
Ataxia, la capitale d'un monde chaotique où le pouvoir découle de la richesse et de la terreur. |
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| | Révélations avec un grand R [PV Martin Carter] | |
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Elizabeth Levy Espionne

Nombre de messages: 359 Age: 18 Société: Schya Formation: Technique policière et criminologue Citation: «L'art d'être tantôt très audacieux et tantôt très prudent est l'art de réussir» Date d'inscription: 25/11/2007
Feuille de personnage Age: 24 ans Armes: Desert Eagle noir et un petit couteau Equipement:
 | Sujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter] Ven 15 Jan - 3:27 | |
| Venait-il de s’exprimer dans une langue inconnue ? parce que là, Elizabeth ne saisit en rien à tout ce qu’il venait de lui vociférer. Elle inclina la tête sur le côté, questionnant Martin du regard. Même s’il essayait de lui répéter, dans l’ordre avec les mêmes termes, cela allait rester du chinois pour elle. Mais par le ton, cependant, elle comprit qu’il n’était pas réceptif. C’était de mauvaise augure. De ce fait, son sourire s’éclipsa et elle se releva en ayant le goût de frapper sur le membre, mais elle se retint... pour une raison qui lui échappa. Elle fixa durement le médecin, sur le point d’exploser à chaque seconde. La partie débauchée de ses gestes en avait envie, mais en réalité, elle agissait inconsciemment, donc, c’était de jouer selon la recette de la Tigresse, selon ce qu’elle faisait toujours et ce pourquoi elle vivait. Mais alors qu’elle faisait les cent pas, elle semblait songeur et déterminée à aller jusqu’au bout. Coûte que coûte. Le « non » n’avait apparemment pas sa place et ce médecin n’allait pas lui dicter la conduite à apporter.
« Pourquoi ? Ce n’est pas une farce, chéri, j’en ai envie, c’est tout ! Moi, faire une blague ? Haha ! c’est mal me connaître, très cher, je ne joue pas, je fonce. Tu oses même me dire que je ne suis pas en pleine possession de mes moyens ? Bon sang, si je ne l’étais pas, je serais affolée, j’aurais de l’air d’une poule pas de tête qui court de tous bords, tous côtés. Tout cela me dépasserait ! Justement, me dépassERAIT ! Le conditionnel n’est qu’une supposition et n’est pas définitif. Ça le dit, c’est une con-di-tion. »
Son air pur s’évapora : elle semblait porter un masque qui la rendait hideuse et aucunement attirante qui criait ses désirs aux dépens des autres qui devaient s’y soumettre. Elle ne rigola pas. Et puis, sa voix n’avait rien d’angélique ou d’envoûtant : c’était rustre, sans délicatesse et sans douceur. Elle rugit plusieurs fois pour marquer son changement de cap pendant ses cent pas. Cela semblait la démanger qu’il ne veuille pas, car, certes, la débauchée était assoiffée de sexe, mais de là à forcer la main à quelqu’un, ce n’était étrangement pas sa tasse de thé. Malgré son manque d'inhibitions, elle possédait des principes auxquels elle s’accrochait sans dérober. Elle réfléchissait, ruminait ses pensées, tentant de construire un stratège pour le faire changer d’avis, pour le rendre consentant à la chose. Cela l’étonna qu’un homme ne voulait pas lui faire l’amour... ou se laisser faire par la soif et l’habileté de la débauchée. Bon, ce n’était pas elle dans son intégralité, mais tout de même, restait que l’idée était à la surface. Même si sa posture ressemblait à la poétesse et son regard également, sa voix et ce qui en sortait appartenait à l’autre. Un combat sans précédent se jouait dans le corps torturé par deux univers à l’odeur différente.
L’espionne s’arrêta net devant Carter et le lorgna drôlement, voire dangereusement. Elle s’approcha de lui et s’agenouilla et il découvrit ainsi de près qu’elle était teinté de gentillesse et de bonté, comme si elle était revenue à elle et n’avait aucun souvenir de ce qui venait de se passer. Elle sourit même, très heureuse, à Martin. L’éclair de malice n’éclatait pas dans ses yeux : ils étaient sereins et purs et il s’y défilait une poésie amoureuse des plus passionnées.
« Jamais le grand jour ne m’avait permis d’admirer l’éclat de ton amour qui reluit dans tes yeux. Cela m’était interdit après toutes les atrocités qu’ils avaient vu : la moindre parcelle de bonheur, ils ne le reconnaissaient pas. »
Elle émit un petit rire ravi avant qu’elle ne s’approche pour l’embrasser comme seule la poétesse savait le faire. C’était doucement fougueux et savoureux d’une générosité sincère. Elle l’étreignit par la suite, comme embarrassée de l’avoir embrassé, rappelant les petites filles candides qui donne un baiser vrai et honnête à un garçon qu’elles aiment bien et qui se réfugient ensuite dans ses bras. En même temps, savoir que l’autre l’aime aussi, les gênent. L’amour est un drôle de sentiment dans les premiers temps de sa sortie. On est timide, on n’ose pas, on ne sait pas exactement quoi ressentir, quoi faire. Elle se défit de l’étreinte et contempla ses yeux ; elle sourit. Elle détourna le regard et tomba sur l’objet, le fruit de l’Éden qui fait plier une femme pour les sensations qu’il procure. Son sourire diminua dans une lenteur insoutenable. Ses yeux le scrutait et en cherchaient la faille. Il n’y avait pourtant rien. Et puis, comme un enfant curieux d’un objet « inconnu » - du moins, entre guillemets pour Elizabeth -, elle s’y approcha tout doucement en allant chercher l’approbation de son amoureux, qui restait toujours intrigué, mais sur ses gardes. Elle le toucha une première fois, puis une deuxième... Elle l’enroula dans sa main pour constater la forme phallique de la chose. Elle fit attention de ne pas le serrer, ne voulant pas provoquer une quelconque douleur. Cependant, il y avait une étincelle d’envie de savoir comment c’est, la curiosité de ressentir ses sensations et de partager au maximum son amour pour Martin. Malgré les protestations de plus en plus insistantes et les mains qui la repoussaient, elle ignorait toutes distractions. Elle en avait que pour ce trésor interdit qui contenait le deuxième morceau pour concevoir un enfant. Elle le lécha une première fois, puis une deuxième... Avant d’aller plus loin, Carter se dégagea et observa sa compagne.
« Non, laisse-moi y toucher... Je veux y goûter... Je veux le sentir en moi... »
Ses paroles étaient alarmantes et criantes de vérité. Elle le toucha, refus de Martin. Elle vint pour le faire disparaître dans sa bouche, nouveau refus de Martin. Devant deux tentatives vaines, elle était déterminée à accomplir la troisième. Derechef, mais avec plus de convictions, elle s’assit à califourchon et se battit contre les torrents de coups que lui assénait, sans faire mal, le médecin pour la déstabiliser et l’empêcher de le faire contre son gré. Après tout, on s’approcha du viol à proprement dit. L’irréparable qui vous condamne à la honte et à la souillure de votre âme, ce qui vous est le plus précieux que vous possédez et que personne ne peut vous le voler sauf, métaphoriquement, avec cet acte de pur violation de la personne, de son corps. Qui n’avait pas l’ultime consentement de la « victime ». Elle ricocha sur tous les coups pour gagner sa bataille et accomplir son désir enfoui, sous les yeux affolés de la débauchée qui désespérait de voir une telle scène sans intervenir. Mais comme B vient après A, ils connectèrent ensemble. Dès qu’elle s’assit, Elizabeth prit un temps pour bien le ressentir avant d’amorcer un premier va-et-vient qui confirma l’aspect amusant de la chose. Satisfaite, elle sourit, mais dès le deuxième, elle s’arrêta net. Son regard voilé de noir qui ne pouvait saisir ce qu’il voyait redevint normal. L’espionne tomba sur un Martin en désespoir et vaincu par la force des choses... Elizabeth se releva d’un bond : elle venait de revenir à elle. Remarquant sa nudité, son réflexe premier, même si Carter l’avait déjà vu nue, fut de couvrir d’une main son bas-ventre et de l’autre, avec l’aide de son bras, sa poitrine. Elle chercha nerveusement ses habits et accourut vers eux pour les enfiler au plus vite. À nouveau confortable et à l’aise, elle revint à Martin. Que faisait-il là, allongé, l’air de n’avoir pas bougé pour protester ? Elle ne savait pas quoi dire ni quoi faire et la confusion peinturait son visage. Elle saisit sa tête, ébouriffant ses cheveux au passage, mais qu’importe, son allure lui importait peu.
« Qu’est-ce que... Pourquoi ? J’étais là, sur toi, prête à te faire l’amour..?! » balbutia-t-elle sans toujours rien comprendre.
L’espionne regardait toujours Martin et tentait de savoir ce qui s’était passé. Mais la seule chose qui volait dans son esprit était l’image de son amoureux étendu par terre, prêt à s’amuser et à jouir de l’activité de sa belle dans une vulgarité des plus obscènes. Elle eut un sentiment de dégoût et de dédain à son regard et se retourna pour lui faire dos.
« Pourquoi ne m’as-tu pas arrêté ? T’es médecin, Martin, tu as des limites quand même. Partout ! Moi-même j’en ai et ça, ça les dépasse largement. Tu ne voulais pas me raisonner ? Tu voulais que je tombe enceinte, c’est ça ? »
En prononçant cette possibilité, elle se retourna vivement vers lui.
« Ok, on a parlé de fonder une famille, mais je n’avais pas l’intention d’accoucher dans neuf mois ! C’est... c’est trop tôt ! Je ne veux pas avoir d’enfant... Euh, pas tout de suite, tu le sais. Pour ton information, c’était LE moment pour moi pour en concevoir un et comme il m’est hors de question de le refu... Ah ! Martin ! Tu auras pu me donner une claque pour une fois ! Je me serais réveillée sans problème ! C’est le remède à tout quand une personne perd les pédales comme ça. Tu as passé qu’à toi là-dedans ou quoi ? On dirait que je viens de me réveiller alors... dis-moi que c’était la première fois qu’on... qu’on fusionnait comme ça ! Argh ! t’imagines si je ne m’étais pas réveillée et que monsieur n’était toujours pas intervenu ? J’aurais continué, tu aurais fini par me livrer ta semence et paf ! Deux ou trois semaines plus tard, j’apprends que je suis enceinte ! Bonjour le trouble ! On vient à peine d’emménager, notre boss vient de le savoir, on a encore des problèmes avec le monde extérieur, qui lui non plus ne se porte pas bien et tu comptais élever un enfant à travers tout ça ?! Bon sang ! je... Je ne sais pas quoi pensé... T’aurais pu te lever, m’attacher les pieds, les mains... T’aurais pu faire n’importe quoi pour empêcher le pire... du moins, le pire pour le moment. Mais non, t’es resté couché sur le dos, sans rien faire... »
Elizabeth soupira, exténuée. Elle était en colère, confuse et elle sentait une certaine aversion pour Martin pour ne pas avoir réagi. Bien, pour ne pas avoir réagi assez fermement s’il l’avait fait... Non, elle l’aurait écouté pourtant, de cela, elle en était persuadée... Vraiment ? |
|  | | Martin Carter Médecin en chef

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 | Sujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter] Ven 15 Jan - 18:18 | |
| « C’est facile d’accuser, Elizabeth, dans la mesure où c’est cette même logique à laquelle tu sembles faire référence que j’ai utilisé pour éviter des complications additionnelles. Ton raisonnement, ajouterai-je, fait peu de sens. Moi, lever la main sur toi? Jamais dans cette vie et pas davantage dans la suivante si la réincarnation existe. Si j’ai agis de la sorte, ce n’est pas pour rien : dis-moi, toi qui sembles soudainement si intelligente et calée en sciences médicales, que serait-il arrivé si dans cet état second qui était tien tu avais décidé de te faire usage de moins de tact et d’en venir aux mains? Tu aurais vraiment voulu te prendre des coups? Au moins en usant de ma stratégie, j’ai pu identifier quelques symptômes et retardé au maximum la catastrophe. »
Répliqua froidement le médecin chef. Oh c’était facile de lui rejeter la faute, c’était facile de l’accuser de tous les torts du monde… Il aurait dû ceci, il aurait dû cela… Et pourquoi pas une bonne dose de tranquillisants un coup partit? Qui plus était, une partie de son discours en faisait pas de sens. L’attacher, avec quoi de un et dans quel but de deux? Sa réaction aurait été bien pire dans un tel cas. Et puis du reste, que savait-elle de ce qu’il aurait fait, de ce qu’il avait eu sur le moment en tête pour sauver la situation? Absolument rien! Mademoiselle était dans les vapes, elle avait donc le beau rôle dans l’affaire. Évidemment que celui qui ne fait rien ne peut pas gaffer! Simple logique des plus élémentaires! Ce qui horripilait encore davantage le médecin c’était le fait qu’elle parlait de lui comme s’il était un simple profiteur et un inconscient, ce qu’il n’était absolument pas. Son sens éthique et professionnel lui gardait bien de ce genre d’abus… Et Elizabeth depuis le temps devrait le savoir, cela ne faisait pas de doutes!
« Et dit moi Einstein, tu aurais voulu qu’un coup partit je te mette dans une belle chambre froide pour te refroidir les idées? Ou alors tu aurais préféré que je te mettes une camisole de force? Je saurai pour la prochaine fois si prochaine fois il y a… Puisque tu es si brillante et si encline à la critique vas-y, docteur Lévy, expliques moi ce qui s’est passé dans ta petite tête! Livres moi tes conclusions, moi qui ne suis qu’un vil profiteur et nullement victime également dans cette affaire! Allez, expliques moi qu’on rigole quand tu auras l’air d’une vraie cruche parce que tu as parlé sans penser! »
Oui, les couteaux volaient bas mais c’était, pour Martin à tout le moins, davantage imputable au stress qu’à un grief réel. Il était aussi dépassé que l’espionne quoi que légèrement moins mais il restait et demeurait qu’il n’avait que des conclusions partielles à livrer, ce qui était de très mauvaise augure… Cela voulait dire qu’il restait des pièces de puzzle qu’il n’avait pas encore vu et il était fort peu désireux de les découvrir de si tôt. Parcourant la distance les séparant en moins d’enjambées qu’Elizabeth n’aurait pu le croire possible, il se planta face à elle, son regard vissé dans le sien.
« Regarde moi Elizabeth, regarde moi droit dans les yeux et oses me dire que tu es réellement convaincue de tout ce que tu viens de me dire. Regardes moi dans les yeux et vois à quel point ton jugement est injuste. Tu n’as rien remarqué, Elizabeth, rien entendu, rien vu de ce que j’ai fais pour t’empêcher d’agir? Ton cerveau ne garde pas la plus petite parcelle de trace des récents événements ou alors tu ne choisis que les morceaux qui t’arrangent? Vas-y, fais entendre ta voix, je suis bien curieux de voir ce que cela va donner cette fois. Pas très poétique la fille, après avoir joué à la débauchée… »
Ayant réussit à rétablir partiellement la connexion avec son double, Meric parvint à reprendre partiellement les commandes du corps, désirant livrer ses propres conclusions lui aussi. Même s’il ne disposait que de la voix pour se manifester, cela ne le dérangea pas outre mesure : il comptait livrer également ses conclusions et si possible entrer en contact avec la débauchée pour essayer de comprendre ce qui c’était passé…
« Elizabeth? C’est Meric. Est-ce que comme Martin tu as été déconnecté de cette autre part de toi, à savoir, la débauchée? Parce que pendant ce curieux épisode moi j’étais incapable de me faire entendre ou d’usurper les commandes à Martin pour agir. Est-ce que la débauchée a réussi à t’envoyer un cri d’alarme, à se faire entendre ou à agir de son propre chef? Mon ténébreux amour, est-ce que tu m’entends? Peux-tu te manifester au grand jour maintenant? Quel merdier ce truc, je déteste ça… »
Car oui, le débauché était aussi dépassé que les autres par la tournure des événements. Cela ne faisait aucun sens, cela ne faisait pas de logique, cela défiait trop de choses pour être un simple délire passager… À deux, ni Martin ni Meric n’étaient en mesure de livrer des conclusions significatives ou suffisantes et à ce juste titre, c’était une réalité qui leur déplaisait en tout point. L’ignorance est un poison et elle rend les êtres faibles et Martin comme Meric ne comptaient perdre la bataille du savoir. Ils mettraient à deux le doigt sur le nœud du problème… Si évidemment les choses se calmaient entre le médecin et la débauchée dans un premier temps, cela allait de soi.
« Quelque chose m’échappe… Quelque chose dans ce qui vient de se passer ne fait pas de sens… Il y a vraiment un truc qui me dérange et je dois avouer que c’est un quelque chose que je n’ai jamais vu dans la pratique, seulement dans la théorie. En fait, je doute qu’un spécialiste en Ataxia ou ailleurs, dans le milieu légal, ait vu une telle chose. Cela se saurait autrement. Ceci dit, Elizabeth, il va falloir travailler à deux et arrêter de se rejeter la faute si nous voulons trouver ensemble la solution à ce problème… »
Fit savoir Martin en reprenant le rôle central, une fois « l’exposé » de Meric terminé. Plus calme, les émotions vives se substituant pour son cale professionnel, il passa une main rassurante sur la joue de sa belle avant de la serrer contre lui pour ne plus la lâcher. Sanglotant doucement, il lui confia cette peur qui lui avait dévoré les entrailles de perdre sa belle dans une folie qu’il ne pouvait comprendre ou expliquer et qu’il ne voulait pas se défaire de cette étreinte de peur de la perdre momentanément à nouveau… Il aimait cette femme et il y tenait plus qu’à tout et la simple pensée d’avoir pu la perdre lui avait été par conséquent insupportable. Pas d’une telle façon en tout cas.
Il fallut un long, très long moment avant que Martin finisse par lâcher Elizabeth, sur insistance de cette dernière et encore, elle dû lutter un quelque peu pour prendre la main du médecin, la glisser sous ses vêtements et la poser sur son cœur à elle. Cela sembla le calmer, de la savoir bien portante mais il ne semblait pas complètement rassuré pour autant. Ce qui venait de se passer avait de quoi soulever bien des questions et autant d’hypothèses… Et c’était excessivement éprouvant pour un esprit que de chercher trop de réponses à trop de questions en même temps… Martin Carter
Médecin au service de la Schya
Médecin chef de l'organisation, en charge de l'infirmerie et des opérations médicales
"Ne me force pas à renier le serment d'Hippocrate..." |
|  | | Elizabeth Levy Espionne

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 | Sujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter] Ven 15 Jan - 21:01 | |
| « Pardonne-moi, c’était vraiment vache de ma part. »
Elizabeth se montra forte, malgré tout ce qui pouvait l’affliger dans le moment : un Martin en pleurs qu’il la serra si fort et un revers de critiques et de sarcasme de sa part. Elle retint les quelques larmes qui souhaitaient répondre à celles de son amoureux, mais elle jugea qu’elle devait se montrer plus en mesure d’être à la hauteur de la situation et d’être encline à le rassurer. Après tout, l’espionne était loin d’être évidente et la compagnie la plus stable qui soit : elle avait ses sauts d’humeur, ses changements de personnalités et un esprit plutôt complexe. Elle se l’était avouée à plusieurs reprises et l’avait assumé par la suite, mais le vivre restait toujours un cercle vicieux au tournis impressionnant. Heureusement, chaque situation apportait son lot de positif, et le couple en ressortait plus fort à chaque, car ce qui nous tue pas, nous rend plus fort.
De ce fait, elle ancra son regard dans le sien et se désola encore d’avoir réagi ainsi. Ce n’était nullement diplomate et réfléchi. Elle avait été plutôt impulsive en lançant des accusations dont elle n’avait aucun moyen d’en savoir la véracité. Et puis évoquer le truc sur la maternité était très bas et elle reconnut que ce n’était pas approprié. C’était du matériel hors contexte sur lequel elle s’était appuyé pour bombarder le médecin de fausses allégations. Elle remarqua sans mal que cela l’avait affecté et elle s’en voulut de lui faire broyer du noir de cette façon et par sa faute qui plus est.
« Je n’ai pas d’explications à d’énoncer. J’ai parlé sans réfléchir, je le reconnais et sans savoir ce qui s’était réellement passé. Il est plus facile d’accuser les autres que de s’accuser soi-même : la vérité nous fait mal, avouons-le. Mais là n’est pas la question, Martin. Pour être honnête, j’ignore ce qui s’est passé et je n’en ai ni le souvenir ni la sensation. C’était... étrange comme sentiment. L’autre Elizabeth, elle n’agissait pas, pas vrai ? C’était comme si... si... »
Il n’était pas facile de décrire le phénomène qui s’était produit. En même temps, la réponse semblait tout simple... Il suffisait seulement de la déterrer. Mais elle était enfouie sous une tonne de terre que chaque pelleter ne semblait pas retirer de la terre, mais en ajouter. Perplexe, l’espionne détourna son regard, rompant le contact visuel sincère qu’elle avait établi. Elle tenta d’apporter une explication posée qui n’avait rien à voir avec la spontanéité. C’était cependant loin de l’évidence, très loin. Et puis, même si elle réussissait, ou lui, à deviner ou à énoncer une hypothèse sur ce qui venait de se passer, les mots n’arrivaient pas à se conjuguer ensemble pour former un tout cohérent et plausible. Ils s’entrechoquaient comme des atomes, mais n’explosaient pas entre eux comme les réactions chimiques qui arrivent à un résultat, concluant ou non.
« Je ne peux même pas te dire comment je me sentais, comment c’était, je le sais pas. Ça dépasse si tu veux tout savoir. Tu dis avoir refusé, je ne m’en rappelle pas. Je ne me souviens pas quand je suis devenue nue ni même comment j’ai été près de te faire l’amour... sans protection. C’était imprudent et j’ose croire que j’étais dangereuse... »
Mais la tension ne tiendrait pas plus longtemps. Elizabeth était à bout, sentant qu’elle pouvait éclore de sanglots à tout moment, échappant à la force dont elle se pourvoyait pour conserver un calme devant son amoureux. Elle prenait de grands et de profonds inspirations en expiration bruyantes qui lui brisaient les tympans. Elle espérait néanmoins que le bruit n’était pas aussi fort que son cerveau le commandait. Elle ne désirait pas l'importuné avec cette respiration agressivement tonitruant qui atterrissait dans le creux de l’oreille comme si une bombe venait d’exploser à quelques centimètres. Un embouteillage de décibels des plus désagréables.
« J’ai honte tu sais, vraiment honte. Savoir, sans le comprendre, ce que j’ai fait, c’est scandaleux ! Et je ne veux pas même pas savoir jusqu’au je suis allée, ta réaction est suffisante pour m’y empêcher. Ça me suffit pour en saisir la gravité. Je ne veux pas que cela se reproduise pour te retrouver anéanti comme ça, ne sachant pas où mettre les points sur les « i » et les barres des « t ». Et je n’ai pas dit de me frapper pour rien... Bon, j’en conviens, c’est radical, mais au pis des cas, jette-moi dans un bain d’eau froide, crois-moi, ça réveille. C’est moi qui est été une vil profiteuse, tu n’as pas à pardonner ce que j’ai fait, mais pardonne au moins mes paroles insensées et irréfléchies. Dis-toi que si tu me perds, je me perds aussi... »
Incapable se contenir plus longtemps, elle se jeta sur son épaule comme s’il s’agissait d’une bouée et qu’elle partait à la dérive, au large, et qu’il s’agissait du dernier moyen pour éviter de s’en sortir noyer par les événements. Elle s’en voulait pour des choses dont elle n’avait aucun souvenir, mais qui lui faisait un mal de chien à l’intérieur d’elle. Une sensation malsaine qui la rendait coupable pour une femme sur laquelle elle n’avait pas eu le contraire ni même la débauchée, qui, quand elle entendit Meric, se leva pour se précipiter sur les barreaux qui la retenaient prisonnière dans la boîte crânienne. Elle avait hurlé sans que cela ne se conduise et ne se mêle à l’air. Le son fut perdu, tel l’écho qui se perd au fur et à mesure dans les montagnes. Cela, c’était encore plus étrange, mais la poétesse ne sembla pas s’en rendre compte. Mais alors qu’elle lui laissa la place, sa bouche resta béante et dépourvue de son. Qu’est-ce que..?. Son regard s’alarma de cette épouvantable découverte : la Tigresse semblait réellement prisonnière et il ne s’agissait pas d’une vulgaire métaphore qui puisse empoisonner un écrivain près des images percutantes, mais redondantes. Nonobstant, Meric pouvait apercevoir, par le vitrage des yeux de Martin, son ténébreux amour qui se démenait pour se sortir de là. On aurait dit deux petits êtres bien bien en chair qui habitaient à même le corps du couple, à travers celui de chaque protagoniste du couple en fait. Mais formuler à Martin son inquiétude fasse à cette situation délicate, était-ce le bon moment ?
« Sache que je t’aime et rien n’y changera. Tu m’aimes et je le sais, je le sens. Je suis une femme complexe, tu en conviens, un amalgame de personnalités distinctes qui peuvent déraper à quelque moment. Je crois que c’est ce qui fait de moi une humaine vraie et non une machine automatique où tout va bien. Qui plus est, une machine serait incapable de véhiculer de puissants émotions, comme l’amour l’est. Il est impossible de le décoder et de le rentrer dans le code « génétique » d’un robot. Mais je suis là à te parler de technologie, alors que tout est organique entre eux et que ce qui vient de passer aussi. Ne t’en fais pas, on trouvera une solution une fois la réponse trouvée. Je n’ai jamais pensé une seconde que tu voulais que je tombe enceinte. Cette décision, on la prendra ensemble, le moment venu. Rien ne me ferait plus plaisir même que de porter ton enfant. Toutefois, sache que ça ne se passera pas comme je pense que cela s’est passé. On doit être d’accord tous les deux... et prendre notre temps pour bien faire la chose. Je veux que cet enfant soit aussi parfait que toi. »
Elizabeth esquissa un mince sourire sincère qu’elle adressa à Martin pour tenter de lui faire retrousser ses coins buccaux également. Elle était encore bouleversée par ce qu’elle avait dit, comment il avait répliqué et par les choses qu’elle s’imaginait du comment c’était passé les derniers moments, qui était comme un « blackout » pour elle. Elle réussit de peine et de misère, mais réussit tout de même. Et ce fut la clé pour ouvrir la prison dans lequel gisait la débauchée qui sortit aussitôt sans attendre une seconde. Elle regarda à travers les yeux et fit signe à Meric que tout allait bien.
« Meric ? C’est Elizabeth, ton ténébreux amour si tu préfères. Je vais bien, ne t’inquiète pas. J’ai été incapable d’agir, de prendre le contrôle. J’étais confinée je ne sais trop où, incapable de sortir. On se revoit, mon étalon ! » s’exprima la reine de luxure pour répondre à son amour fougueux.
Puis, la débauchée céda sa place à la poétesse, jugeant que c’était son tour plus que le sien. Cette dernière prit place entièrement et observa Martin avec un sourire sincère, quasi sereine. Elle le sentit rassurer, cela la rassura également. Le savoir moins confus et moins incrédule la rendait heureuse et quelque peu satisfaite. Mais elle ne put s’empêcher de ruminer l’affaire et de tenter de mettre des mots sur le nuage de brume des événements.
« C’était comme s’il y avait une troisième personne... Un mélange entre la débauchée et moi dont je suis inconsciente. La débauchée, avec le recul, a du être en mesure de ressentir la chose plus amplement, alors moi, à la surface, je n’ai souvenir de rien... Et... je sais rien, je ne sais pas. Je ne sais pas quoi dire... » |
|  | | Martin Carter Médecin en chef

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 | Sujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter] Dim 17 Jan - 23:27 | |
| « Je ne comprends pas plus que toi, en toute honnêteté. J’aimerais fournir une explication cohérente mais j’en suis bien incapable! Si explication il y a, elle est hors de ma portée... Pour l’instant, tout du moins, je te rassure tout de suite. Je suis sûr que ce problème a sa solution et je mettrai tout en œuvre pour le découvrir! J’en viens à peu près aux mêmes conclusions que toi sur ce point : il y a vraiment une fusion imparfaite de deux personnalités qui s’opèrent, comme si, pour donner une comparaison, un programme informatique chargeait un ensemble de paramètres autre que ceux utilisés par défaut… Je ne saurais dire avec précision ce qui a causé la chose… Mais je finirai par trouver. Après tout… Rien n’est impossible quand on s’en donne vraiment la peine, dit-on… Je devrai peut-être consulter quelques collègues du privé spécialisés dans la psychologie mais c’est encore du ressort de l’hypothétique, ce n’est rien de moins certain dans l’instant. C’est curieux quand même que c’est lorsque nous avons enfin accepté de donner indépendance à nos doubles que ce genre de problème se présente… Plus perturbant encore est cet objectif que semble dicter cet espèce d’affliction temporaire… Je ne saurai en déterminer une motivation rationnelle… »
Ce que Martin n’osait dire c’est qu’il n’avait aucune idée du déclencheur de la chose, ce qui sous entendait que cette situation pouvait être appelée à se répéter à tout moment… S’il ne pouvait trouver de causes au problème, comment pourrait-il trouver une solution? Il ne voulait pas avouer à son aimée qu’il n’avait aucune idée sur ce qui s’était passé initialement… Et cela tombait en flagrant désaccord avec Meric qui refusait catégoriquement de jouer à l’autruche et qui comptait comprendre ce qui c’était passé. Ce fut donc lui qui reprit le contrôle non sans protestations mentales de la part du médecin chef qui exigeait plus de diplomatie, de tact et de doigté de la part de son homologue.
« Ok… Elizabeth, les deux Elizabeth, notre ami Martin n’a aucune idée de ce qui déclenche ce drôle d’état alors c’est moi qui mènerai l’enquête. Le premier de nous quatre qui détectera quelque chose de différent chez l’autre devra noter le contexte exact. Ma belle, j’ai l’impression que si la poétesse peut t’emprunter des traits inconsciemment, tu pourrais bien commencer à lui en emprunter également comme je pourrais en emprunter à saint Martin… Le truc c’est de découvrir ce qui déclenche ce bordel. Bon… Pour les besoins de la cause, c’est Martin qui va commencer les observations en ayant les commandes du corps et moi je serai à l’arrière. Du moment où quelque chose cloche, on arrête tout et on se penche sur la question… »
Ceci dit, ce fut au tour de Martin de ravoir les commandes, un rien énervé par l’attitude plutôt… Contestable de son double ténébreux. Annoncer les choses de façon aussi brusque pouvait certes mettre les cartes sur la table mais effrayer également. Même si Meric ne l’admettrait jamais… Ce dernier n’en menait pas large lui non plus de savoir que sans prévenir il pourrait se retrouver prisonnier de nouveau dans un recoin de l’esprit du médecin sans possibilité de contact avec l’extérieur… Le débauché détestait l’idée de ne pouvoir être libre et cette nouvelle complication ne lui plaisait absolument pas… Pour une fois, le médecin et son double s’entendaient sur un point : les choses regardaient plutôt mal, compte tenu du fait que la situation était loin d’être sous contrôle… Qui plus étai, sans souvenir de ce qui s’était passé dans leurs têtes respectives, cela rendait la chose plus ardue encore : comment voulez-vous trouver des réponses à une question sans matériel de référence? Cela relevait de l’impossible pur et dur oui!
« Bon, Elizabeth… Nous allons procéder à quelques tests simples si tu le veux bien. Je vais te demander de te départir de tes vêtements et je ferai de même. Ainsi, si le déclencheur est purement de l’ordre de l’attirance physique, nous aurons au moins une piste pour trouver une solution rapide. J’ose espérer qu’il ne s’agit pas que de cela car autrement nous serons dans de plus gros ennuis que je ne l’aurais pensé initialement. S’il s’agit d’une suite plus complexe de paramètres, ce sera déjà un soulagement que de le savoir… Je ne peux parler pour toi mais pour moi, plus le nombre de paramètres sera complexe, mieux ce sera : cela veut dire que ce drôle d’était ne se déclenchera pas à la plus petite impulsion… Enfin bon, tu vois le genre je suppose… »
Joignant le geste à la parole, Martin se surprit toutefois à vraiment craindre de ne pas être à la hauteur, pour une fois. Ce n’était pas tant de reconnaître qu’il avait des limites qui le dérangeait : c’était de devoir admettre qu’il ne pouvait pas tout, sur un plan médical, pour son aimée… Et cela l’enrageait tout en l’horrifiant en même temps. Curieux contraste d’émotions s’il en était mais bien présent quand même! Il ne tenait pas à voir Elizabeth vivre dans la crainte de perdre le contrôle de son propre corps comme il ne tenait pas à subir un sort semblable… Oh non, il était hors de question que d’accepter une telle réalité. Quitte à se mettre lui-même en quarantaine, il refusait de retourner à la Schya avec un problème de cette envergure avec lui. Bien malgré lui, il formula une des choses qui le préoccupait énormément et qui au fond s’échappa tout seul de sa bouche tant il était perturbé, pensif et songeur… C’était rare chez le médecin chef!
« Il faut absolument trouver une solution. Tu t’imagine l’horrible catastrophe qui arriverait si cette diablesse aux seins siliconés apprenait la chose pour le problème qui nous préoccupe actuellement et l’utilisait à son avantage? Je ne veux même pas imaginer quelle sinistre fin cette aventure impure pourrait donner. Promet moi quelque chose, Elizabeth, toi comme la débauchée. Même si pour ce faire il faudrait user de moyens extrêmes, empêchez à tout prix cette infamie si au bout de l’échéance qu’il nous reste je n’ai pas encore trouvé de solution. Je ne pourrais vivre en sachant que j’ai couché avec cette créature de vice, ce serait pire que la mort… La mort peut au moins être réconfortante, elle, comparativement à cet être de péché… »
À cela, Meric était fort d’accord également. Oui, cette catin serait prête à faire des choses qu’une certaine dignité empêchait la débauchée de faire mais est-ce que s’abaisser au niveau de ces êtres souillés valait la peine pour essayer un style plus dégradant qu’autre chose? Même Meric avait ses standards et son éthique, aussi mince et élastique soit-elle suivant les situations! Non… Il préférait encore mille ans d’abstinence qu’une relation avec cette catin blonde… Oh il s’en doutait sans le moindre mal : la débauchée aussi devait avoir ses craintes que de retourner au boulot en trainant un tel handicap… Car oui, ce problème relevait carrément de l’handicap à ce niveau là…
Les secondes s’écoulèrent et le médecin nu fit face à l’espionne nue. Rien ne se passa, le drôle d’état ne se manifestant pas. Il fallait attendre un peu, s’assurer que rien justement ne se passerait. Tout semblait en ordre, tout semblait normal… Pour le moment. Martin Carter
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|  | | Elizabeth Levy Espionne

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 | Sujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter] Mar 19 Jan - 4:43 | |
| Elizabeth ponctua chaque seconde en roulant ses yeux en alternant la droite et la gauche, grimaçant de la bouche également, attendant que quelque chose ne se produise. Ils s’adressaient des regards impatients, sans pour autant que cela devienne plaintif et insoutenable comme attente. Seulement une impatience quant à événement, un phénomène ou une quelconque réaction qui pourrait engendrer une théorie sur ce qui se produisait avec eux. Mais rien, c’était le néant, le noir total. L’espionne en vint même à éprouver d’inconfortables frissons tant c’était sans résultat concluant, visible, praticable... Elle fut secouée par cette vague et gigota ridiculement, ce qui arracha un rictus amusé de la part du médecin. Nullement offusquée, elle se la joua néanmoins en lui décochant une légèrement bine sur l’épaule en disant de ne pas rire d’elle.
« T’inquiète, le parasite aux cheveux blonds ne va pas en avoir connaissance. Tu n’as qu’à évoquer deux patients fictifs à qui cela arrive. Tu n’as pas à crier nos noms ! Après tout, cette maison est l’oracle de notre intimité et ce qui nous est privé, le restera. Au travail, c’est le travail et non notre vie de couple mis au premier plan. Si cela lui parvient aux oreilles, crois-moi que le lendemain, ses flotteurs auront dégonflés. »
Lui adressant un clin d’oeil pour attirer son approbation, elle lui prit la main pour confirmer ses paroles. Mais ce contact, aussi banal fut-il, prit une ampleur non envisagée aux proportions diamétralement opposés à la poétesse. La main se fit plus baladeuse et grimpa le long de son bras en imitant deux jambes qui marchent avec son index et son majeur. D’autant plus que le seconde clin d’oeil se fit plus lascif, évoquant une volupté présente dans ce regard qui s’était métamorphosé. Le doigté était si aérien et léger que malgré tout, c’était agréable pour Martin, mais dans sa manière de procéder, il pouvait savoir que ce n’était pas son Elizabeth qui gouvernait le mouvement. Une première piste pour mener à une réponse cohérente et complète ?
Mais comme cette réaction aurait pu être étudiée plus en profondeur, la jeune femme revint à elle, comme consciente de ce qu’elle venait de faire, ou réalisant la gravité du geste, gravité en ce sens où il n’était pas imprégné de son essence, mais plutôt de celle de la débauchée. Interloquée, elle rechercha une réponse ou une parole pour la rassurer dans le regard de son amoureux, en jetant quelques coup d’oeil à la fois horrifié et intriguée à sa main qui lui était devenue presque inconnue. Et pourtant, même si elle en fut consciente au dernier moment, elle ne se souvint pas du moment où tout a commencé...
« ... je me souviens uniquement de t’avoir pris la main en parlant de ta parasite de stagiaire. Ai-je fait autre chose ? »
Recevant une réponse négative muette - un hochement de tête de droite vers la gauche et de la gauche vers la droite -, le visage d’Elizabeth s’affaissa de désespoir. Bon, c’était que le début de la recherche de matériel, mais restait-il qu’elle n’aimait pas agir de la sorte, ignorante de ses mouvements, envers Martin, son amoureux soucieux de son bien-être. Elle-même avait peu d’espoir dans le moment d’arriver à une hypothèse plausible sur laquelle se baser pour développer un processus de recherche et arriver ultimement à une réponse et une solution au problème. Elle songea même que cela resterait une partie intégrante de la dissociation de deux personnalités distinctes et opposées, un problème psychologique qu’elle avait su retrouver chez Carter, mais, pour avoir expérimenté et contrôlé la chose, possédait une meilleure maîtrise sur cette caractéristique. Au moins, elle n’était pas avec n’importe qui et elle ne partageait pas ses expériences avec un débile qui n’en aurait rien à foutre et qui préférerait de loin la débauchée à la poétesse, cette dernière étant moins axé sur les plaisirs perpétuels de la chair et du partage de fluides corporels à longueur de journée. D’autant plus qu’elle favorisait les moments calmes où elle pouvait profiter de la présence de l’autre pour se ressourcer et se détendre en toute tranquillité sans qu’un lion ne lui montre sa grandeur de supposer roi pour conquérir la reine de la luxure - comme si tous les mortels pouvaient accoter une personnalité royale de ce calibre.
Toujours était-il que l’espionne alla s’effondrer sur le divan, bredouille. Cette manifestation dont elle n’avait aucun souvenir était-il suffisant pour amorcer une piste de recherche pour le médecin ou devait-il s’appuyer sur plus d’observations pour poser une première théorie à gratter ? Elle-même, de son côté, ne se sentait pas à la hauteur et ne sentait pas répondre aux exigences qu’elle croyait présentes chez lui. Elle plongea sa tête dans ses paumes, prête à s’y noyer d’impuissance et de honte. Elle n’avait aucun contrôle et ne pouvait donc pas commander ses agissements pour régler le problème au plus vite et au mieux des capacités de l’autre. D’autant plus qu’elle éprouvait de l’embarras à lui « dévoiler » un tel côté à son amoureux. Il n’avait pas à être témoin d’un tel comportement. Même si elle savait qu’il savait que c’était pas elle, l’impression était là. Certes, elle avait la volonté d’effacer cet handicap honteux, mais pas celle de laisser aller cette étrangère souillée le corps de son amoureux de son charme lascif et voluptueux, véritable manifestation d’une nymphe dans son art de séduire pour arriver à ses fins, mais qui utilisait le corps d’une âme pure pour la polluer et la pervertir. Au moins, l’éthique de la Tigresse n’allait pas à l’encontre de certains principes fondamentaux, dont le respect du corps de l’autre et du sien également, dont elle partageait le « costume » avec sa soeur jumelle physique, mais non d’esprit.
Mais en même, une pensée floue rôdait dans son esprit. Une formule dont elle devait trouver les inconnus : x + y = (x + y). Elle lui avait pris sa main, « blackout » puis retour à la réalité. Il manquait un morceau : comment s’était-elle rendue compte qu’elle avait franchi une étape qui ne lui était pas ? Et surtout, que se passait-il de plus durant ce fameux « blackout ». Il y avait donc un élément qui la faisait retourner en arrière pour revenir à elle et arrêter son geste. Elle creusa dans son cerveau, tentant de déterrer LE moment précis ou la source, l’image enregistrée qui ne prenait pas place dans sa mémoire, qui restait à la rétine de l’oeil, attendant avec un malin plaisir qu’on vienne la prendre par le bras pour être divulguer...
« Je suis si débordante de problèmes, Martin, cela n’a pas de sens ! Deux personnalités, un problème au niveau du buste et maintenant une troisième manifestation d’une entité inconnue sur laquelle je n’ai aucun contrôle et dont je ne conserve aucun souvenir. J’en ai honte ! Je te sais très réceptif à m’aider, et c’est bien ce qui me couvre d’optimisme et d’espoir, mais reste que c’est embêtant pour moi. Sans toi, on m’aurait laissé pourrir comme une vieille chaussette dans un coin, abandonnée à son sort sans que l’on vienne me nettoyer de ma saleté inutile. Mais comme moi, tu pars de rien. On ne sait pas d’où ça vient cette déformation. Cela a été si soudain... Trop soudain peut-être, même ? Tu ne trouves pas cela étrange que ça se manifeste là et non avant ? »
Levant ses yeux désespérés devant les réponses introuvables et devant la difficulté du problème et de sa source vers Martin, l’espionne soupira et secoua la tête. Puis, elle détourna son regard. Elle se sentait comme un fardeau à porter sur les poids du médecin qui allait se donner corps et âme pour trouver ce qui clochait chez sa belle. Si cela n’était pas une preuve d’amour ! Et même devant cette constatation, elle ne pouvait s’empêcher de baisser les bras. Elle n’avait pas été habitué à des sujets aussi ambitieux et peu enclin à divulguer des réponses. Cela dépassait ses compétences et son champ d’habileté, percevant sa faiblesse avec aisance. Malgré qu’elle se le reconnaissait, elle souhaitait profondément apporter des éléments d’explications qui pourraient orienter les observations de Carter. Bref, se sentir utile et non comme un vulgaire mannequin qui subit et qui ne dit rien. Dans le moment, comme la médecine et la science n’étaient pas les diplômes qu’on lui avaient décernés, elle ne pouvait se prononcer selon un jargon et des termes précis, de même que des théories et des cas cliniques déjà étudiés et résolus. Sur ce point, Martin serait le seul à comparer avec ses connaissances et ses études, le seul à créer des liens pas possibles et inimaginables pour arriver à une conclusion pertinente et cohérente.
« Je sais que cela te dépasse autant que moi, ne soyons pas orgueilleux pour se le cacher. On peut assumer son incapacité à résoudre un problème qui nous surpasse niveau difficulté. Tu peux le prendre comme un défi à relever, prenant son orgueil d’un autre côté, plus sain même dirais-je, qui te fera avancer et non aveugler sur les petits détails, les petits éléments déclencheurs qui, avec une précision chirurgicale, peuvent déclencher une série d’événements qui soient hors de mon contrôle et hors de ton champ de connaissances dans ton cas. Même un médecin de ta trempe continue de découvrir et d’apprendre. Ne brime pas ton imagination : sors des normes ! Philosophe un peu même ! Mais bon, qui suis-je moi pour te conseiller ?! Je n’y comprends rien, mais strictement rien. Si j’étais laissée à moi-même, j’abandonnerais et je choisirais d’éviter le problème et d’en faire abstraction. Mais, pour nous deux, je doute que ce soit la meilleure attitude à adopter. »
Sur ce point, elle en marquait un. Elle lui conseillait de laisser tomber les balises établies et d’explorer les sentiers non battus pour faire une trouvaille qui pourrait s’avérer révélatrice et porteuse de réponses ou, au moins, d’une réponse, si l’on était chanceux dans sa chasse au trésor. |
|  | | Martin Carter Médecin en chef

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 | Sujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter] Mer 20 Jan - 4:37 | |
| « Et qu’arrivera t’il, Elizabeth, si en sortant des normes je me retrouve non pas face à un mur mais à un gouffre? Qu’arrivera-t-il si cet abandon de prudence et de repères nous conduit tous les deux à notre perte? Même Meric, pourtant bien plus aventureux que moi en une quantité de domaines, hésite à suivre cette voie et je pense que c’est assez révélateur de l’actuelle situation! Si lui hésite, c’est que le problème, sans nécessairement être apocalyptique, ne permet pas cette liberté! Je sais que ton esprit artistique est habitué à voir les choses par l’impossible et le hors normes mais ainsi ne fonctionne pas la science ou tout du moins toutes ses parties! Je voudrais avoir plus à offrir… Mais pour l’instant tout ce qui me vient à l’esprit c’est une prudence froide et clinique. Je te regarde et je te veux, cela n’a rien de nouveau mais j’ai peur de me lancer, peur de perdre à nouveau le contrôle sur moi-même. D’un autre côté, je me refuse à me passer de toi pour une peur qui repose sur un événement à date unique et possiblement récurrent. Tes arguments se valent et tes commentaires sont pertinents… Mais je reste sceptique, je reste dans le doute… Mais pas pessimiste par contre. »
Damné problème qui venait s’incruster dans ses vacances… Rien de tel pour doucher votre enthousiasme. Cependant… De là à dire que tout était foutu, de cela il en doutait fortement. Tentant de se rappeler avec précision les dernières heures ou plutôt cette journée qui avait été le terrain de cette désagréable découverte, Martin chercha à comprendre si quelque chose dans leur diète avait été changé, ce qui aurait pu contribuer potentiellement à cette affaire. Écartant cette hypothèse après avoir retourné la question dans tous les sens, il étudia sommairement le climat et la température (car il y avait bien des choses qui changeait chez l’humain suivant le temps qu’il faisait et la température…) mais ne trouva rien non plus d’anormal. Il restait donc à analyser un point de vue plus psychologique. Peut-être que la solution était là…
Faisant les cent pas, il s’arrêta brusquement en se frappant le front et en lançant un « eurêka » bien retentissant. Il tenait enfin une base de solution! Quelques secondes de conversation mentale avec son double lui confirmèrent ce qu’il venait d’ébaucher comme base d’hypothèse : Voilà qui risquait de faire plaisir à sa belle!
« Ma chérie, dis moi… Avant que tu ne perdes le contrôle de toi… Est-ce que tu as pensé exactement en même temps que la débauchée? Parce que dans mon cas, si je remets les choses en contexte, c’est au moment où Meric se réveillait de son long sommeil et qu’il pensait à la débauchée et que moi je pensais à toi que le blocage s’est fait… Comme si le cerveau exigeait que nous agissions à tour de rôle avec nos doubles. C’est un peu comme si… Comme si tu essaies de faire jouer à la télé une émission sur une plage horaire donnée et que deux compagnies rivales veulent cet emplacement sur deux chaines différentes : il y a alors conflit. Dans notre cas, au lieu de refuser de traiter les demandes séparément ou pas du tout, le cerveau décide de les faire passer en même temps, comme si tu regardais simultanément ces deux émissions de télévision. Tu retiendras des bribes de l’un et l’autre et dans la confusion, tu trouveras normal que tel personnage fasse référence à un personnage d’une autre série car tu seras trop concentrée à trier l’ensemble! C’est une théorie qui se tient et que je compte bien tester de suite… Autant se faire une idée de la chose… Le seul problème c’est que si j’ai trouvé l’angle d’entrée, je ne connais pas l’angle de sortie… Alors laisse-moi faire sauf si tu vois que je vais commettre l’irréparable, comme j’ai fais dans ton cas. Il est capital que tu observes et retienne avec attention tout ce que je ferai, d’accord? »
Il le savait fort bien : l’idée n’enchanterait guère Elizabeth qui ne se gêna pas pour le manifester verbalement. D’un autre côté… S’ils étaient en mesure de déterminer la cause ou une des causes, ce serait déjà un pas dans la bonne direction… Se synchronisant avec son double, les deux pensèrent à quelque chose exactement en même temps…
Et Meric qui alors n’était pas aux commandes du corps se retrouva de nouveau enfermé. Martin, qui n’était pas totalement Carter, se retrouva derechef aux côtés d’Elizabeth. Comme ils étaient déjà nus, ce « troisième » Carter décida d’y aller d’un peu de jeu avant de passer à l’action. Faisant s’étendre l’espionne sur le dos, il commença à masser son buste. Jusqu’ici, rien d’anormal, c’était très Carter de toucher, plein de délicate attentions et d’amour. C’est quand la bouche se suvstitua aux mains et que l’extrémité d’un des seins d’Elizabeth se retrouva dans cette bouche trop gourmande qu’il al sentit se raidir. Si « Martin 3 » n’en comprenait pas trop le sens, l’espionne savait fort bien que son amoureux n’était plus tout à fait là. Usant de sa bouche comme l’aurait fait Meric, il offrit une impitoyable torture érotique au buste de l’espionne, alternant coups de langue, succions et mordillement… Il était impossible de s’y tromper, ce n’était définitivement là pas le style de Martin Carter. Si « Elizabeth 3 » semblait portée sur la relation sexuelle, « Martin 3 » semblait davantage porté sur cette tendance qu’avait Meric à prendre davantage de plaisir à offrir le dit plaisir à sa partenaire, se délectant de ses râles, gémissements et cris qu’à, par exemple, y aller avec de simples préliminaires composés de caresses innocentes et de tendres baisers. Continuant son œuvre, il devint évident que cet état étrange chez Martin ne pourrait se solder que de deux façon : une reprise de conscience forcée par Elizabeth ou alors qu’elle lui offre ce qu’il désirait : un bon cri orgasmique venu des trippes. Il était quand même terrifiant de voir que mêlées entre elles, les pensées pleines de respect de Martin et les pensées plus impures de Merci pouvaient donner une combinaison pareille… La logique voudrait que pour qu’Elizabeth apprécie la chose, elle se mette volontairement dans un état similaire… Mais à ce moment là, ce serait vouloir se détruire elle, la débauchée, Martin et Meric. Une initiative qui serait loin, très loin d’être intelligente… Surtout lorsque l’établissement pour sûr des causes et effets de ce nouvel état n’étaient pas entièrement et parfaitement définis, connus et établis sans que le plus petit doute ne subsiste. En cas d’épidémies, on ne prenait pas de chances? Dans ce cas spécifique, les quatre protagonistes étaient parfaitement d’accord pour appliquer une prudence similaire, pour leur salut à tous.
Ceci dit, pour en revenir à « Martin 3 »… Même si cela répugnait l’espionne, le corps avait ses raisons et ses meilleures défenses ne tarderaient pas à céder. Laisser la débauchée aux commandes serait catastrophique, elle serait encore moins adaptée à la tâche… C’était donc à Elizabeth, pour une fois, de sauver la mise. Après tout, quand Carter trouve tout n’était pas dans les parages… Il fallait bien que l’espionne fasse montre de débrouillardise. Après tout, elle était loin de la femme faible et sans défense et qui a besoin de son mari pour penser… Ah ça non. D’ailleurs… Si Martin essayait de lui dicter quoi faire, cela finirait sans doute dans une joute verbale des plus volcanique et explosive même… Deux têtes fortes… Martin Carter
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 | Sujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter] Sam 23 Jan - 19:18 | |
| Le corps lui-même peut exprimer les pensées. À vrai dire, l’expression corporelle est sans doute le communicateur le plus vrai et sincère que l’on puisse trouver sur terre. Encore faut-il être en mesure de lire ce langage plus figuré et complexe. Les mots, à un certain moment, sont superflus et, honnêtement, agaçants. Il est parfois plus enrichissant de décoder que d’avoir tout cuit dans le bec. Dans cette perspective, même si l’esprit d’Elizabeth souhaitait subir de telles expériences afin que Martin puisse conclure sur ces observations, elle n’était pas tout à fait réceptive. Ce n’était pas totalement nouveau puisqu’elle pouvait percevoir que le médecin pensait la même chose. Même si elle prenait des risques et que son caractère n’était pas celui d’une lâche, jouer de telle façon aux conséquences dangereuses, ce n’était pas à prendre à la légère et elle ressentait une certaine répulsion. Son corps se raidissait non seulement au mordillement qui gagnait en douleur, mais au dédain de cette troisième entité qui habitait Carter. Son regard était étrange, comme elle l’avait déjà remarqué. Il y résidait une dualité indescriptible et une énergie destructrice peu commune.
D’un côté, elle désirait le repousser et opérer une certaine distance pour éviter qu’au contact de l’un et l’autre, un tel phénomène ne se produise. D’autre part, elle était bien curieuse et impatiente de découvrir la source pour la détruire et empêcher d’autres situations embarrassantes. Et puis, son éclair de génie à lui, elle y songeait vraiment, mais n’arrivait pas à concevoir le moment précis où elle venait à oublier ce qu’elle faisait, à savoir qu’est-ce qui se passait dans sa tête pour arriver à un état d’esprit dépourvu d’inhibitions. Même si elle tentait de combiner, de converger ses deux personnalités en ayant une pensée commune simultanément, elle se trouvait à un blocage qui, certes la frustrait, mais qui également pouvait l’arranger. Elle tenait à tout prix éviter le pire. Ce fait, elle finit par lui répondre par la négative verbalement. En croisant le regard de Martin, de ce troisième protagoniste en réalité, elle le repoussa sans user de violence. Une main ferme et autoritaire sans tomber dans le caricatural militaire.
« Non euh... Non. Je ne sais pas, je ne retiens rien et je suis incapable de penser à la même chose avec deux « cerveaux ». Ça m’échappe, ça me bloque, je ne sais pas ! C’est comme si, même je m’autorisais à le faire, je n’y arrive pas. L’ordre que tu me demandes est commandé et non spontané. Je crois que dans mon cas, cela se fait sur le coup, sur le moment, spontanément bref, alors que tu me demandes carrément d’opérer la magie sur le tas, sans que quelque chose d’imperceptible vienne provoquer le tout. Je suis désolée, mais je n’y arriverai pas. »
Devant ce manque d’optimisme, Elizabeth jeta un regard néanmoins désespéré à son amoureux, avant de se laisser, de l’embrasser, de s’excuser de nouveau et de quitter la pièce. Manifestement, jouer avec son âme lui était difficile. Avec raison. Maintes fois elle avait usé de son âme pour ses « one-night » : elle l’avait laissé de côté, même négligé, pour ne pas avoir mauvaise conscience. Et maintenant, on dirait que tout la rattrapait d’un seul coup et qu’elle avait du mal à avaler. C’était beaucoup d’éléments à gérer en peu de temps. D’autant plus qu’elle avait l’impression de tromper Martin avec une de ses personnalités. Physiquement, c’était lui, mais psychologiquement, non. C’est tout dire que le mental peut faire toute la différence.
S’appuyant au comptoir de la cuisine, elle posa une main sur son front, comme si elle avait un mal de tête insoutenable. Elle prit de profondes respirations et tâcha de retenir ses larmes. Elle renifla pour ravaler sa boule d’émotions et se servit un verre d’eau pour reprendre ses esprits et être en paix avec elle-même. D’une gorgée, elle vida le contenu et la fraîcheur lui procura une mince sensation de bien-être qui lui fit oublier le tout pendant deux secondes. Mais en ouvrant les yeux, elle constata que tout était réel. Visiblement, elle avait de sérieux troubles de personnalités loin d’être bénins et mineurs, mais elle refusait de jouer trop longtemps avec celles-ci pour éviter les problèmes dangereux et irréversibles. Elle se croyait en santé mentalement, avec un bon équilibre psychologique, social et au travail. Ce qu’elle avait rebuté toutes ces années étaient revenus au galop et la rendait vulnérable, alors qu’il s’agissait d’une femme ordinairement forte. Me suis-je cachée la vérité tout ce temps. Elle devait vraiment régler tout cela... même si cela allait lui faire mal. Or, elle manquait cruellement de volonté et... de force ?
Au même moment, elle leva un regard pour découvrir Martin sur le seuil de la cuisine, dans l’embrasure qui séparait la véranda de la cuisine. Elle laissa retomber les épaules : elle devait le faire non seulement pour elle, mais pour lui, pour Martin, pour celui qui avait le désir ultime de l’aider pour lui apporter le bonheur le plus complet. Elle ne put s’empêcher de retenir ses larmes plus longtemps en ayant reconnu l’étincelle particulière qu’elle avait relevé dans son regard ce soir de veille du jour de l’an, quelques années auparavant, qu’il avait été l’élément qu’il l’avait fait tomber amoureuse de cet homme si respectueux et plein de bonté. Elle se précipita vers lui et l’étreignit de toutes ses forces, mais également avec cette faiblesse qu’elle osa enfin lui montrer. Contrairement à la croyance populaire, Elizabeth Levy, espionne respectée de la Schya, possédait une vulnérabilité, un point faible des plus enfouis que jamais personne n’avait pu soustraire sous sa carapace si attirante. Elle sanglota en silence, en laissant ses larmes longer ses joues, des larmes si brûlantes qui la faisaient grimacer de douleur.
« Aide-moi, je t’en prie, Martin ! Je ne vais pas bien mentalement et ça vient de me sauter aux yeux. Je n’en peux plus de me cacher la vérité. Il y a un problème chez moi et il me dépasse. L’arrivée de ce troisième moi me submerge : c’est trop ! J’avais réussi à trouver un certain équilibre entre deux, mais si je dois négocier en plus avec un troisième, là, ça dépasse mes capacités. Deux, c’est assez. Je n’ai pas besoin d’une troisième personnalité qui plus est si problématique dont j’ai l’impression de briser notre couple, ce que je ne veux pas. De même que lorsque tu n’es pas toi, j’ai l’impression de te tromper. Ça n’a pas de sens, je le sais, mais c’est l’impression que j’ai. J’en ai marre de ne jamais avoir la solution... J’ai l’impression d’être un cas perdu. Je sais que tu fais tout pour m’aider, tu es le seul qui puisse comprendre ce que je vis. Heureusement que je t’ai, sinon, l’évidence m’aurait frappé à un moment où j’aurais été seule, sans perche où la solution aurait été lourde en conséquences. Aide-moi, mon amour, ma vie. Je sais que je ne suis pas réceptive : je n’aime pas être manipulée de cette façon. S’il existait un moyen pour m’endormir pour me permettre de tuer cette troisième entité puis de me réveiller sereine et prête à t’épouser sans soucis, car cela est mon souhait, je le subirais sur le champ. »
Elizabeth ne quitta pas l’effet apaisant et réconfortant des bras de Martin qui s’étaient refermés sur elle. Elle voulait le sentir plus que jamais près d’elle, contre elle, soudé à elle. « Ne me quitte pas... » disait un certain interprète à une époque. Elle réclamait son aide ultime, même s’il l’avait déjà fait auparavant. Même si elle était consciente que Carter vivait le même problème, elle n’avait pas sa force de négocier avec les trois et retenir ce que le « Martin 3 » effectuait. Elle enviait son équilibre et son ambition à maîtriser la situation. Elle le sentait en mesure d’arrêter n’importe quand et ce Meric, malgré qu’il sorte de sa cage de temps en temps, semblait entretenir une relation quelconque d’affaires qui ne brisait pas leurs liens. Ils vivaient dans une certaine harmonie avec compromis. Certes, avec la débauchée, la poétesse avait fait relativement la même chose, mais la combinaison était au-delà de ses capacités. Elle ne pouvait le supporter. Même s’il y avait un contrat entre elles, rien ne lui empêchait d’être à l’abri. Les deux avaient été conflit pendant longtemps et l’espionne avait refusé d’ouvrir les yeux sur cette évidence. Cette troisième Elizabeth avait tout craché sur la table pour la couvrir de l’évidence que la poétesse n’avait jamais reconnue. |
|  | | Martin Carter Médecin en chef

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 | Sujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter] Mar 26 Jan - 22:02 | |
| « Elizabeth… J’entends et comprends tout ce que tu me dis. Ne t’en fais pas. C’est ce que je peux te dire, pour le moment tout du moins. Ta détresse a de quoi émouvoir et je ne peux qu’accepter de t’aider, ne serait-ce que parce que j’ai des sentiments. Même si je n’avais ni amour pour toi ni expertise médicale, ce cri du cœur que tu pousses ne peut laisser qui que ce soit indifférent… Je te promets de tout faire pour te guérir mais je vais devoir traiter avec et toi et la débauchée et nous serons deux médecins à s’occuper de vous deux. Meric, bien que moins éthique que moi, est également un expert… Par contre, Elizabeth, je dois te mettre en garde. Si nous nous penchons tous les deux sur ton cas, tu risques de souffrir à un point ou un autre du procédé. Je ne te le cacherai pas : le corps et l’esprit sont liés et s’il subsiste physiquement des traces d’un traumatisme oublié, tu risques de ne jamais pleinement guérir. Je ne peux te dire si la source de cette douleur sera uniquement psychologique soit en rouvrant de vielles blessures… J’ai l’impression que notre ennemi commun n’est pas sans responsabilités dans cette affaire… Et je vais avoir besoin de faire un nombre significatif d prélèvements divers pour tenter de comprendre si ce mal est uniquement de nature chimique. J’en viens à penser que cette substance avait peut-être pour particularité de se transmettre d’un hôte infecté à une personne saine… Mais cela reste du domaine de l’hypothèse. Ce qui est sûr et certain par contre c’est qu’il y a un problème. Quel est-il… Je le conçois de mieux en mieux avec ce que tu me dis. Si c’est là la pointe du iceberg ou l’iceberg… Nous n’allons pas tarder à le découvrir, de cela j’en suis convaincu. »
Invitant Elizabeth à le suivre, Martin Carter ramassa ses affaires et se dirigea vers les sous-sols de leur domicile. Elizabeth n’y avait probablement pas mit les pieds ou tout du moins pas exploré car elle exprima de la surprise devant l’infirmerie/laboratoire souterrain de Martin. Pourquoi se priver de ce que l’on sait faire de mieux et devenir dépendant d’un endroit autre que chez soi? Faisant signe à Elizabeth de s’allonger sur la table d’examen, il lui rappela la procédure d’usage (ne pas porter d vêtements ou de bijoux, rester le plus immobiles possibles, livrer toutes ses impressions dès qu’elle ressentait quelque chose), histoire de ne pas brûler d’étapes et de s’assurer qu’Elizabeth était dans le bon esprit pour commencer à subir un examen.
Pendant la première heure, les tests furent simples et classiques : prises de sang, scanners, observation générale avec une batterie d’instruments, prise de prélèvement de toute nature… On aurait dit qu’Elizabeth était une fleur géante qui était le centre d’intérêt de dizaines d’abeilles tant Martin se déplaçait, observait, notait et était à la fois partout autour d’Elizabeth et nulle part en particulier…. Il ne chôma pas, c’était certain et dès qu’Elizabeth passait un commentaire, manifestait un inconfort quelconque, il s’arrêtait, écoutait avec attention et compassion, cherchait une solution rapide au problème et se remettait tout aussi prestement à la tâche. Le Martin professionnel qu’elle connaissait fut là pour elle, à ses côtés, disponible et fidèle au poste.
Il accorda au terme de cette première heure une pause de trente minutes à l’espionne, pause qu’il refusa lui-même, préférant se concentrer sur ses fioles et ses échantillons. Quand Martin passait en mode travail… Même une Elizabeth nue dansant à quelques centimètres de lui ne le tirerait pas de son mode de travail. Avait de carrément lui mettre le visage entre ses seins… rien ne faisait décrocher Martin de sa routine de travail. La faim, la soif, le besoin de dormir… Rien ne l’arrêtait, rien ne le ralentissait plus quelques minutes. Il était l’homme de la situation, le maître dans son domaine... Et donc il se devait d’assurer. Ainsi était Martin Carter, médecin chef de la Schya.,
Au terme de cette pause, ce fut toujours Martin Carter qui observa l’espionne… Mais la débauchée cette fois. Après avoir travaillé sur le cas d’Elizabeth, il devait voir si la débauchée fonctionnait selon les mêmes paramètres que sa contrepartie poétesse. Malgré toute la volonté de la débauchée, elle ne put réprimer son hypersensibilité et ce fut donc plus ardu pour le médecin qui au cours de ses manipulations se retrouva avec des fluides de plus pour ses tests, gracieuseté d’un puissant orgasme de la débauchée. Dans son coin d’esprit, Meric était hilare… Et le fut deux fois plus devant la réaction du médecin. Meric connaissait des médecins sans scrupules qui auraient eu toute une relation sexuelle torride avec cette patiente… Mais Martin lui, à peine ébranlé, vit à ce… Contretemps une utilité pratique. En fait, cela fit également rire la débauchée qui, si elle n’aimait pas le médecin devait reconnaître et admirer son impassibilité. Il était de notoriété publique qu’aucun homme ne pouvait résister à cette déesse de la luxure et cela venait à faire de Martin carter plus qu’un homme… Un monument à lui seul. Il était intéressant de noter que dans de telles circonstances, cela ne dérangea pas que la débauchée jouisse des attentions du médecin chef… pour la simple et bonne raison qu’il n’y avait rien eu de sexuel derrière la chose. Les quatre personnes impliquées le savait tous et toutes.
Au terme d’environ deux heures cette fois, les besoins impossibles à assouvir de la débauchée compliquant considérablement les choses, Martin commanda une pause d’une heure, le temps de manger un morceau et de prendre un café. Il régnait à la fois une tension nerveuse dans l’infirmerie et une profonde tension sexuelle, les deux amoureux étant si près l’un de l’autre mais réunis pour des circonstances différentes… Malgré les suppliques de sa belle qui voulait qu’il prenne une pause plus longue, qu’il ralentisse, qu’il ne s’en fasse pas à ce point. Elle argumenta avec lui comme quoi Rome ne s’était pas bâtie en une journée, que la solution ne tomberait pas du ciel… mais il resta de marbre et rappela à Elizabeth qu’à l a base, c’était elle qui avait demandé son aide…
Ce fut ensuite au tour de Meric de prendre la relève, pour ses propres observations… Mais Meric n’avait pas les mêmes impératifs que Martin Carter. Meric tarant était un autre personnage… Et il avait sa façon de faire. Il commença avec Elizabeth,, se livrant certes à des tests similaires mais il fut plus qu’abusifs sur l’aspect tactile, se livrant littéralement à des attouchements qui l’aurait fait renvoyer de n’importe quel établissement médical. En fait, il insista tant et si bien que ce fut autour de la poétesse d’avoir un orgasme et Meric se référa aux mêmes excuses que l’on avait acceptées de Martin… Argumentant que si les fluides venaient à se révéler structurellement différent, son cher homologue avait travaillé avec une substance à exemplaire unique. Sang, urine, salive et autres fluides corporels en tout genre étaient désormais tous récoltés de deux sources issues d’un même corps. D’accord, Meric avait détourné à son avantage la chose… mais le fait qu’il n’ait pas commit plus d’abus prouvait hors e tout doute qu’il était aussi soucieux que le médecin… tout du moins jusqu’à ce qu’il s’occupe de sa belle à lui. Là… Les objectifs changèrent assez rapidement.
Offrant un langoureux baiser à la débauchée, il était clair que ces deux là comptait jouer au moins une petite partie avant de se remettre au travail… Martin Carter
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|  | | Elizabeth Levy Espionne

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 | Sujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter] Sam 30 Jan - 19:46 | |
| Il serait bien honteux de sa part que de refuser un tel échange délectable, un goûter si copieux aux retombées fortes alléchantes. Qui plus est, une autre pause ne ferait que du bien ? Conséquemment, elle répondit positivement à ce baiser qui, à vrai dire, la surprit puisqu’elle s’était fermée les yeux pour justement éviter qu’un contact visuel ne vienne rompre l’éthique de travail que Meric devait faire pour ramasser des échantillons suffisants pour en faire l’analyse plus tard.
Oh certes, l’évaluation de sa santé pour sa la guérir ne serait que plus longue. Bon, tout être pourvu d’une logique pouvait en arriver à la même conclusion. Il pouvait y avoir là une certaine redondance éreintante, mais pour deux entités qui allouent une place capitale aux passions et qui ne les rebutent pas, c’est une réaction typique, qui ne surprend pas. Or, ici, on ne parlait pas d’une histoire d’amour à l’eau de rose, où le romantisme guide leur comportement et leur attitude. Au contraire, c’était la frénésie, le goût du plaisir et la fougue animale qui découlaient de leur histoire. C’était faussement touchant et leur amour progresserait aux nombres de relations charnelles. Celles-ci gagneraient en intensité tant leur témérité les pousserait à s’élever davantage à chaque fois.
« Tu sais que tu es vilain parfois ! » s’exclama l’espionne débauchée entre deux baisers.
Bien entendu, il l’était sans cesse. La remarque était anodine en soi ; elle n’avait aucune idée de surprise ou de découverte. Meric était une personnalité noire et son attitude allait en conséquence. Concevoir des produits aux effets fatals et mortels, il ne fallait pas adorer le genre humain pour ne pas l’anéantir. Et ce côté de cavalier noir avait de quoi excité la belle qui ne pouvait que s’amouracher davantage de cette ténébreuse personne qui l’attachait pour pouvoir « abuser », dans une certaine mesure, de cette beauté voluptueuse, cette cantatrice du sexe à l’effet dévastateur; heureusement qu’il ne craignait pas cette tigresse redoutable aux crocs et aux griffes bien aiguisés.
D’autre part, régie selon un protocole complexe, mais pourtant fort simple, la débauchée ne pensait pas une seconde que le processus ne serait que plus long et que cette interruption pouvait retarder un ébat qui pourrait être plus ardent que celui-ci. Bon, pour le moment, ils se caressaient sensuellement et s’embrassaient, mais rien ne pouvait les empêcher d’aller plus loin. Et comme cette idée n’est pas qu’une simple rumeur, Elizabeth sauta en bas du lit d’examen sur lequel elle prenait place depuis des heures. Elle fit une rotation, de sorte que Meric s’appuyait le bas du dos sur le lit en question alors que sa très chère déesse s’acharnait sur lui. Elle baladait ses mains au travers de ses vêtements, cherchant à les lui retirer pour effleurer cette peau et ses traits qui définissaient sa musculature. Dès que son chemisier fut retiré, la situation rappelait étrangement une sensation de déjà vu : cette première fois où ils échangèrent un baiser alors que madame était sous l’emprise d’une super philtre d’amour, administré par inadvertance par ce cher médecin de Martin Carter.
« Tu sais que quand tu essaies d’être plus cartésien, tu es plus séduisant ? »
Le commentaire la fit sourire. En effet, le but de toute cette opération était d’arriver à guérir ce corps « malade ». Mais une fois que Meric et sa belle étaient combinés, impossible de procéder aux tests correctement. Ils n’allaient pas s’en sortir sans s’amuser un peu...
De ce fait, refusant volontairement un baiser de Meric, l’espionne recula de quelques pas avec une démarche aguichante qui faisait éclater ses hanches bien féminines à chaque mouvement de bassin.
« Mais... Il faudrait être plus rigoureux. Tu ne crois pas ? Si on boucle tes tests maintenant, on aura tout le temps après pour... »
Nul besoin de terminer sa phrase. Son clin d’oeil disait tout. Mais en même temps, elle adopta un air faussement désolé et vraiment exagéré. Elle avait l’air de dire qu’elle ne voulait pas s’amuser maintenant, que plus tard serait plus sage. Même si les problèmes de la poétesse étaient également les siens, elle en faisait abstraction ne cherchait presque pas à coopérer. Mais cette attitude contraire à ses habitudes trahissait ses envies de remettre à plus tard le travail de Meric. Elle s’accouda au comptoir qui l’arrêta dans sa marche de reculons. Elle croisa ses jambes : elle savait comment mettre ses courbes en valeur et se présenter comme un morceau irrésistible qui en fait baver plus d’un. Et selon ce qu’elle discernait sur le regard de son étalon, il n’était pas immunisé contre l’effet.
« Cela pourrait biaiser les résultats si on s’adonnait à quelque chose de plus intime. Je m’en voudrais affreusement de faire une telle chose. Ma chère amie ne s’est pas objectée de tes attouchements. La preuve, elle a joui. Mais moi, tu me connais. Même si j’aime ça, j’aime les défis, du moins repousser les limites instaurées. Je peux travailler pour arriver à obtenir ce que je veux. Je ne ménage personne et n’épargne personne par le fait même. Mais bon, comme tu as une tâche à accomplir, je comprendrais parfaitement si on décidait de ne pas suivre nos pulsions... »
Sur ce, elle se remit en marche pour explorer le laboratoire dont elle n’avait pas eu connaissance de sa construction... De son existence en fait. Il pouvait être cachottier ce foutu médecin de Carter, mais ses habitudes pouvaient donner lieu à des scénarios amusants. Elle effleurait les fioles, les produits, laissait ses doigts glisser sur le comptoir comme pour créer des sillons d’empreintes digitales. Elle examinait des instruments qui lui étaient inconnus et elle semblait en être fascinée par cet aspect stérile et clinique qui pouvait refroidir un endroit qui souhaitait sauver une vie en danger de mort ou bien soigner une personne affreusement mal en point. L’ambiance contrastait avec la réelle intention des médecins. Mais comme c’était Carter, cette ambiance se voulait être propice pour exempter les distractions lors de ses expériences. C’était légitime et humble de sa part.
Toutefois, comme elle s’éloignait du feu ardent de Meric, et que l’atmosphère provoquait une sensation de froid psychologique, elle se mit à frissonner, mais elle tâcha de camoufler ce léger « malaise » sensoriel. Elle reposa son attention sur le médecin à l’essence noire alors qu’elle se trouva de l’autre côté du lit d’examen. Ce dernier dessinait une frontière fictive entre les deux. C’était une sorte de provocation de la part de la reine de luxure qui souriait amusée. Elle posa ses paumes sur le lit pour avoir une certain appui qui pourrait exhiber sa poitrine généreuse et ferme. Son regard bifurqua vers sa gauche où elle tomba sur un sarrau reposant sur le dossier d’une chaise. Elle s’en empara et l’enfila en effectuant un geste habituel : ses mains firent un mouvement vers le haut alors qu’elles étaient sous sa chevelure pour les retirer de la blouse de protection en question. Elle l’attacha grossièrement, sans chercher à cacher complètement ses gloires féminines. Il s’agissait simplement d’une barrière supplémentaire, et une provocation de plus, pour titiller Meric. Et évidemment, cela n’allait pas concrétiser l’idée futile de remettre à plus tard leurs pulsions.
« J’ose croire qu’avec ça sur le dos, cela va t’inciter à faire tes tests sur moi au lieu de me sauter dessus pour me dévorer comme un vampire est attiré par le sang chaud d’une mortelle. » |
|  | | Martin Carter Médecin en chef

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 | Sujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter] Lun 1 Fév - 1:23 | |
| « Peut-être. Ou peut-être pas. Ce sont de belles paroles… Mais ici tu n’as pas l’avantage. Bienvenue dans mon petit univers de sciences… Un univers dans lequel tu n’As ni contrôle ni pouvoir. Pourquoi? Parce que tu n’es pas médecin. Tu penses t’y connaître sur le sujet? Tu es une vulgaire profane. Martin Carter est tenu au serment d’Hippocrate. Moi non. Sais-tu ce que cela veut dire? Que je peux laisser ton esprit se dégrader et lorsque tu reviendras en me suppliant de te traiter, je pourrais te dire non, par pure envie de vengeance. Ce serait… Regrettable également de faire la mauvaise manœuvre et de te priver de certaines de tes facultés, n’e »st-ce pas? »
Manœuvrant de façon à acculer contre le mur la débauchée, les mains du médecin corrompu entreprirent de défaire son travail soit de déboutonner le dit sarrau. La regardant droit dans les yeux, un sourire narquois sur le visage, il se moquait intérieurement des protestations de l’autre médecin en lui. S’il décidait qu’il voulait jouer un peu, cela le regardait et pas lui. Posant une main gantée sur le torse de l’espionne, encore humide des fluides de la poétesse, il se mit à pétrir sans la moindre pitié un des seins de la débauchée, comme s’il s’était agit de pâte à modeler. En un sens, il retrouvait certaines racines perdues lors de ses expérimentations passées et forcées au service de William Stryker. À des fins d’Analyses, il en avait tâté de la poitrine dans sa vie, pour obtenir les calibrations parfaites pour les diverses drogues mit au point pour le compte du psychopathe, toutes ces drogues visant à jouer avec la libido des gens… Un mince filet de lait coula de la gloire malmenée, ce qui fit sourire le débauché : le liquide de la vie pervertit pour servir la luxure et sa reine… Son homologue plus posé et réfléchi, le premier, hurlait au scandale devant un acte si éhonté. Cependant, Meric s’en moquait royalement. Rien n’importait en dehors de son plaisir et de celui de la débauchée. À ce propos… Il sortit de la poche de son propre sarrau un petit récipient contenant un comprimé qu’il fit glisser sur les lèvres de la débauchée avant de lui adresser un clin d’œil de défi. Apparemment, le débauché avait une idée en tête… Et il comptait bien la mettre en pratique avec la femme de sa vie, même si cela rallongeait son observation.
« Tous mes projets n’ont pas été mit au service de William Stryker. Il y a des variantes que j’ai conservé pour mon… Usage personnel. Pas pour moi directement mais pour m’amuser un peu. Oh, je reconnais n’avoir jamais couché avec une autre femme avant toi… Cela ne m’empêcha pas de m’amuser avec certaines d’entre elles. Comme tu le sais… Je suis un fier pécheur de l’orgueil… Et à ce juste titre j’aime montrer que je ne suis pas aussi quelconque que les autres… J’en ai mené à l’orgasme, des femmes… Sans jamais les pénétrer. Sans même retirer mes propres vêtements. Aucune d’entre elle n’a même pu voir ce que j’avais dans le pantalon. Je suis un excellent marionnettiste et avec les bonnes substances, on arrive à d’intéressants résultats… Sais-tu ô combien il peut être agréable d’entendre des suppliques alors que tu n’es en rien responsable de leur état? Je me fais un point d’honneur à donner les effets de tout ce que je propose. »
Passant toujours le comprimé sur les lèvres de la débauchée, il attendit de voir si elle serait comme les autres, à attendre des explications ou si elle serait bien la première à foncer tête baisser vers l’inconnu… Quand on connaissait de quoi le médecin corrompu était capable, il y avait de quoi hésiter sérieusement… Son laboratoire pouvait se faire musée des horreurs ou temple du péché selon son bon vouloir… Quand la débauchée tenta de prendre le comprimé avec sa bouche, il le retira de devant ses lèvres en agitant l’index en signe de négation. Saisissant ce qu’il voulait, elle retira le sarrau, se retrouvant derechef dans sa glorieuse nudité et ensuite, seulement ensuite, il la laissa prendre un risque. Elle avait du cran… Mais elle ne savait pas dans quoi elle venait de s’embarquer. La débauchée était forte, très forte… Mais le corps humain n’est pas des plus efficaces pour lutter contre les substances étrangères… Capable de pulvériser toutes défenses se mettant en travers de son chemin. Au sein d’un être comme la débauchée, les résultats promettaient d’être… De proportions épiques. Rien de moins…
« Tu viens de prendre un comprimé de ce que j’ai appelé tout gentiment luxure. La façon dont ce produit fonctionne? Il hyper sensibilise ton corps. Dans toncas à toi, étant déjà hyper sensible de nature… Ce simple courant d’air dans le laboratoire sera suffisant à te faire perdre la tête. Pire encore, ce produit augmente ta production interne de fluides… Sexuels, dirons-nous, permettant de ce fait d’être équipée, si on veut, pour des orgasmes à la chaine plutôt intense. Et comme j’aime faire des inventions particulièrement amusantes… Passés les trois premiers orgasmes, le niveau de sensibilité augmente. Dans ton cas… Et bien si mes estimations sont exactes, le simple fait que tu es des zones érogènes va te faire perdre la tête. Se faire passer pour un barman peut amener à des soirées particulièrement agréables… Et sans antidote, il te faudra une bonne heure avant que ton corps ne se rebalance. Ce n’est pas une substance mortelle, je ne suis pas stupide… Mais disons que cela a le mérite de permettre de faire passer une nuit de sommeil particulièrement profond à celui qui en a prit. Ah, autre petit détail… Luxure est bâti en de façon à ce que tu te refermes sur toi-même, si on veut. Ton corps devient ton seul objet d’attention. Pour une déesse telle que toi… Un moment privé avec toi-même ne sera pas de trop, n’est-ce pas? Tu y penseras peut-être deux fois, la prochaine fois, avant de venir me provoquer sur mon propre terrain ma tigresse adorée… »
C’était un coup remarquablement bas… Mais également bien intentionné, en ce sens que la débauchée avait raison sur un point : si il y avait relation entre eux deux, des variables additionnelles pourraient entrer en ligne de compte. Si c’était la débauchée et la débauchée… Il n’y aurait rien de plus que des niveaux différents dans son système, aucune substance additionnelle, « luxure » et son antidote ayant été pensés pour s’autodétruire et ne laisser aucun résidu dans un corps. Si Meric ne participait pas, il pourrait au moins apprécier le spectacle… Et si après coup la débauchée décidait réellement de vouloir poursuivre le jeu à deux… Il faudrait mettre définitivement une grosse pause sur les analyses qui jusqu’alors étaient en cours…
Un médecin débauché qui ne voulait pas jouer? Pas exactement. Un médecin débauché qui par contre cherchait à se changer les esprits ainsi que celui de la déesse de la luxure? Ça oui. C’était la façon qu’employait Meric quand il était confronté à l’inconnu : user de ce qu’il connaissait, de ce qu’il pouvait voir, analyser et apprécier et ensuite se replonger dans ce qu’il pouvait ne pas comprendre. Contrairement à Martin qui n’Abandonnait jamais et qui travaillait sans se poser de questions quand à son propre état d’esprit, mettant le travail en avant de tout, Meric lui avait besoin de recréer cette connexion entre lui et le connu… Un mince sourire vint étirer ses lèvres quand dans un gémissement particulièrement vigoureux, la débauchée signala sans trop le vouloir que le petit produit de Meric commençait à faire effet… Martin Carter
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 | Sujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter] Mar 2 Fév - 3:35 | |
| Se livrer soi-même. Être le moteur de nos pulsions et ne pas carburer à l’essence de l’autre et à ses offrandes. Être seul et maître de ses passions sans sujet à satisfaire ou à considérer. Le parfait néantisme réel où l’ambiance glacial d’un laboratoire peut devenir le théâtre de sordités. Tacher l’immaculé par l’invisible et être témoin de son propre chaos. C’est se ruer vers l’or rouge enfoui. Même si le comprimé qu’elle goba avec une délectation sensuelle, dans le but de se faire valoir avant tout, lui créa un énorme frisson de plaisir, l’instant d’après, elle était parfaitement sereine et calme... Trop calme. Vite, un reflet. Il lui en fallait un. Sur pieds qui plus est. Mais prisonnière de l’endroit, elle ne pouvait monter à l’étage où il y en avait un. Il fallait maintenant se débrouiller; trouver une solution. Se précipitant dans toutes les directions, elle était à la recherche d’un objet qui était plus demandant que jamais. Une telle envie de se regarder est malsain. Véritablement malsain. Narcisse sous son pire jour, dans sa déchéance, mais étrangement, dans le sommet de son art. Son était animal, vivant et vif. Plus pressant. Elle respirait fortement, comme si elle venait à manquer de vie, de souffle; sur le point de mourir. Le démon de l’autosuffisance et du narcissisme pénétrait sa chair, ses viscères, son coeur, son cerveau.
Là-bas, au loin, non loin, une porte entrouverte et un filet de lumière s’en échappait. Curieux, et cela, l’exposa très visiblement sur son visage. D’un pas captivé, elle se laissa guider. La porte, de structure non inconnue, rappelait une pièce que son acolyte, la poétesse, avait déjà rencontré. Sur le seuil, elle poussa légèrement sur la porte. Ce qu’elle découvrit, une autre pièce très chère à ce Martin Carter. Un petit lit dans un coin; un comptoir d’un côté avec des armoires suspendues; des crochets à la droite , à l’entrée; au fond, un vestiaire semblable à ceux que l’on trouve dans une école. Bref, une réplique conforme à celle que l’on retrouve dans son infirmerie, son sanctuaire, à l’organisation dans l’immeuble de la Schya. Et donc, inévitablement, il devait y avoir...
Un miroir, une glace, une vitre réflexive accrochée au dos de l’une des portes du vestiaire. Sans attendre, elle bondit et ouvrit la porte précise. Comme de fait, un long miroir étroit, mais rectangulaire reposait là. Ses yeux, devant cette fabuleuse trouvaille, s’écarquillèrent dangereusement, frôlant l’épouvante d’un film d’horreur. Or, cette illumination cessa aussi vite qu’elle arriva. Elle s’observait longuement, le silence brillant par la respiration haletante de la reine de la luxure. Elle épousait ses courbes avec ses mains, redécouvrant sa poitrine dont elle était fière, son ventre sculpté dans le marbre, mais heureusement n’ayant pas l’air de la tablette de chocolat trop coupé au couteau, pouvant être finaliste au concert de culturisme féminin. Elle tâtait encore et toujours sa poitrine, mordait sa lèvre inférieure lorsqu’elle s’aventurait quelques secondes dans son jardin. Une sainte-nitouche qui s’est enfin donnée la permission d’explorer son corps. Elle se fit dos pour admirer la longitude de celui-ci, le creux que provoquait la colonne comme un livre à peu de pages complètement ouvert en son centre avec un relief pour la reliure. Ses fesses saillantes desquelles elle appréciait leur fermeté qu’elle avait travaillé pendant de nombreuses séances pour les voir rebondir. Elle les tâta également et sourit mesquinement sous l’effet. Elle se retourna pour se voir à nouveau de face. Ce qu’elle appréciait vraiment ses seins glorieux et généreux qui faisaient le bonheur des hommes... Mais le sien également. Des outils de séduction infaillible et des conteneurs de lait dont s’était abreuvé Meric...
Enfin, dans le moment, il n’y avait qu’elle. L’autre, la débauchée n’y trouva aucun intérêt. Elle connaissait son corps mieux que quiconque. Même s’il s’était montré un fin connaisseur, rien ne valait son propre plaisir. Debout, appuyant une main pour retenir la porte pour conserver le miroir devant elle, elle plongea les doigts de l’autre dans son antre secret, l’Éden de l’extase, et activa un mouvement rotatif qui mêlait profondeur et rapidité. Certes, il ne fallait pas négliger l’aspect habileté et aisance : elle connaissait la vitesse exacte pour éprouver du plaisir, mais également celui du supplice d’en avoir plus. Se mordant la lèvre inférieure derechef jusqu’au sang, elle se tortillait les jambes sous sa manoeuvre et gémissait déjà. Le comprimé avait de quoi multiplier son hypersensibilité déjà omniprésente. Jamais auparavant elle aurait osé imaginer qu’elle pouvait ressentir davantage, mais là, c’était carrément le nirvana.
Assénant un solide coup de poing au miroir, qui sans surprise ne brisa pas sous l’impact - il avait vraiment prévu le coup et chaque détail ce médecin consciencieux -, elle se retourna vers le lit et s’y jeta en effectuant un faux plongeon. Reposant son dos contre le mur, les jambes écartées, elle s’autostimulait avec une indécence digne de la reine de la luxure qui manie son art et sa passion comme personne. C’est pratiquement vulgaire, de mauvais goût, mais le portrait en valait la peine. Ses orteils se crispaient et se nouèrent entre eux, ses jambes gigotaient comme des algues flottant dans l’eau. Les yeux fermés, elle s’imaginait une scène torride entre elle et... elle. Plutôt étrange, mais vrai. Elle se caressait avec expertise et ondulait son corps comme si une machine le lui indiquait. Et pourtant, c’était la réaction engagée par tout ce processus. Et puis, chaque toucher déchargeait une électrisante vague de frissons qui sillonnaient à la vitesse de la lumière sur sa peau, hérissant tout sur son passage. Aucune pilosité était épargnée. Chacune devrait y passer. Tôt ou tard.
Or, le plus étrange, c’est qu’elle semblait frustrée. Elle se débattait d’une drôle de façon et son râle était agrémenter, certes de jouissance, mais également de colère. Et ses rideaux de paupière s’ouvrirent sur des pupilles dilatées de rage. Elle grognait comme un animal : comme si ce qu’elle faisait n’était pas assez. Il manquait quelque chose. Comme si ses doigts étaient devenus trop accessibles et trop banals pour ce genre de manoeuvre. Balayant son regard dans toute la pièce, elle ne trouvait rien de satisfaisant. Elle lâcha un cri de rage et poursuivit machinalement son travail. Même si elle éprouvait beaucoup de sensations, indénombrables qui plus est, elle n’avait pas l’impression d’être entièrement comblée. Mais comme elle eut l’impression que ses dents se vengèrent de penser à autre chose, ils lui firent payer son inattention comme se montrant plus coriaces et voraces. Là, elle s’écroula complètement sur le lit et s’abandonna, s’avouant prisonnière de la force vive des cinq membres allongés de la paume. Alors là, elle assuma que c’était vachement bon et qu’elle était la reine incontestée dans son domaine. Personne ne pourrait la vaincre sur son territoire et dans son domaine. Quiconque élèverait la voix pour approuver le contraire, l’espionne à l’essence noire le défierait. Au bout de seulement quelques secondes, elle gagnerait le pari; ses orgasmes, devant son hypersensibilité, arrivaient plus vite à bon port que d’autres bateaux lancinants. Il y a de quoi être fière que d’éprouver l’ultime à maintes reprises plutôt que du summum qui ne dire que cinq secondes puis hop ! c’est fini. Game over. Cette soudaine prise de vengeance et d’énergie étaient également dû à l’effet maximum de la pilule qui s’était complètement dissoute et effectuée son travail, ce pourquoi elle avait été conçu.
Enfermée dans son monde, Elizabeth n’avait nullement conscience des agissements de Meric. À vrai dire, elle ne pouvait pas savoir où il se trouvait : s’il était juste là ou ailleurs, en train de s’occuper à autre chose et de la laisser vivre l’effet de son produit. Parfois, celui-là était partout, mais nul part en même... Comme quoi il était un esprit voltigeur et vagabond. |
|  | | Martin Carter Médecin en chef

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 | Sujet: Re: Révélations avec un grand R [PV Martin Carter] Mer 3 Fév - 1:13 | |
| Pourquoi? Voilà une question tout à fait légitime à se poser sur la décision de Meric de faire avaler le comprimé à sa compagne. Il en connaissait les effets, il savait ce qui se passerait par la suite. Pourquoi avoir fait cela? Quel but poursuivait-il en jouant à ce petit jeu? Beaucoup seraient tentés de dire « parce qu’il le pouvait »… Mais il n’en était rien. En fait, la raison était bien plus profonde que la simple surface observable… Quel était donc le pourquoi alors? L’esprit malade de Meric, rien de moins. Pour comprendre la raison de l’acte, il faut comprendre le fonctionnement du cerveau derrière la chose… Et la première chose était que Meric était un curieux créateur. L’œuvre de Meric se construisait par la destruction, ce qui bien que semblant impossible était toutefois très réel. Si oui il avait travaillé pour William Stryker, il y avait un schéma qui se répétait constamment dans chacune de ses créations… Détruire quelque chose chez quelqu’un pour laisser place à autre chose qui, délicieuse particularité de la chose avait été INSPIRÉE et non pas CRÉÉE par lui. L’être humain était plein de défauts et de vices ne demandant qu’à faire surface… Et Meric se faisait une joie que de les laisser sortir. Techniquement parlant, il se faisait muse et inspirateur et c’était ainsi qu’il créait son œuvre, en se faisant marionnettiste des gens. Contrairement à William Stryker qui était tout simplement « maléfique », lui il avait des visées plus grande que la simple destruction d’un être pour le mettre à sa botte… Dans son désir de créer, il prenait donc plus de plaisir à donner qu’à recevoir car en tant qu’architecte et bâtisseur, il se considérait comme celui qui faisait les modifications, qui posait les gestes qui amenait vers cet objectif d’amélioration des êtres…
Oh oui, la débauchée savait lui procurer un plaisir certain… Mais par contre, cette jouissance de l’esprit, cela elle ne pouvait le lui offrir. Meric Tarant était de ces êtres à l’imagination si débordante et fournie qu’il pouvait avoir un orgasme sans même se toucher. Juste en pensant à la chose. Rares étaient ceux capables de telles prouesses comme rares étaient les femmes capables d’orgasmes particulièrement longs, explosifs ou à répétition. L’obsession de Meric était les limites d’un corps, ce qu’il pouvait endurer non pas par la douleur mais par le plaisir. Jamais la douleur ne devenait plaisir, même chez les sadiques et les masochistes. Un sentiment de satisfaction, tout au plus. Le plaisir, par contre, pouvait-il se faire douleur? Il avait le parfait cobaye pour se faire : la déesse de la luxure elle-même… Et la regarder en pleine action en solitaire était suffisant pour lui faire voir avec plus de possibilités encore toutes les possibilités qui s’offraient à lui. Cette pièce, cette petite chambre juste pour lui… Avait également été pensée comme cellule d’isolement pour la débauchée. D’une pression sur un panneau de contrôle que la ténébreuse espionne ne pourrait voir, les murs, le plafond et même le plancher coulissèrent… Et la pièce devint un miroir géant. Partout où la débauchée regarderait, elle ne verrait qu’elle-même. Il allait la laisser s’intoxiquer par sa propre personne et pousser au-delà des limites connues un cas de narcissisme plus… Moderne et sensiblement différent de sa forme classique. À tous les problèmes mentaux de cette paire improbable il y avait un petit plus… Et Meric vivait très bien des… complications de son état mental. Il se savait malade et atteint mais il préférait vivre avec…
Trop occupée avec elle-même comme elle était, la débauchée ne vit donc pas le médecin ténébreux entrer, se rendre à un casier fermé par un cadenas et sortir une table pliante et un coffre. Installant la table, posant le coffre dessus et ouvrant ce dernier, on put admirer une quantité aussi diverses que variés d’accessoires à caractères sexuels, de l’huile à massage qui laisserait sa belle reluisante comme si elle sortait de l’eau aux… Jouets pour femme aux tailles les plus extravagantes, il avait volontairement donné à la débauchée tous les moyens possibles pour pousser au-delà de tout ce qu’il avait pu s’observer une obsession de sa propre personne. Il ne s’était pas privé pour observer la chose au fil des ans, lors de son service pour William Stryker : un de ses sujets avait fini ses jours à se regarder dans le miroir sans boucher, l’autre à s’embrasser et à se caresser… Mais rien qui n’atteigne, à date, le niveau de la débauchée. Réceptive à l’orgasme comme elle était et rendue si vulnérable par l’invention du médecin, il savait qu’il y avait des risques à ce qu’elle perde complètement la tête quand la formule en arriverait au point où un simple toucher la pousserait dans les derniers retranchements de l’extase…
Une heure. Une petite heure. Pour le commun des mortels, ce n’est pourtant pas énorme. Pour la débauchée… Ce serait comme une éternité où le bouton « stop » et le bouton « pause » n’existaient pas. Aux risques de dommages psychologiques s’ajoutaient les risques physiques. La débauchée était dans une forme exceptionnelle… Mais rien n’excluait que son corps ne tienne pas le coup. Rien ne garantissait que son esprit ne la lâche pas et qu’elle finisse ses jours à se masturber devant un miroir, ne s’arrêtant que pour dormir, épuisée. Pourquoi avoir prit un tel risque? Ce fut déjà dit : pour faire de la déesse de la luxure une meilleure déesse, pour faire sauter une barrière de plus. À bien y penser… Dans sa relation avec cette autre femme, le sexe était plus qu’un besoin, il était le moteur de profonds changements intrapersonnels et interpersonnels… Un facteur d’évolution de leurs personnes tant en bien qu’en mal. Particulier à tous le moins, de cela le médecin corrompu en était absolument sûr… Mais esclave de sa propre démence, il s’en moquait donc profondément. Il voulait continuer son œuvre et se délecter de cette dernière. Tous ces cris, ces gémissements, ces mouvements convulsifs, frénétiques… C’était à ses yeux la plus belle des récompenses.
Évidemment, sa malsaine curiosité n’étant jamais satisfaite, il rajouta à ce qui était contenu dans le coffre une sorte de pompe avec réservoir dont on se servait en clinique pour extraire le lait des femmes qui se portaient volontaire pour donner ce liquide de la vie à des bébés orphelins, quand donner le sein était chose qu’elles refusaient. Il voulait voir jusqu’où la débauchée irait dans ce désir toujours croissant pour sa propre personne. Irait-elle jusqu’à devenir sa propre source de subsistance, sa propre source de vie et de survie? Il devait voir et comprendre, il voulait façonner cet être plus que parfait en allant puiser dans ce qui se trouvait déjà en elle… Oui, c’était dément, malsain, fou et obsessif… Mais Ataxia n’avait jamais produit grand-chose de bien. Tout du moins… Pas depuis la mort du président, de cela on pouvait en être bien certain. Ce qu’il y avait de bon en Ataxia finissait également tôt ou tard par succomber… Et ceux qui ne succombaient pas finissaient souvent par devenir la proie des corrompus, ce qui revenait pratiquement à dire qu’il n’y avait rien de bon en Ataxia. Même les criminels les plus modérés, restaient, après tout, des criminels…
L’attente serait tout un quelque chose mais c’était un sacrifice auquel il consentait. Il verrait ensuite ce qu’il pourrait faire de plus pour sa déesse, ce qu’il pourrait lui donner de plus en pulvérisant d’autres barrières, en enlevant du chemin d’autres obstacles… Martin Carter
Médecin au service de la Schya
Médecin chef de l'organisation, en charge de l'infirmerie et des opérations médicales
"Ne me force pas à renier le serment d'Hippocrate..." |
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