rien. Ils étaient tous pitoyables. Ils étaient simplement attiré par le fait que j’étais entourée d’un mystère et que mon indépendance et mon caractère de cochon jouaient en ma faveur. Le challenge pour réussir à me séduire devait être excitant pour eux, je ne sais pas. »

Elizabeth rigola une autre fois et embrassa Carter.

« S’ils me revoyaient, ils seraient tous jaloux de toi. Ils auraient tous la langue à terre... Même que j’ignore si mon attitude plus calme les repousserait. Je suis restée certes indépendante, mais ma force de caractère est plus dosée qu’il y a 10 ans ! Ouf ! Déjà près de 8 ans en fait que j’ai terminé... Ça donne un coup de vieux ! »
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Martin Carter
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Jeu 22 Oct - 3:01

« Cela va peut-être te faire rire mais cela ne me surprends pas. C’était, ajouterais-je, assez prévisible. Ton profil psychologique actuel laissait présager des racines profondes remontant soit à l’enfance tardive ou l’adolescence. Oh bien sûr, j’aurais pu me servir du réseau pour trouver ce genre d’information mais en tant que professionnel, j’aime laisser une certaine mesure d’intimité et de vie privée à mes collègues proches… Il faut savoir énormément de choses en tant que médecin mais trop savoir ou tout savoir tue le plaisir de l’emploi. De toute façon, avec mon expertise, mes hypothèses s’avèrent justes la plupart du temps alors ce que tu me dis n’est que confirmation au fond et non un nouveau contenu en matière de savoir. »

Fit savoir le médecin en souriant. Il la connaissait quand même bien son aimée, malgré les trous qu’il continuait à remplir tranquillement au regard du passé de sa belle. Encore là, il n’en faisait pas là une quête active : le fil des événements et des conversations faisaient le travail à sa place. Chercher pour chercher n’était pas dans son champ d’intérêt à dire vrai… À bien y penser, il avait été chanceux de posséder les connaissances qu’il avait acquis au fil du temps : eut-il été simple médecin, avec son passé, il aurait été incapable de poser un diagnostic aussi précis : il n’avait pas fréquenté d’établissement public ou privé lui, éduqué par un collectif de médecins dans une clinique privée…

À ce propos, il vit là une excellente piste de questionnement, à savoir ce qu’était la vie dans un établissement scolaire standard. De cette façon, il serait sans doute mieux équipé pour comprendre la psychologie de certains éléments de la Schya dont les comportements continuaient à défier ses pronostics les plus documentés. Il devait en effet y avoir une bonne dose de traumas et autres éléments du genre inhérents au milieu scolaire… Il faudrait poser la question à Elizabeth, peut-être lui soumettre un questionnaire à remplir, ce genre de chose… Oui, comprendre cette réalité qu’il n’avait pas vécu aurait sans doute son lot d’importance sur ses interventions futures… La quête de connaissance était une chose sur laquelle il avait mit un certain frein des années auparavant pour ne pas mettre un accent trop prononcé sur une façon procéder dans sa discipline, sachant ô combien la plupart de ses formateurs ne savaient absolument rien faire en dehors de leur champ d’expertise… Et parfois même de « sur expertise ». Ironiquement, cela rappelait les employés des premières usines de montage qui à longueur de journée fixaient les même pièces sur des produits en construction… Très qualifiés dans leur domaine mais totalement sans imagination ou débrouillardise en dehors de ce champ…

Mais bon, il laissait encore ses pensées vagabonder, se penchant sur des choses relevant de son travail et non pas de la présence de la femme de sa vie. Il fallait qu’il arrête de faire ce genre de pensées sous-jacentes qui le déconnectait de la réalité… C’était un point négatif par moment puisqu’il pouvait perdre de précieuses secondes voire de précieuses minutes à laisser son esprit dériver ailleurs… Et il devait bien l’avouer, cela avait tendance à lui taper sur les nerfs : c’était parfois gênant d’avoir toujours l’air dans la lune alors que la réflexion s’effectuant dans votre esprit est aussi développée que complète… Et parfois complexe! Mais bon, il avait développé le réflexe de se sortir lui-même de ses phases de réflexions alors qu’avant il fallait une intervention, pour autant que l’on puisse appeler la chose ainsi, extérieure pour le ramener sur terre… Faisant derechef le focus sur le monde réel, en un sens, il reprit la parole.


« Désolé, j’avais la tête ailleurs… C’est une manie fort fâcheuse que j’ai, un tic professionnel excessivement désagréable que j’ai développé lors de mon apprentissage à la clinique… L’esprit finit par prendre les commandes et décide de voguer de sa propre initiative à la recherche de thèses à explorer… Cela peut à loisir être un grand avantage mais je le trouve très inapproprié au milieu d’une discussion comme celle que nous venons d’avoir… Je préfères et de loin te dévouer toute mon attention plutôt que de me perdre en raisonnements fort intéressant oui mais inappropriés à mon sens… »

Fit savoir le médecin non sans un sourire d’excuse. Il n’avait aucune difficulté à admettre ses torts mais cependant, cela se traduisait toujours par un léger sourire et parfois le fantôme d’un souvenir quand cela le mettait plus mal à l’aise. Dans le cas actuel, cela le mettait extrêmement mal à l’aise : sans l’ouverture d’esprit d’Elizabeth, une autre aurait pu croire que Martin ne lui accordait pas grande importance alors qu’au fond c’était là tout le contraire : il plaçait Elizabeth au dessus de sa carrière! Bien au dessus et en haut de bien des choses à dire vrai : à part peut-être sa propre vie, et encore là rien n’était sûr à ce sujet, son amour pour Elizabeth prenait précédent sur le reste. Pour cette femme il était prêt à beaucoup, énormément, plus que bien des hommes ne feraient pour leur propre compagne de vie… La dévotion prenait bien des formes et elle avait tendance à se transformer : vous commencez par être dévoué à votre entreprise puis à votre travail puis à l’être aimé… Long cheminement s’il en était mais qui évoluait avec les hommes et les femmes de ce monde. On ne cessait au fond jamais de grandir : aussi cruelle qu’elle puisse être, la vie était le seul vrai enseignant en ce monde, la seule école à laquelle on ne pouvait échapper. Philosophe le Carter? Oui, à ses heures, comme bien des gens. Qui ne laissait pas son esprit s’adonner à la réflexion dans ses temps libres à part les masses imbéciles qui préféraient s’abrutir devant les nombreuses téléréalités présentes en Ataxia? À bien y penser, et c’était ce qui était terrifiant, bien peu de personnes… Même au sein des sociétés où un esprit vif et alerte était nécessaire on trouvait de la vulgaire chair à canon tout juste bonne à tuer une cible précise et donnée… Même chez les professionnels il y avait des imbéciles, aussi impensable que cela puisse paraître…

« C’est curieux… Le fruit de nos conversations tend à laisser mon esprit vagabonder alors que toute mon attention devrait t’être réservée… Je ne saurais l’expliquer, ce qui est encore plus dérangeant et pourtant je suis un spécialiste du domaine médical. Pourquoi l’esprit erre t’il en face d’une raison plus que satisfaisante et évidente de rester focussée? Cela me dérange beaucoup et me donne l’impression de te manquer de respect. Oh te connaissant, tu me diras que ce n’est pas le cas mais l’impression demeure… C’est à croire que la réponse se trouve hors de mon champ de compétence pourtant vaste… »

Confia Carter d’un ton qui bien qu’amusé d’apparence laissait entrevoir des accents de frustration face à son incapacité à comprendre son propre problème. Il était le professionnel bon sang, il devrait être en mesure de trouver ses propres réponses, c’était impensable que de ne pas être en mesure d’accomplir un simple diagnostic, une simple analyse de routine qu’il aurait fait sur n’importe quel patient lambda qui aurait passé les portes de l’infirmerie de la Schya… Cette incapacité ne pouvait résider uniquement dans le fait qu’il soit amoureux quand même, ce serait ridicule si ce noble sentiment était également synonyme de baisse de performance dans sa discipline…
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Ven 23 Oct - 2:53

« Ne me dis pas ça ! Y en a une autre, c’est ça ? Je le savais ! Moi qui avait confiance en toi et qui te croyait assez respectueux pour ne pas me faire ça, plaisanta Elizabeth alors qu’elle sourit et embrassa Martin pour rectifier sa blague. Mais non, je sais bien que ce n’est pas ça. Ce n’est pas ton genre. C’est normal, Martin, que tu penses à d’autres choses. Tu restes humain après tout. Et puis, cet esprit voltigeur, je l’aime bien, moi. »

Elle lui fit un clin d’oeil avant de l’embrasser à nouveau. Oui, c’était normal et l’amour pouvait être un facteur. C’était la réalité d’un esprit enivré par les vapeurs de la passion et de l’attirance envers une personne. De plus, selon le sens que prenait leur conversation, il était parfaitement justifiable de songer à des éléments de notre passé et les recenser en vue de les relater à son partenaire. Si pour Elizabeth, elle ne désirait que se rappeler de la période « Miss Terreur », c’est-à-dire, la période scolaire et non familiale qui se produit à l’époque. Elle conserverait une rancoeur sans bornes et une colère envers ses géniteurs qu’elle souhaitait oublier. Elle avait même déjà osé dire à quelqu’un qu’elle était orpheline, ses parents étant décédés dans un accident de voiture causé par un homme complètement ivre. À ce moment-là, son interlocuteur resta perplexe devant l’air quasi indifférent de l’espionne. Mais elle n’insista pas sur le sujet, ce passé restait le sien et personne devait le savoir.

Vivement, elle secoua sa tête. Elle aussi n’était pas immunisée contre cette habitude. Après tout, tous les deux étaient dans une période de leur vie où tout changeait : changement de vie, nouvelle demeure, nouvel environnement, nouvelle situation sociale... Bref, leur esprit ne faisait que se mettre à jour pour permettre d’emmagasiner plus aisément ce qui allait suivre. Rien d’hormonal, c’était uniquement mental et surtout normal. Chaque nouveau chemin à prendre obligeait. En revanche, la chose était plus frustrante à première vue pour le médecin. Lui qui avait toujours vécu dans le même air avec ses instruments et ses pilules à ausculter un patient, toujours, en outre, à faire quelque chose en rapport avec la médecine et la science, se retrouver avec une femme et profiter de la vie, certes, tout un tournant. Son esprit n’était peut-être pas tout à fait adapter à sa nouvelle situation et il prendrait un certain temps. Agir de coeur ou lieu de sa tête, il y a de quoi être déboussolé. L’ouverture d’esprit de la jeune femme lui permettait de comprendre sa préoccupation et elle ferait tout pour lui rappeler qu’il ne lui manquait pas de respect et que malgré qu’il ait le mental ailleurs, il restait toujours néanmoins physiquement avec elle, avec sa chaleur réconfortant et ses bras autour d’elle. Et un silence entre eux pouvait nourrir l’appréciation de se retrouver que tous les deux.

Cependant, Elizabeth pouvait sentir que malgré tous ses efforts, Carter allait toujours éprouver une certaine frustration quant à cette fâcheuse habitude. Sur le fait, l’espionne décida d’agir. Peut-être était-ce parce qu’il ne faisait rien avec ses mains et que son cerveau ne fonctionnait présentement avec des formulations et une logique des choses pour arriver à un produit. Pouvait-il aussi être incapable de rester inactif de sorte que son esprit avait appris à vagabonder pour « faire quelque chose ». Enfin, peu importe la raison, en vivant pleinement sa situation amoureuse avec sa belle, il apprendrait à éradiquer cette manie, du moins, en sa présence. Ce n’était pas le but premier de la jeune femme, mais si la chose se faisait d’elle-même, elle pourrait au moins trouver le mérite d’avoir pu l’aider à son tour. Doucement, elle se dressa sur ses genoux sur le fauteuil et fixa le médecin avec le sourire. Elle sembla attendre qu’il la regarde avec interrogation, mais elle n’eut pas la patience pour attendre plus de quinze secondes. Tranquillement, elle s’assit sur lui, son tronc à elle effectuant une sorte de ligne perpendiculaire par rapport au tronc à Martin. Elle enroula ses bras autour de son cou et commença à caresser une joue d’une main en le considéra comme avec attention pour capter chaque détail de son visage. Elle pouvait paraître aguichante, mais ce n’était pas son intention. Elle chercha uniquement à recentrer l’esprit du médecin vers elle, comme il le souhaitait. Puis, elle retira des mèches rebelles qui cherchaient à attendre le centre du visage de son amoureux. Elle désirait fixer ses pupilles avec le silence, laissant la mélodie de l’amour faire la suite des choses.

Ce qui ne tarda pas en fait. En effet, l’espionne s’empara du verre d’alcool quasi terminé qu’il tenait toujours et le déposa sur une table à porter de main. Puis, elle approcha doucement sa tête, collant son front contre le sien et ferma ses yeux. Elle espérait partager un merveilleux sans porter passer à l’acte qui portait à la fusion d’un homme et d’une femme, du moins, dans leur cas. Apprécier le moment en sa compagnie, voilà ce qu’elle voulait. Laisser leur souffle se mêler à l’autre, entendre l’autre respirer; sentir sa respiration se frayer un chemin dans son cou, ses mains baladeuses effleurer chaudement sa peau pour ensuite lui faire hérisser le poil par le frisson provoquer. Échanger des baisers qui laisseraient des brûlures sur leurs lèvres; échanger aussi des regards amoureux, lire dans les yeux de l’autre, s’enlacer comme pour se couvrir d’une couverture... Bref, se coller et partager un amour vrai et ardent. Et puis, à dire vrai, ce genre de contact et d’enlacement pouvait tout aussi intense que leurs ébats. Elizabeth semblait particulièrement fébrile tant tout ce silence pesant pouvait la faire sourire maladroitement. Or, rapidement, elle faisait un transfert de chaleur en l’embrassant avec fougue et passion, tout ce qui se concentrait actuellement. Ce rapprochement pouvait certes avoir des répercussions, en ce sens où ils nourrissait une violente envie de retirer leurs vêtements et de s’envoyer en l’air. Mais, il fallait combattre cette envie et consommer autrement leur amour. Et cette façon avait ses avantages. L’espionne commençait à avoir une respiration plutôt haletante et elle riait par réflexe. Malgré tout le raz-de-marée de tremblements que cela pouvait engendrer, elle se sentait merveilleusement bien. Un baiser par ci, un baiser par là, un regard, un sourire, un petit « je t’aime », tout ça rendait la chose bien agréable. Une thérapie pratiquement. Et tout ça, dans le but de centrer les pensées de Carter sur sa bien-aimée, comme il le souhaitait si ardemment.

« Tu penses à moi ou à ta stagiaire, maintenant ? » blagua-t-elle.

Elizabeth décocha un sourire avant de pouffer de rire et de considérer les pupilles de son amoureux. Elle savait que ce n’était pas ce genre de pensées qui traversait l’esprit du médecin et c’est pourquoi elle le taquinait un peu afin qu’il délaisse ses frustrations et qu’il consacre tout le temps qu’il lui devait. Et puis, s'il lui disait que cela n'avait en rien atténué son esprit vagabond, elle serait toute surprise.
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Martin Carter
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Sam 24 Oct - 4:45

À bien des égards, on pouvait se demander si le cerveau humain avait été ne serait-ce qu’à ses tous premiers fondements conçu pour fonctionner en parallèle avec l’amour. Pourquoi un tel questionnement? C’était évident : cet organe de raisonnement ne semblait pas du tout être en mesure de fonctionner en même temps que l’amour et ses arcanes et il y avait là de quoi se poser des questions : l’être humain était-il une simple machine organique dont le cerveau serait l’équivalent d’un processeur centra let l’amour un programme maître capable de dicter ses propres lignes de commande? Car on n’apprenait pas l’amour et sa « science », non, et ce n’était pas exactement de l’instinct non plus considérant que ‘instinct fait davantage référence à une ou plusieurs actions déclenchées par un danger plus ou moins proche… Et ce n’était certainement pas une fonction vitale, en un sens, car quand on branchait un être humain à une machine, c’était pour lui permettre de respirer et non d’aimer.

Mais encore là, si la métaphore transforme l’humain en, machine et l’amour en programme, qui pourrait bien en être le concepteur? Comment se faisait-il que le logiciel ne soit pas parfaitement universel? Version pirates ou encore sans mises à jour pourrait-on être tenté d’avancer comme théorie pour expliquer la différence entre les diverses conception d’une même notion mais encore là, qui était responsable des mises à jour et des copies pirates? Dieu et le Diable? Ridicule et stupide comme théorie. Religion et science étaient deux entités distinctes. Si l’on se référait aux lois de la nature, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, ce qui laissait présager que l’être humain bâtissait son propre programme en processus sous-jacent, constant et impossible à stopper… Une autre ligne de commande à manger, dormir, boire et respirer? Peut-être. À cela on pouvait ajouter le sexe, évidemment, qui semblait également avoir une part d’importance dans une vie humaine, plusieurs experts l’ayant démontré hors de tout doute raisonnable… Au grand dam des conservateurs.

Mais encore là, un problème se posait : si l’amour était un programme et l’humain une machine, pourquoi naissait-il volontairement avec des protocoles de sécurité défaillants? À bien y penser, ses systèmes de détection interne étaient d’une rare incompétence : avant de détecter la maladie, il fallait des symptômes flagrants. Avant de corriger un problème, il fallait un précédent. Si l’être humain était une entité de pointe et de haute technologie en matière de biogénétique, ceux qui à la base en avait créé les programmes étaient des abrutis de la pire espèce… Pourquoi avoir fait de l’être humain un produit fini si faillible et imparfait? Pourquoi avoir fait une finition si peu minutieuse? Et où menait donc ce parallèle, au final? À une conclusion unique qui ferait virer à l’écarlate et enrager n’importe quel homme de science : il n’y avait aucun moyen humain, de quelque discipline art ou science quel qu’il soit d’expliquer, de définir et de comprendre complètement l’humain et ses diverses particularités. Tout ce diatribe pour cette conclusion direz-vous? Si par cette critique vous entendez de vains babillages et de futiles explications vous n’avez qu’à aller voir ailleurs! Ce raisonnement et ce cheminement de pensées, aussi longs furent-ils amenaient à la réelle conclusion de la chose : la machine à penser organique qu’était le docteur Martin Carter n’avait d’yeux et de focus que pour la femme en face de lui. Toute pensée ou autre impératif qui aurait pu nécessiter son attention était coincé derrière le pare-feu que venait de déployer l’amour pour lui permettre de n’être là de corps et d’esprit que pour sa belle. Plus de vagabondage ou d’errance de son esprit assoiffé de connaissance et d’une meilleure compréhension du monde. Son monde et son champ d’intérêt c’était Elizabeth Lévy pour l’instant, rien de plus, rien de moins. Et à moins de lui enlever la vie, il n’y avait pas grands moyens de le faire focusser sur autre chose, aussi fort puisse t’on essayer. Aux gestes et attentions de sa belle, il répondit dans une mesure équivalente sans pour autant que cela ne devienne un vulgaire automatisme, ce qui aurait été fort insultant tant pour un que pour l’autre. Quand même, il ne fallait pas non plus exagérer les choses et faire un satire de ce qui s’opérait en lui pour garder toutes ses ressources bien enlignées sur sa cible du moment soit la femme de sa vie. Il y avait des choses avec lesquelles on ne plaisantait pas et celle-ci en faisait partie, quoi que l’on puisse vouloir en dire.

Hélas, trois fois hélas, une variable bien indésirable vint briser le beau moment : une phrase prononcée par Elizabeth qui bien que vierge de mauvaise intention vint tuer la magie du moment. Il y avait pour chaque personne un trait de caractère ou un sujet plus sensible, chatouilleux ou prononcé que les autres et c’était là des cordes sur lesquelles il ne fallait pas tirer… Cela dit, il ne fallait pas non plus croire que Martin se fâcherait pour autant. Au contraire, à la pique d’Elizabeth, il répondit avec la sienne, dans la même veine de confrontation et de provocation plus amusante que choquante.


« Je me demande simplement si dans le genre d’ébats que nous menons elle serait motivé par amour ou par envie de promotion… Et puis du reste, avec les milliers de dollars qu’elle a investis pour se donner le corps de ses rêves, physiquement, elle pourrait t’éclipser sans mal, pour autant que l’on aime verser dans les exagérations que peuvent fournir la chirurgie classique moderne… C’est un quelque chose à tester tien… Et puis puisque tu en parles c’est que tu dois avoir un intérêt pour la chose… Jouerais-tu dans deux cours en même temps? Ou peut-être que tu as dans l’idée de la faire venir pour partager nos beaux moments? »

C’était un coup en traitre et il le savait, vu la grandeur du sourire qu’il avait sur le visage. Qu’y pouvait-il? Elizabeth avait partit le bal après tout, il n’avait fait que riposter avec ses propres canons. Et quand Martin Carter ripostait, il ripostait en grand. Il n’était pas le grand fou d’Elizabeth pour rien de toute façon, il avait une réputation à répondre. Éclatant de rire devant l’expression d’Elizabeth, il lui fit un clin d’œil avant de reprendre la parole d’un ton tout ce qu’il y avait de plus innocent.

« On dirait qu’une certaine personne qui voulait provoquer vient de se faire rendre la monnaie de sa pièce avec des armes nettement plus performantes que les siennes… Tu ne sais naturellement pas de qui je parle, me tromperais-je en affirmant une telle chose? Ce pourrait-il qu’il s’agisse de toi par le plus grand des hasards? »

Avant même de lui laisser le temps de répondre, il lui plaça un doigt sur la bouche pour lui intimer le silence avant de laisser échapper un petit cri de stupeur quand Elizabeth le prit en bouche et commença à le suçoter comme on le ferait avec une friandise. Effectivement, elle marquait un beau point, en se comportant comme la jeune femme moderne qu’Ataxia imposait comme modèle : opportuniste, sans inhibition et axée sur le sexe. Chose qu’Elizabeth avait peut-être été mais qu’elle n’était certainement plus actuellement, de cela il n’y avait aucun doute!
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MessageSujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter]   Sam 24 Oct - 22:40

Même s’il avait su tirer profit du commentaire d’Elizabeth en renversant la vapeur avec aisance et qu’elle-même l’avait surpris en suçotant son doigt, elle n’allait pas pour autant laisser la situation lui échapper. Il ne fallut pas une éternité non plus pour trouver une riposte qui prendrait manifestement du sérieux pour obtenir la réaction escomptée du médecin. Elle savait qu’il détestait profondément sa stagiaire et son corps artificiel. Ça, il ne lui avait déjà dit. Au bout d’un moment, elle lui retira son doigt avec sa main et regarda Carter avec un air volontairement songeur. Puis, elle zieuta sa poitrine et la compara à celle de la stagiaire de son amoureux, tout en ayant en tête ce qu’il venait de lui dire à son sujet.

« Maintenant que t’en parles, non je n’ai pas l’intention de l’inviter à s’amuser. Des plans pour que tu testes son niveau de sensibilité comme tu as fait avec moi la première fois. Non, je pensais plutôt à ceci : je trouve ma poitrine démodée ; toutes les femmes ont les seins refaits, pourquoi pas moi ? Je me rangerais plus facilement dans la masse, tu ne crois pas ? Ça fait quelques temps que j’y pense et en voyant ta stagiaire l’autre jour dans les couloirs, ça m’a fait davantage réfléchir. D’une certaine façon, une partie d’elle serait avec nous. Qu’en penses-tu ? »

L’espionne resta sérieuse pendant de longues minutes, surveillant la réaction de son bien-aimé. Elle l’imaginait déjà en train de grimper aux rideaux, de lui injurier de ne pas faire ça, qu’esthétiquement, ce n’est pas beau, blablabla. Bref, leurs plaisanteries seraient menées à terme. Devant le mutisme éberlué et sa bouche visiblement ébaubi, elle s’esclaffa de rire. Là, elle ne pouvait pu tenir en place. Elle l’avait vraiment mené en bateau et son plan avait fonctionné à merveille. La partie était vraiment nulle... peut-être même qu’elle avait dépassé Martin de quelques centimes. Rapidement, elle s’empressa de le rassurer.

« Tu croyais vraiment que j’allais faire ça ?! Bon sang, tu m’as vu la poitrine ? Elle est bien comme elle est, je dois avouer. J’ai pas besoin de plus. Et puis, j’aurais l’impression que toute mon attention aurait convergé vers tout cet artifice que je serais devenue comme toutes ces femmes : une écervelée. D’ailleurs, de toi à moi, le naturel est bien meilleur. Là-dessus, tu en conviendras. Ton toucher légendaire continueras de me faire de vives sensations si je conserve tout le naturel dans ces gloires féminines. Autrement, avec la chirurgie, comment vas-tu me brûler toutes mes énergies en magouillant sur ma chair ? Oh, je sais, tu as plus d’un tour dans ton sac. Mais bon, disons simplement que si je rentre dans une clinique pour me faire arranger n’importe quoi, tu me gifles et tu me ramènes à la maison au plus vite pour me raisonner. »

Elizabeth le fixa un moment avec le sourire, cherchant à en faire dessiner un sur le visage de son amoureux. Ce qui ne tarda pas, en fait. Puis, elle se mit à l’embrasser avec fougue et dévotion. Décidément, c’était très amusant pour elle de le faire paniquer ainsi, contredisant ses idéaux et toute son éthique personnelle. Le voir trembler de rage amusait sa belle qui en retirait un malin plaisir. Mais tant que la chose restait taquine et qu’ils se réconciliaient pour effacer la blague, elle n’y voyait aucun mal. Après tout, chacun possédait un sens de l’humour, parfois différent, qui, ensemble, donnait lieu à des plaisanteries très ironiques. C’était des répliques à prendre à la légère qui n’avait aucunement l’intention de faire passer un message quelconque. Dans ce cas-ci, la règle que chaque blague contient sa part de vérité, ce s’appliquait pas. Autrement, tous deux étant très fort de caractère, à certains moments, pouvaient être piqués d’une remarque qu’ils prenaient au premier degré, de sorte que la réaction en chaîne pouvait avoir sa part de danger.

Tout à coup, le téléphone sonna. La sonnerie rompit le baiser des deux amoureux et l’espionne soupira d’exaspération. Maintenant qu’ils étaient enfin seuls et qu’ils étaient en train de partager un beau moment, il fallait que le tout soit brusqué par un vulgaire coup de téléphone. Du regard, la belle du médecin lui indiqua qu’elle se lèverait pour aller répondre. Elle alla dans la cuisine, là où il y avait le combiné le plus près. La voix à l’autre bout semblait indiquer quelque chose de grave, de formel. Or, il s’agissait uniquement d’une simple employé qui appelait pour des sondages. Bon, tout cette formule du commun des mortels, si on pouvait dire que les organisations criminelles étaient toutes sauf normales. Avec politesse, Elizabeth refusa et raccrocha. Cependant, avant de se rejoindre Martin, elle eut une idée. Il n’avait sans doute rien entendu et si oui, que des bribes insignifiants et sans corrélation. Un sourire mesquin s’esquissa sur ce visage. Furibonde, elle retourna à la véranda et se posta devant le médecin.

« Tu sais qui je viens d’avoir au bout du fil ? Natasha. Oui, oui, ta stagiaire. Elle a eu vent de ton déménagement et elle faisait savoir qu’elle s’ennuyait de ta présence. Elle m’a dit que le fait que tu sois méticuleux la fascinait. Enfin, et elle a même osé demander où tu habitais pour venir un tour, question de te voir. Je te dis qu’elle ne manque pas de culot ! Je lui ai fait tout bonnement savoir que j’étais ta petite amie, épouse même en devenir. Je ne lui ai même pas laissé une chance de rétorquer que j’ai raccroché. Ne me regarde pas comme ça ! »

Encore une fois, elle garda son sérieux, Carter étant encore plus interloqué et estomaqué que tout à l’heure. Elle le surprit toutefois en fonçant sur lui et en scellant ses lèvres aux siennes. Toute son énergie la fit basculer sur le fauteuil, de sorte qu’elle se trouva allonger sous le médecin qui ne savait plus du tout comment s’y prendre. Était-elle fâchée ? Ou bien... contente ? Au bout d’un moment, l’espionne rit de plus belle et se pressa de lui expliquer son subterfuge.

« Mais non, ce n’était pas Natasha ! C’était qu’une simple dame vraiment gentille qui m’a demandé si j’avais un peu de temps pour répondre à un sondage. On est déjà sur leur liste. C’est un spam de la société qu’on avait pas à la Schya. Ne fais pas cet air, c’était une vilaine blague. Je sais bien que tu détestes Natasha. Allez, pour me faire pardonner de tout ça, je te prépare un bon repas. C’est bien la moindre des choses, après tout. Je t’en ai fait coller des sueurs froides, je crois. C’était un coup pendable, j’en conviens, mais je n’ai pas pu résister. Tu me connais, je suis si maligne. Allez, dis-moi, qu’est-ce que tu mangerais ? As-tu faim, du moins ? Et je te promets que c’était la dernière fois que je te taquine là-dessus. Je suis allée au plus loin, je crois. »

Peut-être un peu de Miss Terreur dans ce tour, mais peu importait tant qu’Elizabeth s’amusait bien à taquiner Martin à ce sujet. Après tout, n’importe quel autre homme se serait ouvertement tapé la stagiaire n’importe quand. Mais Carter n’était pas n’importe qui qui faisait n’importe quoi, n’importe quand. Il tenait à des principes bien strictes et s’il était l’amoureux de l’espionne, il était l’amant de personne d’autre. Il concentrait ses énergies sur elle lorsqu’il était en sa présence. Et pour ça, elle s’en sentait royalement choyée. Elle le sentait présent et disposé à lui conférer toute l’attention dont elle devait avoir. Un homme à marier, certes, c’était une évidence même. Encore faut-il savoir comment le gérer et en tirer profit. De ce fait, Elizabeth était la personne toute désignée pour jouer le rôle de son amoureuse : à la fois impulsive et indépendante, elle savait être attachante et poétique. Un juste milieu acquis justement en la présence du médecin. Ça, elle ne le remercierait jamais à son avis.
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